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Pascal Affi N’guessan, président du FPI : « J’ai toujours milité pour des solutions politiques aux problèmes politiques »

Dans cette première partie de l’interview exclusive qu’il a accordée à Notre Voie pour l’année 2015, l’ancien Premier ministre, Pascal Affi N’Guessan, président du Fpi, s’est ouvert sans faux fuyants. Il parle de la crise au Fpi, de l’arrestation d’Assoa Adou, du président Laurent Gbagbo ainsi que des raisons de son action en justice contre le Comité de contrôle du Fpi.


Pascal Affi N’guessan, président du FPI : « J’ai toujours milité pour des solutions politiques aux problèmes politiques »
Notre Voie : Au-delà des vœux que vous avez déjà présentés aux Ivoiriens,quel message particulier avez-vous pour vos militants ?

Pascal Affi N’guessan : Je voudrais profiter de cette interview pour réitérer à nos compatriotes mes vœux les plus chers de paix, de santé et de prospérité. Depuis plusieurs années, les Ivoiriens vivent une situation difficile. Les élections de2010 n’ont pas apporté la paix et la stabilité recherchées. Aujourd’hui, la situation est très difficile. Le pays est divisé et il peine à retrouver la voie de l’unité. La pauvreté est grandissante.Que cette année 2015 apporte la paix, la stabilité et l’unité nécessaires à la reconstruction du pays et au bien-être de ses populations. À nos militants, je voudrais souhaiter aussi beaucoup de courage et d’espoir. L’année 2014 s’est terminée pour le fpi dans des difficultés qui sont les conséquences de la crise post-électorale. Je souhaite que le parti retrouve la sérénité et la stabilité, et qu’il soit, en 2015, l’instrument de leur réhabilitation, de la libération du président Gbagbo et de tous les prisonniers politiques, ainsi que de la reconquête du pouvoir.

N.V. : Justement, Assoa Adou récemment rentré d’exil, est, depuis quelques jours, aux arrêts et vos camarades vous accusent d’être en complicité avec le pouvoir dans cette opération.Qu’en dites-vous ?

P.A.N. : Ce sont des accusations gratuites comme toujours, qui ne reposent sur rien, sinon l’obsession de diaboliser un adversaire politique. si, demain, il y aun tremblement de terre enCôte d’Ivoire, ils sont capables de dire que j’en suis responsable. Hier, ils ont dit la même chose à propos de l’arrestation de Lida. Il faut qu’ils arrêtent tout cela pour nous permettre d’organiser,dans la sérénité, la libération de nos prisonniers politiques et le retour de tous les exilés politiques.

N.V. : Le Fpi, votre parti, traverse donc des moments difficiles, dont l’une des manifestations est le procès que vous avez initié. Alors, on voudrait comprendre comment le président du parti a pu aller jusqu’à porter plainte contre ses cama-rades de parti au tribunal.

P.A.N. : Le procès en question n’oppose pas le président du fpi à des militants du parti, mais Pascal Affin’Guessan, candidat à l’élection du président du fpi, au Comité de Contrôle, organe du fpi ayant eu la compétence exclusive de recevoir, d’examiner, de valider les candidatures, et de traiter les réclamations.Le président pascal Affi Nguessan et le candidat pascal Affi Nguessan sont deux personnes juridiques différentes. Le candidat Pascal Affi Nguessan est un militant comme tout autre, et ce conflit aurait pu opposer n’importe quel cadre du parti au Comité de Contrôle. S’il considère qu’une décision d’un organe de son parti lèse ses intérêts, c’est son droit de saisir la justice pour les défendre. C’est cela l’État de droit. Il a ses principes, dont le principe de légalité, c’est-à-dire de conformité des décisions des personnes juridiques, individus ou organisations, aux règles juridiques.

N.V. : Cela ne pouvait-il pas être réglé à l’intérieur du parti, un parti qui prône le «Asseyons-nous et discutons » ?

