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REPORTAGE/ Cimetières d’Abidjan : LES MORTS FONT VIVRE LES VIVANTS


REPORTAGE/ Cimetières d’Abidjan : LES MORTS FONT VIVRE LES VIVANTS
Une semaine après sa naissance, le bébé du couple Koutouan présente des signes de maladie. Sa mère l’envoie alors en consultation au service pédiatrie du Centre hospitalier universitaire de Treichville. Malgré les soins administrés au nouveau-né, il rend l’âme le troisième jour de son admission à l’hôpital, au petit matin.
Après un arrangement avec les médecins, les parents sortent du Chu avec le corps de leur enfant, qu’ils prennent soin d’envelopper dans un sachet noir. Ils se rendent à la maison, au quartier Maroc, dans la commune de Yopougon. Où le bébé doit être enterré. N’ayant pas d’autorisation d’inhumer délivrée par le district, des amis, parents et connaissances du couple décident d’aller au cimetière de Yopougon avec le corps toujours emballé dans un sachet noir. Ils empruntent un taxi communal. Pour ne pas attirer l’attention du chauffeur, ils descendent à cent mètres environ du cimetière.
Celui qui tient le sachet et un autre restent au bord de la route tandis que les deux autres longent le cimetière. Qui est séparé des habitations par une ruelle. C’est qu’en dehors du mur qui s’étend à quelques mètres de l’entrée principale, le cimetière de Yopougon n’est pas clôturé. On peut y accéder sans passer par l’entrée où sont postés des policiers commis à sa surveillance par le district d’Abidjan. Une histoire vraie qui soulève un coin du voile sur la gestion des cimetières à Abidjan.

Fossoyeurs et gardiens à l’œuvre

Dans leur marche, ils aperçoivent des fossoyeurs. Des garçons robustes, pour la plupart. Ils sont tous trempés de sueur. Certains lancent des coups de pioche, tandis que d’autres utilisent des dabas pour enlever le sable. Ces hommes pour qui les tombes n’ont plus de secret, détendent parfois l’atmosphère en racontant des histoires drôles. Les arrivants font part à ces derniers de leur intention d’inhumer un nouveau-né. Les fossoyeurs demandent l’âge de celui-ci. Et s’assurent que le corps est arrivé à leur niveau en toute discrétion. Ils acceptent de le récupérer contre le paiement de 15.000 F. Ils prennent le soin de préciser à leurs interlocuteurs qu’ils ne sont pas autorisés à assister à l’enterrement. L’accord conclu, les parents et amis retournent au domicile du couple. Qui bénéficie de la compassion et du réconfort de voisins et autres connaissances. Le bébé a été enterré. Mais il ne sera pas possible de déposer de gerbe de fleurs sur sa tombe, vu que personne, en dehors des fossoyeurs, n’en connaît l’ emplacement.
Souvent, les parents des défunts composent avec les gardiens. K. Simon, sergent de police, soutient que pour l’inhumation de son neveu, âgé de sept ans, ils ont pris langue avec l’un des gardiens du cimetière de Yopougon. Ce dernier a indiqué un espace aux parents du défunt pour creuser sa tombe. Ils ont déboursé la somme de 25.000 F. Le surveillant les a alors autorisés à entrer dans le cimetière avec le véhicule personnel qui transportait le corps. Ce qui est, en principe, interdit. Puisqu’il est inscrit sur une pancarte à l’entrée du cimetière de Yopougon : « accès interdit aux véhicules personnels ». K. Simon soutient qu’il ne faut pas dénoncer ces pratiques des gardiens et fossoyeurs car ils aident des familles démunies à inhumer leurs morts.
Ibrahim, fossoyeur au cimetière de Yopougon, reconnaît que souvent, ils contournent la voie officielle en matière d’enterrement. Pour lui, leur seul but est de faciliter la tâche à certains parents qui n’ont pas d’argent. " Il faut aider ceux qui n’ont pas d’argent pour conserver leur corps à la morgue", se justifie-t-il. Pour l’inhumation des grandes personnes, les gardiens ou fossoyeurs exigent des documents tels que le certificat de décès, qui est délivré par un médecin et qui précise les conditions dans lesquelles le défunt a trouvé la mort.

