Connectez-vous S'inscrire
La Dépêche d'Abidjan










LE PARCOURS HÉROÏQUE DU ZOUGLOU

CÔTE D'IVOIRE - PRISONNIERS DE L'INDIFFERENCE

Le mal spirituel de l’Afrique : le christianisme et l’islam

ZOUGLOU FEELING (DOCUMENTAIRE) - EXTRAITS

21/02/2016 - La Dépêche d'Abidjan

Magic System au Festival RAÏ NB Fever - Bercy 2009

20/11/2015 - La Dépêche d'Abidjan

PETIT DENIS : APPELEZ-MOI "EL CAPO"

08/10/2015 - La Dépêche d'Abidjan

ANDY : L'HEURE A SONNÉ

08/10/2015 - La Dépêche d'Abidjan

ZOUGLOU FEELING - DOCUMENTAIRE - TEASER

05/07/2015 - La Dépêche d'Abidjan

BOBY YODÉ - CÉLÉBRATION DES 25 ANS DU ZOUGLOU À PARIS

29/06/2015 - La Dépêche d'Abidjan

LE ZOUGLOU, UNE MUSIQUE MILITANTE

14/06/2015 - La Dépêche d'Abidjan

TEASER - ZOUGLOU 25 ANS

11/06/2015 - La Dépêche d'Abidjan

VALEN GUÉDÉ À PROPOS DU ZOUGLOU

31/05/2015 - La Dépêche d'Abidjan

DIDIER BILÉ ET LÉAO KORÉ EN PRESTATION

22/05/2015 - La Dépêche d'Abidjan

MALMO EN PRESTATION

21/05/2015 - La Dépêche d'Abidjan

ARRIVÉE DE PETIT DENIS ET DEBORDO LEEKUNFA À PARIS

18/04/2015 - La Dépêche d'Abidjan

AWOULABA

15/04/2015 - La Dépêche d'Abidjan

"LAURENT GBAGBO, C'EST MON PRÉSIDENT" - ABOU GALLIET

14/04/2015 - La Dépêche d'Abidjan








10 mars 1893 - Naissance de la Côte d'Ivoire

26/08/2016 - La Dépêche d'Abidjan

Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golf de Guinée.

27/09/2015 - La Dépêche d'Abidjan

HISTOIRE - Le premier instituteur ivoirien

08/07/2014 - La Dépêche d'Abidjan

Derniers connectés
Jean Paul YAMEOGO
La dépêche  D'ABIDJAN
Jean Marius D'ALEXANDRIS
Val FASHION
Du male JPK
TSBAAH WAWAGNON
Sibailly ONÉ
Bienvenu AKE
N'chobi Alex BOUA
Koffi lambert YEBOUE
SERGE ETAME
Parfait RICHARD

Patrick Zasso:“Le préfet ouattara est condamné”

Avant de rejoindre le camp Laurent Gbagbo, Patrick Zasso dit « Englobal », fut membre du Rdr et surtout porte-parole d’Alassane Dramane Ouattara chargé de la jeunesse, jusqu’à la veille du second tour de la présidentielle ivoirienne, le 28 novembre 2010. Aujourd’hui, exilé politique au Ghana où il est le porte-parole de l’Association des réfugiés ivoiriens de la diaspora (Arid), « Anglobal » livre des secrets de la crise ivoirienne qui s’est muée en guerre, en avril dernier. En outre, il répond à une rumeur de coup d’Etat depuis Accra, exige la libération de Gbagbo et révèle comment il a été sauvé d’une tentative d’assassinat au Golf Hôtel.


Patrick Zasso:“Le préfet ouattara est condamné”
Notre Voie : Dans une interview que vous aviez récemment accordée à un confrère ivoirien, vous affirmiez que lors du premier tour de la présidentielle ivoirienne en Octobre 2010, Alassane Dramane Ouattara avait obtenu, en réalité, 22 % du suffrage exprimé et que cela n’était pas suffisant pour qu’il passe au second tour avec Laurent Gbagbo. Quel était donc le score de Bédié arrivé officiellement troisième?

Patrick Zasso Anglobal. : Bédié lui-même le sait. Nicolas Sarkozy (le chef de l’Etat français) n’était pour que Bédié reste dans la course pour des raisons qui lui sont propres. Sinon c’est Bédié qui passait avec 25 %. Et Bédié n’était pas d’accord qu’on l’ait écarté ainsi. C’est pourquoi, il a chargé Ahoussou Jeannot (actuel ministre de la Justice du gouvernement Ouattara), à qui il a adjoint Djédjé Mady et Patrick Achi, de constituer un dossier dont l’objet était de saisir le Conseil constitutionnel pour le recomptage des voix. Mais ces derniers ont été pris dans l’étau d’un système goupillé par Adama Bictogo.