P.A.N. : Pour comprendre l’option de la voie judiciaire dans le règlement de ce conflit, il est bon de savoir que le Comité de Contrôle du fpi dispose de deux types de compétences :1- des compétences de contrôle fixées par l’article 45 des statuts qui stipule que «le Comité de Contrôle vérifie la conformité des actes des organes du parti avec les textes fondamentaux». dans ce cadre, le Comité de Contrôle émet des avis, et, le cas échéant, peut demander la convocation d’un Comité central extraordinaire, sans que ces avis aient un caractère sus-pensif (articles 47 des statuts et 29 du règlement intérieur). 2- des compétences particulières, en matière électorale, fixées par l’article 18 alinéa 9 du règlement intérieur qui dispose que «les candidatures au poste de Président du Parti sont reçues par le Comité de Contrôle quarante-cinq (45) jours avant la date des élections et publiées dans les Fédérations dix (10) jours avant lesdites élections». En l’occurrence, cette disposition a été complétée et précisée, d’une part, par le bureau du Congrès qui a fixé, en concertation avec le Comité de Contrôle, la com-position du dossier de candidature à la présidence du parti, et, d’autre part, par une décision du Comité de Contrôle lui-même qui a fixé le calendrier du processus électoral, notamment la date limite de dépôt des candidatures, la période d’examen des candidatures, la date de publication de la liste provisoire des candidatures retenues, la période des réclamations et la date de publication de la liste définitive. De sorte qu’il apparaît clairement que,s’agissant de l’élection du président du fpi, le Comité de Contrôle s’est arrogé tous les pouvoirs de validation des candidatures.Or, dans ce cadre, j’ai respecté et épuisé la procédure interne. Le Comité de Contrôle a rejeté les réclamations que j’ai formulées après la publication de la liste provisoire. Il a confirmé sa première décision au mépris des dispositions pertinentes des statuts et du règlement intérieur que j’ai évoquées. Il a publié la liste définitive. De sorte qu’il n’y avait plus de possibilité de recours devant une instance interne. En plus, ce contentieux avait engendré et continue d’entretenir une atmosphère délétère au sein du parti et autour des deux candidatures.

N.V. : Une atmosphère délétère accentuée par la contestation de votre propre candidature…

P.A.N. : Bien sûr ! Pendant que je contestais la validité de la pseudo-candidature du président Laurent Gbagbo, sur des bases juridiques, mais aussi politiques, mes adversaires me harcelaient pour que je retire purement et simplement ma candidature. J’ai proposé à mes adversaires le report du congrès afin de pouvoir examiner et résoudre dans la sérénité cette question de candidatures. Ils ont refusé. Tous exigeaient la tenue coûte que coûte du congrès et le retrait de ma candidature. Ce que je ne pouvais accepter.Les jours passaient et nous entraînaient inexorablement vers l’affrontement au congrès. J’ai pris mes responsabilités, j’ai décidé de faire appel à la Justice pour obtenir d’autorité le report du congrès pour éviter le chaos et espérer trouver une solution apaisée à ce contentieux. D’où les trois actions judiciaires que j’ai intentées :- une assignation en annulation partielle de la décision rendue par le Comité de Contrôle ;- la saisine du président du tribunal pour voir ordonné le report du congrès, en attendant le résultat de l’assignation en annulation partielle ;- le dépôt d’une plainte contre inconnu pour faux et usage de faux. La plainte contre X pour faux et usage de faux vise à faire sanctionner un acte que je considère d’une extrême gravité : l’imitation de la signature du président Laurent Gbagbo pour soutenir une imposture. Que cela émane de personnes qui se disent militants du fpi ou proches du président Gbagbo ne peut pas et ne doit pas être toléré et rester impuni. Or, le principe même de la correspondance attribuée au président Gbagbo, le moment de son apparition, le style du message, le besoin de faire authentifier la signature et les résultats de l’expertise graphologique que j’ai fait effectuer manifestent le faux et l’usage de faux.Cela porte gravement atteinte à l’image, à la respectabilité et à la crédibilité du fpi et du président Gbagbo.C’est pourquoi ces faussaires doivent être démasqués et sanctionnés pour dissuader ces vils comportements et promouvoir la probité et l’honorabilité autour de nous.

N.V. : Finalement, est-ce que vous n’êtes pas entrain de crédibiliser la Justice qu’on a appelée «Justice des vainqueurs» ?