Le visa des morts

Pour une personne décédée à domicile, l’enlèvement du corps par les services des pompes funèbres est soumis à la présentation d’un " De par la loi". Un document produit dans les commissariats et plus précisément par un officier de police.
Le "De par la loi" est une sorte de « visa » pour ceux qui meurent à la maison. C’est ce document qui autorise les services des pompes funèbres à venir prendre le corps à domicile. Il est délivré en trois exemplaires. Un exemplaire est remis aux parents du défunt, un autre aux services de la morgue qui procèdent à l’enlèvement du corps et le dernier revient au médecin légiste. Ce qui lui donne l’autorisation d’autopsier le corps pour déterminer les causes du décès, au cas où les parents le souhaiteraient.
Ce « visa » ne coûte rien en principe. Selon un officier de police, les charges liées à la production du document, notamment l’encre et les imprimés, ainsi que le déplacement de l’agent si le commissariat ne dispose pas de véhicule, nécessitent souvent une contribution des parents du défunt qui s’élève à 5000 ou 10.000 F.

Les chercheurs de tombes

Il n’y a pas que les enterrements qui constituent un business au cimetière. La recherche de tombes permet également à plusieurs jeunes de se faire de l’argent. Ces derniers n’ont pour seul travail que d’aider dans leurs recherches ceux qui ne retrouvent plus la tombe de leur parent. Ce mercredi 21 mars, B. Mathias, environ vingt ans, est assis à l’entrée principale du cimetière de Yopougon. Il suit tous ceux qui entrent du regard et laisse transparaître sa disponibilité, en allant vers tous les visiteurs qu’il salue poliment. Lorsqu’il reçoit quelqu’un qui vient chercher la tombe d’un parent, il lui tend un bout de papier sur lequel, il lui demande d’inscrire les renseignements suivants : les nom et prénoms du défunt, ainsi que la date à laquelle il a été inhumé. Avec ces informations, ils sillonnent le cimetière à la recherche de la tombe. C’est que ces mentions sont généralement sur une petite pancarte en fer plantée à côté de la tombe. Lorsque ce jeune homme trouve la tombe recherchée, il appelle le client au téléphone pour l’en informer. Pour sa rémunération, à l’instar de ses « collègues », il s’en remet à la générosité des uns et des autres." Nous demandons aux parents de faire parler leur cœur. Et nous acceptons tout ce qu’ils nous présentent", explique B. Mathias. Qui précise qu’il n’a jamais reçu moins de 2000 F, après avoir retrouvé une tombe. Ce jeune vit des revenus des recherches qu’il effectue au cimetière de Yopougon depuis des années.

D’un cimetière à un autre…

Au cimetière municipal d’Abobo, l’acquisition d’un espace de 3,5 m2 pour l’inhumation d’un corps pour une durée de cinq ans « en plein terre » coûte 20 000 Fcfa. Cette superficie est presque la même pour tous les cimetières. Ce tarif passe à 45 000 F, pour une durée de quinze ans, à 95 000 F pour une période de 30 ans et enfin, pour une inhumation de 99 ans, il revient à 195 000 F.
Dans le même cimetière, lorsqu’il s’agit d’un espace pour la construction d’un caveau, l’espace de 99 ans coûte 310 000 francs, celui de 30 ans s’acquiert à 210 000 F et enfin, pour 15 ans, le terrain vaut 160 000 F.

Williamsville, le plus cher

Le cimetière de Williamsville, dans la commune d’Adjamé, a les prix les plus chers, comparés à ceux pratiqués à Abobo et Yopougon. Selon la fiche de renseignements du concierge, l’inhumation « en plein terre » dans ce cimetière coûte 200 000 F, à savoir 190 000 pour le terrain et 10 000 F pour l’achat du bois et de la plaque d’identification. Il n’est pas admis les inhumations pour une durée de cinq ans. Les terrains sont octroyés pour une durée de 99 ans.
Le prix demeure le même pour les caveaux. Seulement, selon que l’on veut un caveau ordinaire, carrelé ou coulissant, il faut prévoir respectivement, en plus, 120 000 F, 270 000 F, 650 000 F. Ce qui donne 310 000 pour le caveau ordinaire, 460 000 pour le carrelé, et 840 000 F pour le coulissant.