N.V. : C’est-à-dire ?

P.A.Z. : Ils ont été convaincus de ne pas constituer ce dossier. Ils se sont cachés trois jours loin de Bédié. Pendant ce temps, ils ont fermé leurs portables. Trois jours, c’est le délai qu’il leur fallait pour déposer le dossier. Mais ils ne l’ont pas volontairement respecté. En fait, il y a eu un deal. L’argent a circulé.

N.V. : Comment le savez-vous ?

P.A.Z. : Mais, j’étais dans le système. Je sais tout ce qui s’est passé. C’est au quatrième jour qu’ils ont fait signe de vie.

N.V. : Combien auraient-ils reçu ?

P.A.Z. : Je ne peux pas vous avancer un chiffre. Ce qui est sûr, j’étais quand même le porte-parole d’Alassane Ouattara chargé de la mobilisation de la jeunesse. Tous les jeudis, on tenait nos réunions de communication. Elles étaient toutes présidées par Alassane Ouattara, lui-même. Des personnes telles que Anne Oulotto, Cissé Bacongo, Touré Mamadou, Ahmadou Gon Coulibaly, la structure Vaudoo communication etc. assistaient souvent à nos réunions. On y abordait beaucoup de sujets : revues de presse, les comptes rendus des réunions du Rhdp et même des questions d’ordre privé. En outre, j’étais un des plus proches « petits » (protégés) de Cissé Bacongo et d’Ahmed Bakayoko.

N.V. : Après tout ce qui s’est passé, quelle a été la réaction de Bédié ?

P.A.Z. : Bédié n’était pas prêt à soutenir Alassane Ouattara. Au contraire, il a demandé à Alassane Ouattara de le soutenir dans son souci de faire recompter les voix. Mais comme le même système était toujours en marche, ce sont, cette fois-ci, les chefs d’Etat Abdoulaye Wade du Sénégal et Blaise Compaoré du Burkina Faso qui on tout verrouillé. Ahoussou Jeannot et Djédjé Mady le savent. Le Pdci a tous les chiffres.

N.V. : Et que devait gagner Bédié en contrepartie ?

P.A.Z. : C’est lui qui le sait. Demandez- lui un jour, monsieur le journaliste?

N.V. : Qu’est-ce qu’Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont-ils dit après cette réclamation manquée ?

P.A.Z. : Bédié qui a reçu une forte pression de la part de certains chefs d’Etat tels que Nicolas Sarkozy, Abdoulaye Wade et Blaise Compaoré, a avalé la couleuvre contre son gré. Il ne s’est pas rangé derrière Ouattara de sa propre volonté. Bédié a encore ça sur le cœur.

N.V. : Pourquoi dites-vous que vous étiez isolé au Rdr avant le second tour du scrutin présidentiel ?

P.A.Z. : Au niveau du Rhdp, KKB, Karamoko Yayoro et autres étaient les soutiens du Pdci et du Rdr au niveau de la jeunesse. Quant à nous autres porte-paroles, nous étions écartés. Franck Djéni, le fils de feu Djéni Kobena s’en plaignait tous les jours. On n’avait plus de pouvoir parce qu’il n’y avait pas les moyens financiers pour nous. Un jour, j’ai posé le problème devant Ouattara sans qu’il ne nous trouve une solution. C’est alors que je me suis mis à courir derrière quelques cadres pour animer des meetings ça et là. Mais cela a failli me coûter cher car ma voiture a été attaquée par des extrémistes du parti.

N.V. : Que pouvez-vous dire d’Alassane Dramane Ouattara ?

