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PRESSE - AFFAIRE CORRUPTION - TRAORÉ MOUSSA Répond à ASSALÉ TIÉMOKO


PRESSE - AFFAIRE CORRUPTION - TRAORÉ MOUSSA Répond à ASSALÉ TIÉMOKO
Le 1er février 2014, Assalé Tiémoko était l’invité de Radio Nostalgie. Pendant une heure, il a trainé le président statutaire de l’Unjci dans la fange et dans la boue. Usant de son droit de réponse, Traoré Moussa était sur Nostalgie, le 8 mars face à Yves de Mbella, Élysée Dangui et Moses Djinko. Le site www.lepointsur.com a décidé retranscrire l’essentiel de cette interview-document.

Yves de M’Bella : Comment les gens t’appellent actuellement ? Sens-tu de la raillerie, un peu d’hypocrisie dans le regard des gens?

Traoré Moussa : On me dit, président en congé. Je constate plutôt que mes confrères ne croient nullement à tout ce qui se raconte sur moi.

Yves de Mbella : T’ont-ils appelé ?

Traoré Moussa : Si vous faites bien attention, vous constaterez qu’en Côte d’Ivoire, il y a 24 quotidiens et 44 hebdomadaires et bihebdomadaires. Depuis que je suis cité comme complice dans cette affaire de tentative de corruption, aucun journal n’a encore écrit une seule ligne contre moi. Aucun éditorialiste n’a encore écrit contre moi. C’est un message et un signal forts.

Moses Djinko : N’est-ce pas parce que tu es trop lié à ces gens, tes potes, tes amis, qui ne veulent pas ajouter la virgule de plus, pour enfoncer le clou ?

Traoré Moussa : Non pas du tout. Vous savez que dans notre profession, l’éthique et la déontologie sont des choses avec lesquelles on ne badine pas. Si moi le président des journalistes de Côte d’Ivoire, suis un corrupteur de journaliste, l’affaire est trop grave pour que l’ensemble de mes confrères ferment les yeux là-dessus.

Moses Djinko( Life) : C’est la première fois que je parle de cette affaire, même en aparté, je ne l’ai jamais fait. Est-ce que pour qu’on en arrive là, quelque part, il n’y a pas de traçabilité dans cette affaire ? Sans argument peut-on vous accuser d’avoir tenté de corrompre quelqu’un ? Je me pose la question ?

Traoré Moussa : Merci pour la question, mais permettez que je m’acquitte d’un devoir avant d’entrer dans le vif du sujet, celui de présenter mes excuses à mes amis, à mes frères qui sont affectés par cette affaire. Je présente mes excuses à mes confères qui m’ont porté à la tète de l’Unjci à plus de 71% des voix. Une élection où il n’y a eu aucune crise postélectorale. Cela signifie qu’on se connait tous. J’ai une histoire avec chacun d’eux. Avant l’émission, j’ai donné la décision du Cnp à votre avocat français que j’ai rencontré ici qui ne sait rien de nos affaires locales. Quand il a fini de lire, il a souri. Il a découvert que cette décision n’est pas fondée en droit.

Yves de Mbella : Est-ce que tu es libre de parler après la sanction?

Traoré Moussa : Bien sûr que je suis un homme libre. C’est volontairement que j’ai décidé d’observer le silence pendant plusieurs semaines. Mais, de quoi s’agit-il dans cette affaire ? Moses Djinko demande des preuves. Mais Assalé Tiémoko qui m’accuse était ici avant moi dans ce studio. Il vous a dit qu’il n’a pas vu la couleur de l’argent dont on parle. Moi-même qui vous parle, je n’ai pas touché à de l’argent.

Elysée : Est-ce que tu es allé vers Assalé Tiémoko pour une démarche ? Peux-tu mettre ta main sur le Coran ? Pourquoi tu es tu es venu avec ce livre Saint ?

Traoré Moussa : Je suis venu avec ce Coran pour que Dieu me protège afin que je ne dise pas de contre-vérités sur quelqu’un au cours de cette émission. Cela dit, je sais que vous êtes friand de sensationnel, mais il faudrait que vous me donniez deux ou trois minutes pour expliquer ce qui s’est passé. Sinon, si on saute du cop à l’âne de façon, je sortirai d’ici sans que les Ivoiriens ne sachent réellement ce qui s’est passé.