Interdit de construire un caveau

Le cimetière de Yopougon offre diverses possibilités à ses clients. En effet, il y existe des terrains communs d’une durée de 5 ans. Sur lesquels, il est interdit de construire un caveau. Ce type de terrain coûte 15 000 francs payables à la régie des taxes sur l’inhumation à l’hôtel du district d’Abidjan. A cette somme, s’ajoute un montant de 5 000 F ou 10 000 F, selon que la personne à inhumer est chrétienne ou musulmane. Pour les concessions d’une durée de 30 ans, la location de l’espace coûte 90 000 F. La construction d’un caveau s’élève à 120 000 F. Lorsqu’il s’agit d’une inhumation «en plein terre», il faut toujours prévoir 5 000 F pour les chrétiens et 10 000 F pour les musulmans. Pour les concessions de 99 ans, la location du terrain coûte 190 000 francs. A cela, il faut ajouter 120 000 F pour la réalisation du caveau. Exceptionnellement, des musulmans peuvent être inhumés sur cet espace, sans construire de caveau. Pour tous les corps ne provenant pas des morgues d’Ivosep, il est prévu la somme de 19 000 francs que les parents du défunt doivent verser à l’agent d’Ivosep présent au cimetière.

Koumassi, c’est fermé, mais…

Le cimetière municipal de Koumassi est officiellement fermé, mais les enterrements s’y font toujours. Pourvu que vous mettiez la main à la poche. Il est aujourd’hui au centre des habitations. Le long de la clôture, des commerces sont installés. A cinq mètres de l’entrée principale, des femmes font frire tranquillement des beignets.
Le 23 mars dernier, un jeune chargé de l’entretien dudit cimetière que nous avons rencontré à l’entrée, a assuré que les inhumations s’y font toujours, mais de façon clandestine. " Officiellement, c’est fermé. Mais si votre corps n’est pas à la morgue et si vous acceptez qu’il soit enterré en plein terre (pas de construction de tombe, on creuse et on dépose le cercueil), c’est possible", a-t-il confirmé.
Un autre agent assis sous les arbustes à l’entrée, à qui nous avons fait savoir notre intention de venir inhumer un parent, a demandé s’il s’agissait d’un chrétien ou d’un musulman. Il s’est voulu plus clair par la suite en indiquant qu’il ne pouvait faire que les inhumations "en plein terre", un langage propre aux travailleurs des cimetières. Ce dernier a également soutenu qu’en raison de la fermeture des lieux, il faut être discret lorsque vous envoyez un corps.
S’agissant du prix de l’espace, il rassure qu’un compromis sera forcément trouvé avec les parents. Dans ce cimetière, il existe aussi un espace réservé à la communauté Atchan, et qui est encore fonctionnel. Pour venir y enterrer clandestinement un défunt, il faut souvent indiquer que l’on appartient à une famille ébrié.

Une taxe “ inexplicable ”

Selon la fiche de renseignements disponible chez le concierge du cimetière de Yopougon : « une taxe de 19.000 F est perçue par l’agent d’Ivosep (ndlr : Ivoire sépulture) en fonction sur le cimetière pour toute dépouille mortelle ne provenant pas des morgues d’Ivosep ». En clair, que vous ayez conservé votre corps dans une morgue d’Ivosep ou pas, vous devez verser de l’argent à cette structure.
A quoi sert cette taxe ? Dans le souci de répondre à cette question, nous avons pris contact avec le district d’Abidjan. Le vendredi 4 mai, nous avons joint par téléphone, M. Akékro Hervé, sous-directeur de l’environnement et de l’hygiène, chargé des cimetières et des pompes funèbres. Ce dernier nous a demandé d’appeler son supérieur hiérarchique, M. Yao Kouadio, directeur de l’environnement et de l’hygiène au district d’Abidjan. Après des tentatives infructueuses, nous avons pu le joindre le mardi 8 mai. Il nous a fait savoir qu’il ne peut parler sans l’autorisation du gouverneur du district, Robert Beugré Mambé, en mission hors de la Côte d’Ivoire. Nous nous sommes alors tourné vers Ivosep de Treichville. Le mercredi 9 mai à 10 h 50 mn, nous y avons rencontré le directeur, M. Jean Marc Affian. Répondant à notre préoccupation, à savoir à quoi sert la somme de 19.000 F, il a déclaré : « C’est le district qui gère les cimetières. Il appartient aux responsables du district de vous donner la réponse à cette question ». Personne n’a donc voulu expliquer cette taxe « inexplicable ». Qui encourage, sans nul doute, certaines personnes à contourner la procédure légale pour enterrer leurs morts dans la clandestinité.

Jules Claver Aka in FRATERNITE MATIN
Dimanche 8 Juillet 2012
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