P.A.N. : «La Justice des vainqueurs», c’est l’instrumentalisation des magistrats et des lois de la république par les vainqueurs de la crise post-électorale pour réprimer leurs adversaires politiques.Mais la Justice est d’abord une institution, un organe de l’État chargé de faire appliquer les lois de la république, d’assurer l’ordre social et la sécurité publique, et de réguler la vie politique, économique et sociale. Sous ce rapport, la Justice s’impose à tous les citoyens, quelle que soit leur appréciation de sa qualité et de son fonctionnement. Dénoncer «la Justice des vainqueurs » n’est donc pas ostraciser, proscrire la Justice dans notre vie, mais refuser son instrumentalisation, appeler le pouvoir politique à respecter son indépendance et à travailler à son amélioration, et interpeller les magistrats sur leurs responsabilités dans la préservation de la paix, dans la promotion de la démocratie et du développement du pays. Ester en justice n’est donc pas cautionner «la Justice des vainqueurs », mais exercer un droit ; c’est adhérer et appeler à l’État de droit ; c’est demeurer dans la loi pour ne pas être hors-la-loi ; c’est demander qu’une violation de la loi soit sanctionnée pour dissuader les comportements déviationnistes afin que le préjudice subi soit réparé.

N.V. : Mais, Monsieur le Président, ce que certains vous reprochent, c’est que c’est à cette même Justice que vous avez critiquée à votre sortie de prison que vous confiez le règlement d’un problème aussi important qui engage la survie du Fpi ?

P.A.N. : C’est aussi cela l’attitude citoyenne. Le fait de critiquer la Justice ne veut pas dire qu’on la rejette. Nous critiquons le gouvernement, mais il est le gouvernement de la république. Nous critiquons le maire, mais il est le maire de la ville. Nous critiquons le député, nous n’avons peut-être pas voté pour lui,nous souhaitons même qu’il parte. Mais tant qu’il est là, il est le député de tous les habitants de la circonscription. Donc le fait de critiquer une institution ne veut pas dire qu’on la rejette et qu’on ne portera jamais devant elle aucune affaire. La critique est une chose et l’obligation citoyenne vis-à-vis d’une institution en est une autre.

N.V. : En portant plainte devant la Justice, vous avez parlé de forfaiture. Vos camarades estiment que vous accusez le président Gbagbo d’avoir commis un acte de forfaiture, ce qui en rajoute à la confusion…

P.A.N. : Le président Gbagbo n’a rien à voir avec ce procès qui résulte de nos palabres internes. L’action que j’ai engagée vise à l’annulation d’une décision du Comité de Contrôle. Le Comité de Contrôle a commis une forfaiture, c’est-à-dire qu’il a pris une décision sans tenir compte des textes, mais juste pour aider des camarades dont il partage le combat et qui ont besoin de la candidature du président Gbagbo pour éliminer un adversaire qu’ils craignent d’affronter. Le président Gbagbo n’est donc pas concerné par mon action.

N.V. : Pourquoi le président Gbagbo n’intervient-il pas pour mettre fin à ces dissensions ?

P.A.N. : Gbagbo n’a pas be-soin de parler pour que nous sachions que lui Laurent Gbagbo, tel que nous le connaissons, n’aurait jamais emprunté cette voie,celle de «l’appel de Mama»par quatre fédéraux, et d’un dossier de candidature contestable, si véritablement son intention est de reprendre la direction du fpi.Il sait à qui il a confié le parti en 2001. Il sait que ce parti a une direction composée de compagnons de longue date, toujours prêts à l’accompagner dans le combat politique pour les libertés,pour la démocratie et pour la refondation de la Côte d’Ivoire. pourquoi ce sont quatre fédéraux qui portent sa candidature à partir d’un appel depuis son village ? Gbagbo est trop grand pour une telle démarche.du reste, le président Gbagbo a dit en plusieurs occasions qu’il ne se voit pas en train de se «battre» avec Affi pour la présidence du fpi, après le parcours politique qui est le sien.«Quand on a été grand, on doit faire l’effort de le rester», disait-il. Tout le monde sait également qu’il a toujours dit qu’«on ne dirige pas un parti politique à partir de la prison». Et puis,pourquoi maintenant et pas en 2012 par exemple où le parti avait une direction intérimaire et cherchait ses marques ? autant d’éléments pour dire que le président Gbagbo a déjà parlé. Il n’est pas concerné par l’appel de Mama.

N.V. : Est-ce que vous seriez opposé par principe à une candidature du président Gbagbo et pourquoi?