Moses Djinko : Calmement donc, dites-nous ce qui s’est passé ?

Traoré Moussa : C’est ma propension, en tant que président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire, à me comporter comme un chef de village qui règle tous les problèmes qui m’a mis dans cette affaire. Quand un journaliste part pour un séminaire de deux jours à Yamoussoukro où à Bouaké et qu’après quatre jours, on ne le voit pas, son épouse se pointe devant moi à l’Unjci. Me saisissant du dossier, je donne un peu d’argent à l’épouse pour la popote et je prends en charge les problèmes des enfants s’il y en a. De même, j’étais en train de régler le problème d’un journaliste d’Abidjan Sud qui a grugé une dame dans une affaire de Visa portant sur une somme de 800.000f lorsque j’ai été surpris par cette affaire d’Assalé Tiemoko. Alerté par la police, j’ai couru au 20eme arrondissement, et j’ai convoqué le journaliste en question et je lui ai remis un peu d’argent pour qu’il commence à rembourser l’argent de la Dame sinon cette affaire risquait d’éclabousser toute la presse. Je suis en train de dire que ce sont des choses comme ça que je règle au quotidien. Je me mêle à tout en tenant compte du contexte sociologique. Si j’avais été le président de l’Union des journalistes de France, je ne serai pas ici aujourd’hui, en train de parler de cette sordide affaire. Même l’homme qui m’accuse, Assalé Tiémoko, je l’ai aidé à deux reprises. Une fois son directeur de publication et son rédacteur en chef ont été convoqués manu militari par le ministre de la Défense à la Brigade de recherches de la Gendarmerie. Le ministre se plaignait du fait que toutes les lettres qu’il écrivait à ses officiers supérieurs se retrouvaient dans l’Eléphant Déchainé. Il a fait cuisiner les journalistes du matin jusqu’au soir en vue de savoir la personne qui faisaient sortir ses courriers. Assalé m’a appelé pour solliciter mon intervention. J’ai alors appelé le ministre de la Défense pour demander pardon et lui promettre de venir avec Assalé devant lui pour que nous puissions régler cette affaire. Quelques jours après, nous avons été reçus par le ministre qui a montré à Assalé les textes qui régissent la corporation des journalistes, notamment le secret défense et autres règles sur la publication d’information de type militaire. Assalé a bien compris la leçon puisqu’il ne connait pas les règles de notre métier et il refuse d’apprendre. Il ne sait pas quelle information il faut publier et celle qui ne le mérite pas.
Trois semaines après cette intervention, Assalé m’appelle et m’informe qu’il doit se rendre dans son village mais qu’il a besoin de moyens. Il me demande d’aller, selon ses propres termes, voir mon camarade ministre de la Défense pour l’aider.

Yves de Mbella : Est-ce que tu assumes cela président ?

Traoré Moussa : Je l’assume pleinement puisque ce n’est plus secret. Lors de la confrontation devant le CNP, devant 12 personnes et devant Alafé Wakili, Raphael Lapké a posé la question à Assalé Tiemoko pour lui demander si effectivement il m’avait demandé d’aller chercher des moyens chez le ministre de la Défense pour lui. Il a reconnu et je le cite : « Oui, je le reconnais ». Je mets la main sur mon coran pour le certifier. Parlons un peu comme le vieux Menekré. Toi, tu es directeur général d’un journal, tu emploies des gens, mais pour te rendre dans ton propre village pour aller voir tes père et mère, tu appelles le président de l’Unjci pour lui demander d’aller chercher des moyens chez le ministre de la Défense. J’ai répondu qu’en tant que président de l’UNJCI, il y a des missions que je ne pouvais pas faire. Néanmoins, je lui ai demandé de venir me rejoindre à la salle de conférence des affaires étrangères où la Première Dame Dominique Ouattara recevait Mme Chantal Compaoré. Ce jour là, Assalé Tiémoko a tourné autour des affaires étrangères pendant trois heures, de 10 h à 13h. A la fin, de la cérémonie il m’a rejoint, j’ai mis la main dans la poche et j’ai remis à Assalé ce que j’ai trouvé.

Yves de Mbella : Peut-on savoir c’était combien ?