P.A.Z. : Quand Ouattara m’a nommé comme son porte-parole pour la jeunesse, il m’a reçu dans son bureau, aux Deux Plateaux-Les Vallons, rue des Jardins (Abidjan) et m’a confié qu’un jour, Koné Zakaria (chef de guerre de la rébellion armée) et un groupe de personnes sont venus lui signifier qu’ils ne sont pas contents des agissements de Henri Konan Bédié, alors Président de la République de Côte d’Ivoire, avec son histoire d’Ivoirité qu’il a inventée de toute pièce pour exclure des hommes du Nord. Zakaria lui a dit, selon lui, que c’est pour cette raison qu’ils ont pris les armes et qu’ils ont besoin de l’argent pour préparer un coup d’Etat contre Bédié. Ouattara et moi, on était seulement deux personnes dans son bureau au moment où il me parlait. Il m’a signifié, de sa propre bouche, qu’il n’était pas d’accord avec le projet de Koné Zakaria et ses amis, sous prétexte qu’il n’est pas là pour financer ou faire un coup d’Etat contre quiconque. Malgré tout, ils ont renversé Bédié. Il m’a dit qu’il n’était pas dedans. Après, Laurent Gbagbo a pris le pouvoir. Les mêmes ont tenté en septembre 2002, un coup d’Etat contre lui, qui s’est mué en rébellion armée. Là encore Ouattara a dégagé toute responsabilité, me faisant observer que c’est la preuve que c’est avec ceux qui ont créé la rébellion que Gbagbo discute. Et que si son implication était avérée, il aurait pris part au dialogue direct qui a conduit aux accords politiques de Ouagadougou (Burkina Faso) en 2007. Mais quand j’analyse ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire, je me rends compte que c’est à lui-même que Ouattara a menti. L’histoire l’a rattrapé. Car c’est cette rébellion qu’il avait reniée qui l’appuyé pour renverser Gbagbo. Et je ne suis pas surpris. Rappelez-vous que lors de ses grandes tournées de précampagne dans le Nord, alors que le désarmement des rebelles était l’une des conditions clé avant d’aller à la présidentielle d’octobre 2010, il avait dit face aux rebelles que leur combat était juste. A ce moment-là, Soro et les rebelles étaient sur le point de désarmer. Mais le discours de Ouattara qui en était informé était venu pour tout remettre en cause. Il avait même tenu des réunions en privé avec les rebelles pour leur faire comprendre que s’ils déposaient les armes, il ne prendrait jamais le pouvoir.

N.V. : Quelles étaient le niveau des relations entre Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro Kigbafori ?

P.A.Z. : Les relations entre Alassane Ouattara et Soro Guillaume n’étaient pas bonnes. A partir de 2007, après sa nomination par Laurent Gbagbo comme premier ministre, Soro voulait se positionner. C’est alors qu’il a récupéré certains cadres comme Ahmed Bakayoko dès qu’il été débarqué et Kandia Camara. Ainsi, ces derniers étaient devenus plus proches de lui que de Ouattara. Au sein de la rébellion, la cote de Soro était en hausse. Après la présidentielle, Soro sait que c’est Gbagbo qui a gagné. Il lui a dit : « si tu me gardes comme premier ministre, ça passe dans le cas contraire, ça casse ». Et comme Gbagbo n’a pas cédé à son chantage, Soro a rallié Ouattara en lui posant un certain nombre de conditions.

N.V. : Les quelles ?

P.A.Z. : Soro a voulu que Ouattara le maintienne à son poste de Premier ministre. Il l’a fait. L’autre deal, c’est qu’après Ouattara, c’est lui qui prend la Présidence de la République de Côte d’Ivoire. Et Outtara connaît le système à mettre en place pour soutenir Soro. C’est dire que Soro ne s’est mis derrière Ouattara pour lui faire plaisir. Il sait où il va avec lui. Si Soro n’avait pas rallié le camp Ouattara, la France ne lui aurait pas donné le fauteuil présidentiel. N’oubliez pas qu’à un moment donné, Soro avait de l’estime pour Gbagbo. Ayant compris cela, certains cadres du Rdr se sont mis à y réfléchir. Et C’est Konaté Sidiki qui était chargé de préparer la réconciliation entre Soro et Ouattara.

N.V. : Dans un journal ivoirien, après sa visite le samedi 24 septembre 2011 à Accra, Ahmed Bakayoko a révélé des confidences que le Président Laurent Gbagbo lui aurait faites. Si on en croit le ministre de l’Intérieur du gouvernement Ouattara, Gbagbo lui aurait confié que les soldats qui lui (Gbagbo) sont loyaux n’auraient pas épargné la vie à son rival Alassane Ouattara, si ce dernier se trouvait à sa place, le jour du bombardement de son domicile. Qu’en pensez-vous ?