P.A.N. : Oui ! pour moi,c’est une question de bon sens. Comment le président Gbagbo, actuellement privé de liberté, va-t-il gérer le parti, animer les organes du parti, parcourir le pays pour mobiliser les militants et redynamiser les structures de base, manifester quotidiennement la solidarité du parti aux militants et sympathisants affligés, faire le lobbying auprès des acteurs institutionnels, politiques et sociaux, organiser des conférences de presse,faire des interviews, rechercher des financements, etc.? Qui va faire ce travail à sa place ? pourquoi ce dernier doit-il le faire par procuration ? Et celui-ci aura-t-il la légitimité nécessaire et l’autorité suffisante pour conduire sérieusement le parti ? Ce n’est pas juste de me demander de manière cavalière et méprisante de«dégager». Dans le contexte actuel, quel avantage y a-t-il à confier la présidence du fpi au président Gbagbo ? Je n’en vois aucun. Ni pour faire avancer le dossier du président Gbagbo lui-même, ni pour accélérer la résolution des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Au contraire, une telle responsabilité expose le président Gbagbo aux aléas de l’action politique du parti et peut contribuer à alourdir son dossier judiciaire. Faire un tel choix, c’est décapiter politiquement le parti, affaiblir sa capacité d’action et programmer son déclin.

N.V. : Quand vous évoquez la situation du président Gbagbo,certains vous rétorquent que vous êtes aussi en liberté provisoire, donc un prisonnier en sursis…

P.A.N. : Ce n’est pas la même chose d’être en liberté provisoire que d’être en prison. La liberté provisoire est avant tout un régime de liberté. Voyez ce que j’ai pu faire depuis que je suis en liberté provisoire.Si le président Gbagbo était en liberté provisoire et en Côte d’Ivoire, le problème se poserait autrement, mais ce n’est pas le cas.

N.V. : Et pourtant Jean-Pierre Bemba, qui est aussi en détention à la Cpi, continue de présider son parti, le Mouvement de Libération du Congo(Mlc) ?

P.a.N. : Justement l’expérience du mouvement de Libération du Congo (mlc) de Jean-Pierre Bemba, lui aussi dans les liens de la détention à la Cpi depuis2007, doit nous enseigner.En 2006, le MLC était la première force politique de l’opposition en république démocratique du Congo(rdc), avec 64 députés et14 sénateurs. Aujourd’hui,ce parti est en déclin et traverse une crise profonde en raison de l’absence physique de son chef. il ne compte plus qu’une vingtaine de députés et se classe au cinquième rang.Chaque grand moment de la vie politique en RDC a été l’occasion de dissensions et d’affrontements au sein du MLC. La participation du MLC à la présidentielle de 2011 a mis le secrétaire général du parti et les partisans d’une candidature du MLC aux prises avec ceux qu’on pourrait appeler les«Bemba ou rien» :-José Makila Sumanda, ancien bras droit de Jean-Pierre Bemba a démissionné en avril 2011pour créer un nouveau parti, l’alliance des travailleurs pour le développement (ATD) ;-dans le même mois, François Muamba, secrétaire général du parti, a été évincé de son poste et remplacé par Thomas Luhaka. L’affaire a été portée devant la Justice, et François Muamba a dû se résoudre à quitter le MLC pour aller fonder l’alliance pour le développement et la république(ADR) en juillet 2011 ;-dans le même mois de juil-let 2011, les partisans de Jean-Pierre Bemba ont renouvelé son mandat à la tête du MLC pour cinq nouvelles années. ils l’ont désigné également candidat officiel du MLC à l’élection présidentielle de novembre2011, à laquelle il n’a pu participer, étant en détention ; -en réaction, Adam Bom Bole, chef du MLC de Kinshasa, a décidé de prendre part à la présidentielle entant que candidat indépendant, etc. En 2014, une nouvelle crise vient d’éclater après la nomination de trois hauts cadres du parti au gouvernement dit de «cohésion nationale» mis en place par le président Joseph Kabila après «les journées de concertation nationales », auxquelles le MLC a participé. Le secrétaire général, Thomas Luhaka, et deux autres cadres ont été exclus du parti. Mme Eve Bazaïba, députée, transfuge de l’UDPS d’Etienne Tshi sekedi, a été nommée secrétaire générale en remplacement de Thomas Luhaka. Mais ces décisions divisent le parti et beaucoup d’observateurs se demandent si le MLC pourra survivre à cette hémorragie de ses cadres.La disponibilité physique d’un leader est un élément capital de la santé politique d’un parti.