Traoré Moussa : C’était 50.000 f CFA. Mais, je lui ai donné cette somme parce que je pensais qu’il venait de loin. Je me dis Tiémoko, c’est comme Tiemoko Yadé donc Boundiali. Assalé c’est vers Bondoukou. Si je savais qu’il venait de Tiassalé je ne lui aurais donné que 10.000f CFA parce que c’est largement suffisant pour aller et revenir de cette localité.
Je lui ai demandé de passer plus tard me voir à la maison de la presse pour voir ce que je pouvais faire pour lui. Quelques jours après, il est venu me voir et là, je lui ai donné encore 50.000f cette fois en bon d’essence. Je lui ai dit que je n’ai pas fait sa commission au ministre mais qu’il pouvait considérer que je lui donné ce carburant au nom du ministre avec qui j’entretiens des rapports fraternels de longue date qui vont au delà des relations de ministre et de président d’UNJCI.

Elysée : Le ministre vous a certainement remboursé ce carburant ?

Traoré Moussa : Non pas du tout. Je n’ai pas pris cinq francs avec le ministre. Ce ministre est à Abidjan vous pouvez l’approcher pour vérifier. En tant que président de l’Unjci, j’ai un budget et j’ai du carburant pour assurer le fonctionnement. On le voit, pour parler comme les Ivoiriens on dira qu’Assalé a bouffé mes 100.000f. cfa

Yves de Mbella : Président, qu’est ce qui n’a pas marché entre vous ?

Traore Moussa : C’est ce que j’essaie de comprendre. Je pense qu’il est en mission pour me détruire. Parce que si ce n’est pas le cas, c’est difficile à comprendre qu’on s’attaque de cette façon à quelqu’un qui vous a rendu ce genre de services. Mettons-nous d’accord sur la notion de corruption. Je prends ma voiture, et j’emprunte la route Bassam. Au corridor d’Adjoufou, le policier me contrôle et découvre que mon assurance n’est pas à jour. Je donne deux mille francs et je passe. Ça, c’est la corruption. La seconde fois, j’arrive au même endroit. On me contrôle. Toutes mes pièces sont en règle. Quand le policier me dit de partir, je lui tends un billet, content du bon boulot qu’il fait. Est-ce que là, j’ai corrompu l’agent ? Non. Avec Assalé, c’est exactement le deuxième cas de figure. Un soir, j’ai appelé Assalé Tiémoko à la demande de mon ami que vous savez.

Yves de Mbella : Tu peux dire son nom, ici n’y a rien à cacher.

Traoré Moussa. C’est Alafé Wakili. Il était à Paris quand il m’a demandé ce service. C’est comme si Yves Zogbo Junior depuis Paris appelle Yves de Mbella pour lui demander de voir son camarade Moses Djinko pour lui demander de mettre balle à terre car son journal Life est trop acharné sur son artiste Fadal Dey, par exemple. Ça c’est une pratique courante dans notre métier et il n’y a pas un seul journaliste qui peut me regarder droit dans les yeux pour me dire qu’il n’a jamais demandé un tel service à un de ses collègues. Quand j’ai demandé ce service à Assalé Tiemoko, il ne m’a pas demandé de l’argent, et je ne lui ai rien proposé en contrepartie. Ce jour là, il n’a nullement été question d’argent entre nous. La corruption ce n’est pas l’aumône, quand on le fait pour en tirer des avantages.

Elysee : Est-ce que tu es le laquais de Alafé ?

Traoré Moussa : Non. Mais si Yves Zogbo Junior Appelle Yves Mbella pour lui demander un service est-ce que cela signifie qu’il est son laquais ?

Yves de Mbella : Il parait qu’Alafé fait partie de tes soutiens financiers pour arriver à la tête de l’Unjci…

Traoré Moussa : Pas du tout. Je vous ai dit lors de mon dernier passage à Nostalgie, à la veille des Ebony, que si quelqu’un se souvenait m’avoir financé, qu’il appelle pendant que je suis assis là. Pour financer cette campagne, j’avais bloqué un compte en 1997 que j’ai cassé en 2012. Je n’ai eu besoin de l’aide de personne pour ma campagne.