P.A.Z. : Qu’Ahmed Bakayoko ne se moque pas des Ivoiriens. Cette crise que nous traversons est très grave pour qu’il s’amuse à faire passer les tueurs des Ivoiriens, les pilleurs, les casseurs, les empoisonneurs et les persécuteurs pour des enfants de cœur. Lui-même qui ne croyait pas du tout qu’Alassane Ouattara prendrait un jour, le pouvoir en Côte d’Ivoire (il me le répétait chaque fois), ferait mieux de s’occuper de ses oignons. Ceci étant, je vais vous dire ce qui s’est réellement passé le 11 avril 2011au Golf Hôtel, lorsque les bourreaux de Laurent Gbagbo l’ont déporté là-bas avec toute sa famille et ses proches. C’est l’armée française qui a arrêté Laurent Gbagbo à sa résidence de Cocody. Après, elle a eu peur que le monde entier le sache. C’est ainsi que les soldats français l’ont livré aux rebelles de Ouattara avec pour consignes fermes de ne pas le tuer. Mais lorsqu’ils sont arrivés avec lui, au Golf Hôtel, ils se sont heurtés à un groupe de manipulés. Ces individus qui n’étaient contents que Gbagbo soit en vie, ne voulaient rien savoir. Ils voulaient le tuer. Ayant compris leur intention, un général ghanéen de l’Onuci a alerté ses éléments en vue de le protéger. Ils montaient la garde devant la chambre où il était caché. Mais ce n’était pas facile pour eux. La tension était vive. En vérité, c’est ce général ghanéen de l’Onuci qui a sauvé la vie à Gbagbo. C’est lui qui s’est opposé au groupe de rebelles fous de rage qui voulaient assassiner Gbagbo dans sa chambre. L’officier supérieur ghanéen a réussi à exfiltrer Gbagbo en prenant soin d’emporter avec lui ses médicaments. Il y a eu d’abord un débat entre ‘l’Onuci et la Licorne. Ils ne s’accordaient pas sur le lieu où Gbagbo devait être gardé ou déporté. Ils ont fini par choisir une destination hors d’Abidjan : Korhogo. C’est ainsi qu’à bord d’un hélicoptère que le général ghanéen pilotait lui-même, Laurent Gbagbo a d’abord été mis hors du danger immédiat puis déporté à Korhogo. Voilà ce qui s’est réellement passé au Golf Hôtel.

N.V. : Mais vous n’étiez pas au Golf Hôtel avec Laurent Gbagbo. Comment savez-vous tout cela ?

P.A.Z. : Mais je suis un Ivoirien qu’on a obligé de s’exiler. Si je ne m’informe pas, comment vais- je m’en sortir ? Mes sources sont totalement fiables. Je sais de quoi je parle. J’ai toutes les informations mais je n’entrerai pas dans les détails. Ce n’est pas tout qu’on met sur la place publique.

N.V. : Vous soutenez, en outre, connaître plusieurs personnes qui se trouvent dans l’entourage d’Alassane Dramane Ouattara mais qui n’aimeraient pas sa tête…

P.A.Z. : Effectivement, la liste est longue. J’ai quand même milité au Rdr. Mais comme je vous le disais tantôt, ce n’est pas le moment de les dévoiler. Je préfère taire les noms.

N.V. : La Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) présidée par l’ex-Premier ministre, Charles Konan Banny, a été officiellement installée, le mercredi 28 septembre 2011, à Yamoussoukro. Pensez-vous que cette structure a des chances de réussir sa mission ?

P.A.Z. : Ce n’est pas la première fois qu’on réconcilie les Ivoiriens. En 2001, sous Laurent Gbagbo, il y a eu un forum de la réconciliation nationale qui n’a rien donné. Sinon que les accords ont amnistié les rebelles, Guillaume Soro est devenu Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara est devenu candidat exceptionnel à l’élection présidentielle. Malgré tout cela, il n’y a pas eu de désarmement. Ouattara touchait plus de 800 millions fcfa pour le financement de son parti alors que la loi ne le lui permettait pas car il n’avait pas de députés à l’Assemblée Nationale. Deux résidences d’un coût de 500 millions fcfa chacune ont été attribuées à Ouattara et Bédié. Soro gérait un budget de pus de 30 milliards fcfa. Malgré tout cela, il n’y a pas eu de réconciliation. Mais des chars français, l’Ecomog et l’armée onusienne pour tuer les Ivoiriens et tenter d’assassiner Laurent Gbagbo. Avec qui on se réconcilie et pourquoi ? A ce que je sache, les Ivoiriens n’ont pas de problème entre eux. Il n’y a que Sarkozy et Ouattara qui ont des problèmes avec les Ivoiriens. Et qui doivent nous rendre compte. C’est tout.

