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Pr Marc Papé (Politologue) :"Aller aux élections en 2015, c’est légitimer le régime Ouattara"

Le Pr Marc Papé est Enseignant de Sciences politiques à l’Université St John Fischer Collège à Rochester aux Etats-Unis. De passage à Abidjan ce politologue à la fibre patriotique a accepté de répondre à nos questions relatives à l’actualité.


Pr Marc Papé (Politologue) :"Aller aux élections en 2015, c’est légitimer le régime Ouattara"
Que pensez-vous du mot d’ordre de boycott lancé par le Front populaire ivoirien contre le recensement général de la population et de l’habitat organisé par le Gouvernement ?

Il faut d’abord établir l’intérêt du recensement. Est-ce que la préoccupation numéro 1 des populations, de la Côte d’Ivoire, aujourd’hui, c’est le recensement ? A mon avis, c’était une forme de distraction. Et puis le contexte est pour légitimer un régime de fait. Donc le fait que le Fpi a demandé le boycott de cette opération, il y a deux éléments politiques qu’on peut en tirer. Le 1er élément, c’est que le Fpi a donné un mot d’ordre que la population a suivi pour un point qui n’était pas une priorité pour la Côte d’Ivoire aujourd’hui. Le fait que les populations ont suivi ce mot d’ordre signifie que, elles-mêmes, n’étaient pas convaincues qu’un recensement était dans leur intérêt. La 2e chose, c’est le fait qu’un parti, le Fpi, qui, malgré tout le sabotage dont il a souffert, dans l’intention même de le dissoudre, revient, donne un mot d’ordre et cette consigne est suivie par la grande majorité de la population. Que ce régime le reconnaisse ou pas, le fait est que le mot d’ordre du Fpi a été suivi. Chose qui veut dire que le Fpi est à l’écoute de la population. Donc le Fpi est majoritaire en termes des intérêts qu’il articule sur la place publique. C’est donc les deux éléments qu’on peut retenir sur le sujet.

Mais peut-on émettre l’hypothèse que le régime ne reconnait pas l’impact du boycott du Fpi, dans la mesure où il fait pression sur ce parti pour lever son mot d’ordre de boycott ?

Ce régime n’est pas effrayé par sa propre contradiction ; il peut dire une chose et son exact contraire, sans s’en rendre compte, ou bien de façon délibérée. Ce qu’il dit n’a aucune importance. Ils sont violents, mais ils ne sont pas stupides. Le fait qu’ils lient la libération des pro-Gbagbo, des résidences occupées et le dégel des avoirs des cadres proches de Gbagbo à la levée du mot d’ordre du boycott, c’est une indication que l’opération n’a pas marché, uniquement parce que le Fpi a demandé le boycott. Donc le Fpi est majoritaire en ce sens qu’il articule un intérêt qui va dans le sens des populations.

Quel est l’impact de cet échec pour le pouvoir ?

L’impact, c’est plutôt du côté de leurs sponsors externes. Sinon eux, que la population aille dans le sens de ce qu’ils veulent ou non, ça ne les intéresse pas. Ça n’est pas leur préoccupation. Tout ce qui n’est pas démocratie n’a rien à voir avec l’opinion générale d’une population. Donc puisque c’est un régime antidémocratique, que la population soit majoritairement pour le Fpi ou non, ce n’est pas leur problème. Mais l’impact, pour eux, c’est la perception que leurs sponsors externes auront d’eux et de l’impact sur le terrain. Parce que leurs sponsors constatent malheureusement que la population ne suit pas.

Qu’est-ce que cela vous dit de constater qu’un chef d’Etat, parce que l’opposition a donné un mot d’ordre de boycott d’une opération gouvernementale, prend un texte pour l’intimider et l’obliger à revenir sur sa décision ?

Encore une fois, je dirais que lorsqu’on a affaire un dirigeant non démocrate, on n’est pas surpris de constater qu’un tel régime en arrive là. Donc, ça ne me surprend pas ; peut-être ce qui me surprend, c’est de ne pas avoir été loin, peut-être les emprisonner, comme il le faisait il y a quelque temps. Peut-être, c’est une différence, pas de nature, mais de degré qui peut me surprendre, mais des actions de ce genre de la part de ce régime, ne me surprennent pas du tout.

Après un round de négociation avec le Gouvernement qui espérait une levée du mot d’ordre du boycott, le Fpi a maintenu ce mot d’ordre. Votre commentaire ?

Si jamais le Fpi ou son leadership avait pensé qu’il fallait aller contre l’intérêt général de la population, en levant le boycott, je pense que ce serait une erreur politique très grave. Heureusement que le parti a respecté la volonté de la base. Parce que, véritablement, il n’y a rien qui a pu être fait pour justifier une levée du mot d’ordre du Fpi. Qu’a fait le régime ? A-t-il changé de façon structurelle ? A-t-il pris la voie de la démocratisation ? Quelle action qui peut avoir été posée de la part de ce régime pour justifier une suspension du mot d’ordre du boycott ? Le Fpi a constaté qu’il n’y a rien qui mérite qu’il revienne sur sa décision, c’est heureux.

Quels dividendes le Fpi tirerait-il de ce boycott ?