Intervention de Me Diallo, Avocat au Barreau de Bayonne (France)

Comme j’ai été interpellé tout à l’heure par la décision que vous m’avez donnée pour lire. J’ai lu la notification du CNP, mais par principe je ne commente pas ces décisions d’autant plus que je ne suis pas en Côte d’Ivoire et je ne connais pas l’affaire. Mais, il m’a été demandé s’il m’arrivait de me révolter. Je tiens à rappeler que l’historique de ma profession c’est qu’un jour quelqu’un s’est levé pour défendre quelqu’un en difficulté. J’avoue que cette décision du Cnp est un peu surréaliste pour moi. Je connais l’émission, mais c’est un peu surréaliste pour moi. J’aimerais qu’un jour en Côte d’Ivoire on tienne compte de certains principes qui sont quand même internationaux, comme par exemple, le principe de la présomption d’innocence. Ce n’est pas l’accusé qui doit rapporter la preuve ce qu’on lui reproche. C’est à l’accusateur de rapporter la preuve, c’est très important. Si effectivement ce monsieur est victime d’une décision de sa corporation. Je tiens à dire grosso modo qu’il a été suspendu, moi j’ai lu cette décision et je n’ai pas vu d’éléments de preuves particuliers. Cela dit, je ne connais pas donc l’affaire. Je le vois acculé, en difficulté. Il appartient à tous ceux qui lui reprochent des choses de mettre sur table ou alors de faire une enquête très sérieuse, très documentée, pour le mettre en difficulté voir le radier s’il le faut, mais au fond je n’ai pas vu ces éléments-là de preuves et cela m’embête.
Une présomption d’innocence n’est pas une présomption de culpabilité. On est présumé toujours innocent, celui qui vous accuse doit rapporter la preuve contraire. Tant qu’on ne l’a rapporte pas, on oblige lui, à prouver qu’il n’est pas innocent. Là, c’est un principe international et sur ce point-là, il faut arriver à ce genre de choses-là dans ce pays (Ndlr : La Côte d’Ivoire) pour se mettre au diapason des autres pays. Je voulais intervenir là-dessus et dire ça. Si on l’accuse, ce n’est pas, encore qu’on n’est dans un pays laïc, sur la bible ou le coran qu’on doit mettre la main et dire des choses, c’est ceux qui accusent qui rapportent les preuves. Amener des témoins plus précis (on est dans un monde très ouvert aujourd’hui, il y a des nouvelles technologies etc. si ce monsieur est victime de quelque chose de grave, il faudra la rapporter.
………………………..
Traoré Moussa : Il y a un point de la déclaration du CNP (Ndlr : Conseil National de la Presse) que les auditeurs doivent connaître. Quand ils ont pris leur décision, leur seule preuve se résume au point 23 de leur notification. Voici ce qui dit ce point : « Qu’ayant indubitablement perçu des contreparties pour l’accomplissement de leur mission auprès de Monsieur Assalé Tiémoko, les journalistes Alafé et Traoré ont également, transgressé l’article 12 du code de déontologie« .
Aucun homme de droit ne peut lire ceci et rester indifférent, nous ne sommes pas à l’église ou à la mosquée où on va dire, on a « indubitablement perçu » .Non, on est en droit ! On affirme que tu as perçu 100 mille FCFA ou 200 mille FCFA, mais on ne dit pas sans preuve que tu as « indubitablement perçu des contreparties pour l’accomplissement».Ça ne signifie absolument rien. C’est la seule preuve contre moi, ya problème.

Elysée : Ya-t-il eu promesse de don ?

Traoré Moussa : Je n’ai pas perçu 5F dans cette affaire. Je dirai même que je n’ai perçu aucun centime dans toute cette opération. C’est pour cela que je dis que la corruption, ce n’est de l’aumône on le fait toujours pour en tirer des avantages.
L’avocat au barreau de Paris précise : Cela dit, je précise aussi ma pensée. Vous savez que la corruption c’est un délit et les règles déontologiques sont d’autres choses. Si dans votre déontologie vous n’avez à faire certaines choses, encore une fois, ça peut ne pas être un délit, c’est-à-dire vous vous rapprochez de certaines personnes pour avoir des faveurs, si c’est contraire à votre déontologie dans ce cas vous devez être sanctionné par votre corporation. Cela ne veut pas dire pour autant que c’est un délit. Ce n’est pas forcément une corruption. Mais effectivement, vous pouvez enfreindre une règle déontologique qui n’est pas forcément un délit. Mais la corruption est un délit. Je voulais quand même faire la différence entre les règles déontologiques et la corruption, deux choses complètement différentes.