N.V. : Et pourtant d’importantes sommes d’argent et de nombreuses personnalités seront engagées dans le cadre de cette mission de réconciliation…

P.A.Z. : Ils ont tué, égorgé, cassé, pillé, volé, violé, calciné des Ivoiriens. Pire, ils continuent de tuer, des mandats d’arrêt sont lancés par-ci, par-là. Gbagbo, son épouse et leurs proches sont enfermés. Avec ça, on nous parle de réconciliation. Est- ce parce qu’ils sont soutenus par Sarkozy et l’Onu que nous devons nous réconcilier forcément ? Qu’on nous le dise.

N.V. : Le rapatriement des réfugiés ivoiriens est de plus en plus à l’ordre du jour, a-t-on appris. Selon toute vraisemblance, le retour au pays pourrait se faire contre votre gré. Seriez-vous prêt à renter maintenant ?

P.A.Z. : Je crois que ce sont des pleurs d’un système qui n’a encore rien compris. Dites à Ouattara et ses amis que les refugiés sont protégés par la loi. La Côte d’Ivoire, à l’instar du Ghana, a signé les conventions de Genève sur les droits des refugiés. Le Ghana n’est pas un pays sous influence coloniale. C’est un pays de grande démocratie ou les droits de l’homme sont respectés. Un pays indépendant et libre ou l’opposition se soumet aux lois nationales. Le Ghana n’est pas un pays où les Sarkozy et autres envoient des chars et des avions pour tuer et imposer un ami. Dites à Ouattara et ses amis que nous avons discuté des problèmes des refugiés ivoiriens avec Son Excellence Monsieur le Président Atta Mills. Il nous a rassurés qu’il est de son devoir de s’occuper de nous et de nous protéger. Comme tout autre refugié au monde. Il n’y a donc pas de débat sur ce sujet.

N.V. : Et si le Ghana vous lâchait ?

P.A.Z. : Les gens oublient le rôle que les autorités Ghanéennes ont joué dans les différents sommets qui ont été été organisés sur la crise ivoirienne. Donc, le Ghana connait l’histoire de la crise ivoirienne. Raison pour laquelle, il a refusé de s’associer aux rebelles pour la déstabilisation de la Cote d’Ivoire. Alors, ceux, qui croient nous distraire se trompent. Autrement dit, je ne crois pas à l’hypothèse, selon laquelle, le Ghana pourrait se désolidari-ser de ses frères Ivoiriens. Le Ghana n’est pas un pays méchant.

N.V. : Mais Abidjan soupçonne Accra de servir de laboratoire à un coup d’Etat que les réfugiés ivoiriens prépareraient pour renverser Alassane Dramane Ouattara. Que se passe-t-il dans les camps des exilés ivoiriens ?
P.A.Z. : Les accusations d’Alassane Ouattara et ses partisans sur un prétendu coup d’état qui serait en préparation au Ghana sont les signes d’un pouvoir agonisant et moribond. Ces accusations montrent l’incapacité de Ouattara à gérer la Côte d’Ivoire. Il est dépassé par les évènements. Quand on se dit qu’on a gagné les élections, on ne doit pas avoir peur de gouverner. Surtout qu’on est protégés par Sarkozy et l’Onu. Ouattara ne devraient plus parler de coup d’état. Tenez, si les pro-Gbagbo avaient été les forts, nous ne serions pas aujourd’hui en exil. Nous sommes surpris que ses partisans et lui tentent de se comporter comme des anges. Ils ont oublié leur passé. Des gens qui étaient basés au Burkina Faso avec la bénédiction de Blaise Compaoré pour y monter une rébellion armée qui a attaqué la Côte d’Ivoire en septembre 2002. Que Ouattara et ses amis sachent que le Ghana n’est pas le Burkina Faso. Atta Mills n’est pas Blaise Compaoré.

N.V. : Le 6 octobre prochain, Alassane Ouattara est annoncé en visite officielle au Ghana. Et s’il profitait de son voyage pour rencontrer les réfugiés ivoiriens, que lui diriez-vous ?