Si dividendes il y a, c’est de prendre conscience qu’il est une représentation de la grande majorité de la population ivoirienne aujourd’hui, qu’il est l’oreille de la population. Donc de capitaliser là-dessus pour mener des actions plus profondes. Parce que, à mon avis, le recensement n’est qu’une petite distraction. Le plus important pour le Fpi et pour la Côte d’Ivoire, c’est d’articuler trois points très importants : le numéro1, c’est la question de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Le numéro 2, c’est la question d’insister sur la richesse de la pluralité de la Côte d’Ivoire, c’est-à-dire il y a eu, à l’issue de cette guerre, une fracture sociologique très profondes. Et il appartient au parti politique responsable tel que le Fpi, d’essayer de colmater les brèches, de souder cette fracture sociologique-là. Le numéro 3, c’est le renforcement des institutions démocratiques qui ont été écrasées et éliminées par l’imposition de cette dictature. Voilà les points les plus importants de l’histoire présente de la Côte d’Ivoire.

Que le Fpi montre aujourd’hui qu’il est majoritaire en Côte d’Ivoire, que cela va-t-il changer dans l’opinion et l’engagement partisan des parrains du régime en place ?

Oui, ça peut changer. Ça peut changer dans le sens que si le Fpi, effectivement va au-delà de ce recensement et articule, de façon sérieuse, systématique, constante et délibérée, les trois priorités que je viens d’énumérer. Si le Fpi traverse toute la Côte d’Ivoire pour tenir ce discours, la population va se renforcer derrière lui. Et, sur le terrain, c’est ce qui va déterminer la révision de la mentalité des sponsors externes du régime. Car ils n’auront pas le choix que de constater qu’ils ont fait un mauvais calcul. Et puisqu’ils ne protègent que leurs intérêts, ils vont revenir, pas nécessairement avec le Fpi, mais ramollir leur soutien presque dogmatique et « myopique » de ce régime de fait. Au-delà donc du boycott et des autres actions, ce sera les autres discours que le Fpi va tenir sur le terrain et aussi son humilité, qui feront comprendre qu’aujourd’hui, c’est l’alternative la plus sûre pour ramener la Côte d‘Ivoire sur le chemin qui avait été articulé par le Président Gbagbo. Je pense que c’est ce qui va modérer le soutien de ces sponsors externes-là.

Aujourd’hui, on parle de plus en plus d’élections en 2015, Ouattara lui-même s’est déclaré candidat. Pour l’instant, on n’a pas la version officielle du Fpi concernant sa participation ou non. Mais si elles se tenaient, à qui selon vous, elles pourraient profiter ? A Ouattara ou au Fpi ?

Je dis le plus clairement possible que dans le contexte actuel de la Côte d’Ivoire, il ne peut pas y avoir une organisation d’élections libres et transparentes, dites démocratiques. C’est absolument impossible. Donc toute organisation d’élections dans le contexte actuel, n’est qu’une activité folklorique pour légitimer un régime de fait que la population a majoritairement rejeté. Donc ce serait une grave erreur politique du Fpi, comme il l’a fait en 2010 en organisant des élections dans un contexte de partition du pays, de détention d’armes par des voyous qu’on appelle abusivement rebelles, etc. Donc, ce serait la même grave erreur. Si en 2010, les élections ont été complètement bafouées, torpillées, ce n’est pas aujourd’hui, avec ce régime de fait, où les partis politiques n’ont même pas la possibilité de se mettre librement sur la place publique pour articuler leur point de vue, où il y a l’insécurité absolue, ce n’est pas dans ce contexte-là qu’on va organiser des élections libres et transparentes. Je ne vois pas quelle serait la valeur d’un vote aujourd’hui, si ce n’est pas simplement pour légitimer un régime de fait. Je pense que, si en Côte d’Ivoire, on est sérieux, on ne doit même pas parler d’élection en 2015. Ce qu’il convient de faire, ce sera de créer une structure de transition, qui va essayer de créer les conditions d’organisation d’élections. Le délai peut être deux ans, mais parler d’élections en 2015 dans les conditions actuelles, c’est une illusion. Et simplement une célébration-légitimation d’un régime de fait.

Comment voyez-vous l’avenir du Président Laurent Gbagbo, dans la politique ivoirienne ?

Le Président Gbagbo est une source d’inspiration pour son parti. Puisque je le connais et je sais les idées du Pr Laurent Gbagbo depuis longtemps. Donc je peux dire qu’en Côte d’Ivoire, il est incontournable, un peu comme le Président Nelson Mandela qui était en prison, mais qui était incontournable. J’espère que toutes les décisions que prend le Fpi, il le consulte ou l’informe pour qu’il oriente aussi le parti pour ses activités en Côte d’Ivoire. Deuxièmement, c’est que du point de vue de toutes les informations que j’ai eues, à travers des conversations et autres, c’est qu’il n’y aura pas de réconciliation en Côte d’Ivoire, tant que le Président Gbagbo n’est pas libéré. C’est qu’il serait illusoire de prétendre à autre chose aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Parce que son emprisonnement est un acte politique. Ça n’a jamais été un acte juridique. Donc y a-t-il suffisamment de pression interne en Côte d’Ivoire de la part de la population, de la d’institution comme le Fpi de faire de sa libération, et bien sûr de la libération des autres prisonniers, une condition sine qua none du début du dégel politique en Côte d’Ivoire ? Exactement comme dans le contexte de l’Afrique du Sud de Nelson Mandela.

Entretien réalisé par
Germain Séhoué
gs05895444@yahoo.fr
In Le Temps
Lundi 28 Juillet 2014
Lu 275 fois
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