Traoré Moussa : Merci maitre pour votre éclairage. Mais, je suis poursuivi pour corruption. Alors d’où vient cette affaire d’argent ? Mon ami Alafé qui était en France m’appelle une semaine après que j’ai demandé à Assalé Tiémoko de chercher à équilibrer toute information concernant Mme Kaba Nialé avant publication. Il me dit que son comptable allait m’envoyer 500.000f pour Assalé Tiemoko, le temps qu’il arrive pour voir comment mettre un contact à sa disposition afin qu’il puisse chaque fois lui donner la version du ministère de l’Economie et des finances.
Quand je suis arrivé au bureau de Assalé Tiémoko, j’ai lui ai dit à ceci : « jeune frère je t’ai demandé un service celui d’attendre d’avoir la version du ministère de l’Economie et des Finances et tu as accepté donc, il y a un émissaire qui est en route pour te remettre lui-même 500.000f. Il m’a répondu, grand-frère laissons cette affaire d’argent et puis je peux te rendre ce service ». C’est comme ça que devant Assalé Tiémoko et son Directeur de publication, j’ai pris mon téléphone pour dire à l’émissaire d’Alafé qui venait de retourner remettre l’argent à ses origines. Devant le CNP, Assalé Tiémoko a reconnu que les 100% d’argent qui était en route sont repartis.

Elysée : Es-tu allé voir Assalé Tiémoko en tant que Traoré Moussa ou alors en tant que président de l’UNJCI ?

Traoré Moussa : On ne peut pas dissocier Traoré Moussa du président de l’UNJCI.

Elysée : Est-ce que la déontologie et l’éthique du journalisme te permettent en tant que président des journalistes de Côte d’Ivoire d’aller voir ton confrère pour lui demander de mettre balle à terre ou d’équilibrer l’information…

Traoré Moussa : Je ne suis pas allé voir Assalé Tiémoko pour lui dire de ne plus écrire sur Madame le ministre de l’Economie et des Finances. Je lui ai dit que désormais s’il doit écrire sur elle, il faudrait qu’il équilibre l’information.

Elysée : Non ! Tu n’as pas le droit puisque l’Olped est là pour ce genre de choses.

Traoré Moussa : Je me demande finalement si toi tu es journaliste ?

Elysée : C’est la question que tu me poses aujourd’hui ?

Traoré Moussa : Oui, dans la mesure où je viens de te dire qu’en tant que président de l’UNJCI ce sont des problèmes similaires que je règle au quotidien et que la déontologie du métier de journaliste exige que je demande à mes confrères d’équilibrer l’information.

Moses Djinko ( Life): Demander à un organe pas de mettre balle à terre, ou même d’équilibrer l’information, c’est quoi ?

Maître au barreau de Bayonne (France) :
Être bon journaliste ce n’est pas celui qui a les diplômes, c’est celui qui donne la bonne information. La bonne information c’est l’information qui est équilibrée. Deux personnes qui sont impliquées dans une situation, tu présente les deux situations et tu les juxtapose. C’est cela équilibrer l’information.

Yves de Mbella : As-tu cherché à rencontrer Assalé Tiémoko ?

Traoré Moussa : Oui. Bien avant la sanction du CNP, je suis allé voir Assalé Tiémoko avec Yves Abiet qui est un membre de mon Conseil exécutif de l’UNJCI. Je suis allé le voir pour comprendre cette affaire de corruption. A la question de savoir quelle est cette histoire de corruption qu’il est en train de me coller, il m’a dit qu’avant que je n’arrive le voir, un de ses « contacts »au ministère de l’Economie et des Finances l’a joint pour lui dire que Madame Kaba Nialé a déboursé 5 millions FCFA. Quand nous nous sommes rendus au CNP pour la confrontation, je lui ai posé la question de savoir qui, du ministère de l’Economie et des Finances l’a appelé pour lui dire que Alafé Wakili a perçu 5 millions FCFA parce que moi, je partais rendre un simple service, je ne suis au courant de rien.
En présence de Yves Abiet Maurice, Assalé Tiémoko m’a dit que c’est parce Alafé a perçu 5 millions qu’il a refusé les 500.000f qui venaient. Il refusait qu’on s’engraisse sur son dos.