N.V : Vos adversaires disent que le président Gbagbo a besoin de «sa chose» pour organiser sa libération…

P.A.N. : Sa chose ? Le fpi n’est pas une «chose». C’est une organisation politique qui, d’après ses statuts, « rassemble en une union volontaire les femmes et les hommes épris de justice et de liberté, engagés contre toute forme de domination sur la Côte d’Ivoire et en Côte d’Ivoire». Il est vrai que l’histoire du fpi est inséparable de la lutte et du parcours héroïque du président Gbagbo pour les libertés et pour la démocratie en Côte d’ivoire. Mais ce serait une grave erreur d’appréciation de réduire le fpi à cette dimension et de nier le rôle moteur des militantes et des militants.pendant des années, ces «femmes et ces hommes»ont supporté la réprobation générale, l’ostracisme, les humiliations de toute nature, les intimidations administratives, les pressions familiales et tribales, toutes sortes de blessures physiques, morales et psycho-logiques, pour donner une assise au parti, pour le faire grandir et accéder au pouvoir d’État avec Laurent Gbagbo, son leader. Le fpi est le fruit de leur lutte, de leur sueur et de leur sang.

N.V : Le vice-président Abou Drahamane Sangaré a récemment déclaré qu’il a failli à sa mission de maintenir la cohésion au sein du Fpi et qu’il remet donc à Laurent Gbagbo son instrument.Quel commentaire ?

P.A.N. : Je prends acte de l’aveu de la faillite, de l’impuissance et de la résignation. J’en suis désolé et triste. Mais je suis obligé de marquer mon désaccord sur sa décision de «remettre à Laurent Gbagbo son instrument». D’abord, parce que, jusqu’à preuve du contraire, Sangaré n’est ni le président, ni le Congrès du fpi. Il sait ce que c’est qu’un parti politique. Il connaît l’histoire du fpi. Je ne comprends pas son propos. Ensuite, comment Gbagbo lui-même va-t-il qualifier une telle attitude dans une position où il a tant besoin d’un parti fort animé par des militants aguerris et déterminés ? Certains camarades n’arrivent pas à comprendre que Gbagbo est en prison et qu’il a besoin de nous.Certains ont tellement été habitués à vivre sous son ombre et son autorité qu’ils ont perdu tout esprit critique,tout sens des réalités et toute capacité d’initiative.C’est une véritable tragédie.

N.V. : Justement, quel est l’état de vos rapports avec le vice-président Abou Drahamane San-garé ? Il se raconte que vous refusez de le rencontrer. Qu’en est-il ?


P.A.N. : Je n’ai pas de problème particulier avec lui.C’est un aîné que je respecte, comme beaucoup de militants du parti d’ailleurs,même si nous ne partageons pas actuellement la même vision des choses.

N.V. : Le ministre Assoa Adou a déclaré il y a peu qu’il n’y a pas d’alternative à Gbagbo, que le Fpi n’est rien face aux pro-Gbagbo et qu’il y a même des pro-Gbagbo au Rdr et que ce sont ces pro-Gbagbo qui devraient continuer la lutte…

P.A.N. : Je place cette déclaration dans la catégorie des erreurs politiques que certains de nos camarades continuent de commettre.Le fait que de nombreux Ivoiriens, même des militants du rdr et du pdci,souhaitent la libération du président Gbagbo ne veut pas dire qu’ils ne souhaitent rien d’autre que ça, que leur vie ou leurs aspirations se limitent à ça. Ce sont des citoyens qui cherchent aussi à vivre leur vie. ils sont fatigués des affrontements, de la guerre et de l’instabilité ;ils veulent la paix, la sécurité, les libertés et la stabilité politique et sociale. Ils veulent que leurs enfants aillent à l’école, veulent pouvoir se soigner, avoir des emplois et des revenus consistants,avoir les infrastructures de qualité, avoir l’électricité dans leurs villages, etc.tout ça, ce n’est pas rien.Cela n’est pas en contradiction avec la lutte pour la libération du président Gbagbo. Donc, il ne faut pas confondre le désir de la grande majorité des ivoiriens de voir le président Gbagbo libre, avec une posture de «Gbagbo ou rien». Au contraire les deux types d’actions doivent aller ensemble. «Gbagbo ou rien» n’a pas de sens. Ce n’est pas un projet politique.

N.V. : Comment ça ?