P.A.Z. : Nous avons appris l’information par la presse. Les gens doivent comprendre que ce n’est une catastrophe humanitaire qui nous a obligés à nous refugier au Ghana et dans les autres pays africains. Nous sommes ici parce que Ouattara et Sarkozy veulent nous tuer mais aussi parce que le Président Gbagbo est détenu illégalement. Donc, pour nous, une rencontre entre Alassane
Ouattara et les refugiés n’a pas de sens.
Si Ouattara doit rencontrer quelqu’un, c’est bien Gbagbo et non les refugiés. Car c’est avec Gbagbo qu’il a un problème et c’est ce même Gbagbo qui est notre chef. Il ne peut pas l’enfermer à Korhogo et venir discuter avec nous au Ghana. Je ne sais pas à quoi cela répondrait. Si ce n’est une autre stratégie de Nicolas Sarkozy pour nous endormir. Ce que nous attendons de lui, c’est la libération de Gbagbo, de tous ses partisans qu’il a incarcérés. Le jour où il le fera, nous n’aurons pas de problème à rentrer en Côte d’Ivoire. Ouattara connait les conditions de retour d’un exilé puisqu’il a été exilé sous Bédié et le général Robert Guéi. On se souvient qu’en 2000, quand le Président Gbagbo lui avait demandé de rentrer en Côte d’Ivoire, il avait posé ses conditions. Et c’est parce que le Président Gbagbo avait accédé à ses conditions qu’il était rentré en Cote d’Ivoire. Ce n’est donc pas nouveau. Pour nous, c’est la libération de Gbagbo ou rien.

N.V. : La libération de Laurent Gbagbo serait-elle la condition sine qua non à la fin de la crise ivoirienne et au retour de la paix en Côte d’Ivoire ?

P.A.Z. : La paix véritable viendra des actes et du comportement de Ouattara. Nous autres, nous ne faisons que le regarder. Que Ouattara sache que nous, partisans de Gbagbo, n’avons pas de bilan à faire ni à Obama ni à Sarkozy. Tant que Gbagbo, son épouse, son fils et ses proches seront incarcérés, la situation restera tendue en Côte d’Ivoire et les bailleurs de fonds, les investisseurs et autres ne viendront pas. Il faut qu’on soit courageux pour le dire. Donc, c’est Ouattara qui est condamné à créer les conditions de la paix en Côte d’Ivoire, pas nous. Aux Ivoiriens, je voudrais demander de rester unis et soudés car cette crise n’est pas une fatalité.

Interview réalisée par Schadé Adédé in Notre Voie schadeci@yahoo.fr
Mardi 4 Octobre 2011
Lu 248 fois
La Dépêche d'Abidjan



Interviews
Notez

Actualité | Interviews | Contributions | Vidéos | People | Ça m'interpelle | Reportages | On en parle | Tribune | Dans l'objectif | Pêle-Mêle | Faits et Méfaits | Lu pour vous | Arts et Cuture | Insolite | Communiqué | Le confidentiel (avec L'I.A.) | Sports | Santé et sexualité | Espace NTIC | Économie | Mode - Beauté | Tourisme - Voyages | Vidéos en streaming | Afrique - Monde | Une | À ne pas manquer | Documents | Avis et communiqués | IVOIRE CINÉ | COURTS MÉTRAGES | VOTRE PUBLICITÉ SUR LA DÉPÊCHE D'ABIDJAN


Côte d'Ivoire, la presse à l'épreuve de la liberté - DOCUMENTAIRE 2002

ZOUGLOU FEELING - DOCUMENTAIRE - TEASER

"Le Franc des Colonies Françaises d'Afrique (FCFA) est une propriété à part entière de la France."




ladepechedabidjan : CÔTE D'IVOIRE - À la CPI, les témoins de l’accusation sont entre fuite et aveux. À... https://t.co/GifHUKjoCa https://t.co/a7gsbMoTqI
Vendredi 9 Décembre - 16:15
ladepechedabidjan : CÔTE D'IVOIRE - RHDP Législatives à Gagnoa/ Guikahué a peur : Mme Bédié et Charles Diby... https://t.co/9B4MSmY1Xa https://t.co/xz40At6bIv
Vendredi 9 Décembre - 11:46
ladepechedabidjan : À quelques jours des législatives/ De nouveaux éléments sur la maladie de Soro, le chef... https://t.co/j4ylBWKlJv https://t.co/8UXegCvmJX
Vendredi 9 Décembre - 11:15
ladepechedabidjan : Procès Simone Gbagbo : l’audience reportée pour permettre au bâtonnier de "finaliser"... https://t.co/6mtoidNETz https://t.co/knqMLIaLBA
Vendredi 9 Décembre - 11:05

Facebook

Partager ce site