Yves de Mbella : Il s’attendait donc à recevoir une somme de 5 millions…

Traoré Moussa : Bien sûr. Devant le CNP, on lui a demandé de donner le nom de la personne qui l’a informé pour qu’on puisse remonter la filière, il a refusé. Croyez-vous que devant une autre juridiction, il peut refuser de donner le nom de cette personne ?
Plus grave, il a soutenu partout et dans son journal qu’il m’a enregistré quand je suis allé le voir. En mon absence, devant le CNP, il a fait écouter la bande sonore. En ma présence, il m’a chargé pendant une heure sans verser l’enregistrement au dossier. J’ai alors demandé qu’on me fasse écouter la bande audio pour la certifier, il a refusé. Vous savez qu’avec les NTIC on peut transformer un bonjour en bonsoir. On me refuse le droit d’écouter un enregistrement qu’on a utilisé contre moi et qui a été distribué à tous les ambassadeurs en Côte d’Ivoire. Vous savez aujourd’hui, ce qui se passe en France avec les enregistrements clandestins. On m’a refusé un principe élémentaire du droit.
Quand Assalé Tiémoko est venu ici, il a soutenu devant vous qu’il est blanc comme neige qu’il ne rackette personne. Pendant qu’il disait cela, j’ai reçu un papier dans lequel il rançonne les opérateurs économiques (je vous montre le contenu). Societé nouvelle édition de Côte d’Ivoire, Eléphant Déchainé, fiche de contribution pour investigation hors rédaction, nature du dossier, Montant… Bref. ça montre le vrai visage de l’homme.
Assalé Tiémoko est venu ici vous dire qu’il avait des dossiers qui auraient pu lui rapporter 200 millions FCFA s’il avait accepté de se laisser corrompre. Quand un journaliste vous regarde droit dans les yeux pour vous tenir un tel discours, vous auriez dû sauter de votre siège. Vous avez le devoir de protéger vos auditeurs et ne pas laisser pas passer de tels mensonges sur vos antennes. Toi, Moses Djinko qui a plus de 20 ans de métier dans la presse, te souviens-tu d’avoir raté un jour 10 millions de francs parce que tu as refusé de tremper dans une combine ?
Quand je regarde Assalé Tiémoko, je vois en face de moi, Tapé Koulou. Il a les mêmes pratiques que lui. Chaque semaine, il fait des annonces de dossiers dans son journal pour les besoins qu’on sait tous. La différence entre Tapé Koulou et lui, est que quand Tapé Koulou est à votre secrétariat, vous savez à quoi vous attendre. Alors que, quand Assalé Tiémoko arrive vous voyez quelqu’un qui a l’air calme et bien élevé mais c’est un poison. Après avoir échoué trois fois au concours d’entrée à l’école de magistrature, il a dit sans preuves que les magistrats sont corrompus c’est pour cela qu’il n’a pas été déclaré admis. Comme on le dit en Côte d’ivoire, pour les magistrats ne reste pas l’étranger, c’est pour cela qu’ils l’ont foutu en prison pour 12 mois. Ce sont les mêmes accusations de corruption qu’il fait contre moi. Il n’a pas changé. Et ce sont les mêmes mensonges d’accusation de corruption qui continuent.