P.A.N. : C’est un slogan.Pour quelques-uns, l’expression d’une douleur,pour beaucoup une hypocrisie, un fonds de commerce, une arme pour combattre le président du parti. Ceux-là étaient à l’investiture d’Alassane Ouattara en mai 2011. Ils lui ont écrit trois fois pour solliciter le dialogue politique. Ils ont été reçus en audience le 30 septembre2011 et ont engagé des négociations avec le gouvernement de janvier à mars2012. Ils ont perçu des perdiems au cours de ces négociations. À ce moment-là,ils ne disaient pas «Gbagbo ou rien». Gbagbo était le dernier de leurs soucis. Son cas figurait en trente et cinquième (35ème) position de leurs priorités dans leur matrice d’actions. Celle-ci était centrée sur «la mobilisation des militants en vue des séchéances électorales de2015» (axe prioritaire n°2),pour lesquelles la mise en place des organes électoraux du parti et la désignation du candidat du parti étaient programmées pour avril 2014. depuis que j’ai repris les rênes du parti, ces mêmes camarades ne veulent plus de la participation du fpi aux élections de 2015. Ils ne veulent plus de dialogue politique. Ils ne veulent plus entendre parler de la communauté internationale, etc.Ce n’est pas sérieux et les militants du fpi commettraient une grosse erreur d’accorder leur confiance à ces frondeurs. Ils n’ont aucun projet ni pour la libération du président Gbagbo,ni pour le parti et ses militants, ni pour la Côte d’Ivoire. Il faut donc dire «Gbagbo et la Côte d’Ivoire». En même temps que nous luttons pour la libération du président Gbagbo, il faut que nous nous battions pour l’ensemble des Ivoiriens qui souffrent et qui aspirent à des changements fondamentaux dans ce pays.

N.V. : Monsieur le Président, il vous est reproché de ne pas avoir de contact avec le président Gbagbo depuis votre sortie de prison. Envisagez-vous un voyage à La Haye si l’Onu lève votre sanction ?

P.a.N. : C’est une question qui m’a toujours gêné, étant donné la nature du dossier du président Gbagbo. J’ai toujours craint qu’une communication trop tapageuse sur les contacts entre le président Gbagbo et le président du fpi ne nuise à ses intérêts. Dans les circonstances actuelles, la discrétion est aussi un moyen de progresser. Mais, étant donné le harcèlement dont je suis l’objet sur cette question, je dois dire que j’ai des contacts avec leprésident Gbagbo. Par des canaux, j’ai reçu des messages et j’en ai transmis : À l’occasion de ma tournée à Gagnoa, pendant la crise du rgph, pendant la crise du réaménagement du secrétariat général, à la suite du décès de Mme Gado Marguerite, avant le dépôt de ma candidature à la présidence du fpi, etc. Mais,en même temps, je dois avouer que ces contacts ne sont pas très fiables. Les personnes en question ont leurs propres motivations et leur propre agenda qu’elles servent de façon manifeste en instrumentalisant leur proximité avec le président Gbagbo. La question d’un voyage à La Haye ne se pose donc pas. C’est un devoir et une nécessité à satisfaire dès que possible.

N.V. : Vos adversaires soutiennent justement que c’est parce que vous êtes sous sanction de l’Onu que vous êtes prêt à toutes les compromissions possibles avec la communauté internationale et le régime Ouattara…

P.A.N. : Les sanctions de l’ONU ne datent pas d’aujourd’hui. Le 22 avril 2011,lorsque je faisais les déclarations qui m’ont conduit en prison, j’étais sous sanction de l’ONU. Pendant que j’étais en prison, j’étais encore sous sanction de l’Onu. Donc ce n’est pas nouveau. Ma démarche n’a pas varié depuis le déclenchement de la crise post-électorale, et même avant.J’ai toujours milité pour les solutions politiques aux problèmes politiques, ce qui implique le dialogue et la négociation politiques. Relisez mes déclarations des13 et 22 avril 2011.

Interview réalisée par
BamBa Franck Mamadou
Augustin Kouyo,
Didier Dépry
et Guillaume Gbato
In Notre Voie


Mercredi 14 Janvier 2015
Lu 652 fois
La Dépêche d'Abidjan



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1.Posté par sohotahouo de duekoue le 14/01/2015 18:26 (depuis mobile) | Alerter
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Affiiiiiiiiiiiii ca sufit.tu es trop fort ferme la . de quoi tu parles depuis qui ne finit pas.Affiiiiiiiiiii.ferme la on te demande simplement de prendre tes bagages et cole nous la paix.c est tout. toi , gossio, amani n.guessan et autres vous etes des sorciers.









2.Posté par Kefaya le 15/01/2015 16:04 | Alerter
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On n'as pas besoin de tes déclarations d'avril 2011, nous on s'en tient à celles d'aujourd'hui. Et ces déclarations prouvent que tu as dévié.

3.Posté par Kefaya le 15/01/2015 16:11 | Alerter
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Affi N'guessan ou le clown du FPI

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