Elysée : Alafé vient d’envoyer un SMS pour dire qu’il ne t’a pas envoyé…

Traoré Moussa : Alafé dit qu’il ne m’a pas envoyé. Moi, je dis qu’il m’a envoyé. Mais, au stade où nous en sommes, cela n’a plus d’importance puisque ce débat a déjà eu lieu devant le Cnp. En m’envoyant, Alafé ne voulait pas faire du mal à Assalé Tiémoko(..). Dans toute chose, il y a des contradictions. Il y a la contradiction principale et les contradictions secondaires. Je voudrais me concentrer sur la contradiction principale. La contradiction principale c’est : Est-ce que je suis allé tenter de corrompre Assalé Tiémoko ?
A cette question le président du CNP, Raphaël Lakpé répond implicitement dans Fraternité-Matin du mercredi 5 mars 2014 »Le président de l’UNJCI s’est trouvé malheureusement, au mauvais endroit. Il récolte tout ce qui a été semé par les journalistes ». C’est la personne qui m’a condamné qui soutient cela. Je remets ce journal à Maitre Oure Diallo, l’avocat de Bayonne, votre invité. Il avait dit tout à l’heure que, « la corruption suppose qu’il y a un corrupteur et un corrompu ». Regardez l’extrait que j’ai entouré. Dans le même journal, celui qui m’a condamné dit : »la ministre de l’Economie et des Finances n’est nullement impliquée dans cette affaire« . Maintenant, moi je suis poursuivi pour quoi ? Quelle est la base légale de la poursuite ? Je suis donc allé tenter de corrompre un journaliste en faveur de qui donc ? Vous-même, vous écrivez dans votre déclaration que vous n’avez pas pu établir la responsabilité de madame la ministre de l’Economie et des Finances malgré cela vous m’incriminez. Qu’on me dise exactement sur quelle base je suis poursuivi dans la mesure où il n’y a ni base matérielle, ni base légale encore moins juridique. Je ne me reconnais pas dans l’accusation de complicité de corruption. En tant que fils de pauvre, je n’ai pas besoin de beaucoup d’argent pour vivre. Yves de Mbella, vous qui êtes un grand animateur, m’avez-vous rencontré une seule fois dans un maquis, une boite de nuit où à un de vos nombreux concerts. Si j’étais porté sur l’argent je n’aurais jamais permis à quelqu’un d’autre de siéger en mon nom au Cnp là où, on est payé à 800.000f par mois. C’est ridicule d’insinuer que quelqu’un qui vient de dépenser 100 millions de francs dans Ebony soit allé tenter de corrompre, pendant le même mois, un journaliste pour percevoir des commissions sur un montant de 500.000f. Chers frères, ouvrez les yeux. Assalé Tiémoko est en mission pour me détruire. Tenez-vous bien, au cours de notre confrontation, il a inventé de toutes pièces, une histoire dans laquelle je l’aurais encore appelé pour le compte du ministre des Affaires étrangères Diby Koffi. Alors de toute ma vie, je n’ai jamais eu affaire à ce ministre ni à aucun membre de son cabinet ou de son entourage. S’ils sont à l’écoute et que l’un d’eux se souvient avoir parlé une seule fois avec moi, que la personne appelle ici pour témoigner.

Yves de Mbella : Qu’est-ce qui te fait le plus mal dans cette affaire ?

Traore Moussa : Ce n’est pas Assalé Tiémoko qui m’écœure le plus. C’est l’attitude de certaines personnes que je considérais comme des frères. Aujourd’hui, je sais comment marcher. Je sais qui est mon ami et qui ne l’est pas. Quand je n’arrivais pas à dormir durant les trois premiers jours de cette affaire, je me suis rappelé du Saint Coran écrit en français que m’avait offert le ministre Essy Amara. Grâce à Assalé Tiémoko, j’ai fini de lire ce Coran. Et je lui dis infiniment merci pour ça.

Yves de Mbella : Il parait que Habiba Dembélé et son bureau de l’UNJCI t’ont décerné un blâme après la sanction du CNP ?

Traoré Moussa : J’en ai entendu parler. Mais, je n’y accorde pas grande importance.

Yves de Mbella : Est-ce que tu as rencontré Habiba ?

Traoré Moussa : Bien sûr, on se voit, on échange beaucoup de messages. Je n’ai pas de problème avec elle. C’est moi-même qui l’ai nommée vice-présidente de l’Unjci.

Yves de Mbella : Regrettes-tu de t’être mis en congé ? On t’a obligé à te mettre à l’écart ?

Traoré Moussa : Pas du tout ! Personne n’a le pouvoir de me démettre. Pourquoi vais-je regretter étant donné que c’est moi-même qui en toute responsabilité ai décidé de me mettre en congé alors qu’aucune disposition de nos textes ne m’y obligent. Certaines personnes m’ont même demandé pourquoi je me mets à l’écart, puisque dans 6 mois on me remettait ma carte.

Elysée : Il parait que tu n’as pas rendu la voiture de service de l’Unjci, et qu’elle serait entre les mains de ton épouse…

Traoré Moussa : De quoi tu parles, toi ? Mon épouse a sa voiture. La petite voiture de l’Unjci estlà. Elle a ses règles d’utilisation. Elle est réservée au président élu par les journalistes. Lors de la passation des charges, j’ai dit que je demeure le président statutaire de l’Unjci donc elle est là.

Yves de Mbella : Que comptes-tu faire après la peine de 6mois ?

Traoré Moussa : Ça, c’est un autre débat. Laissez-moi purger ma peine en toute dignité et après, j’aviserai.

Propos retranscrits par Seriba Koné
Lundi 24 Mars 2014
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La Dépêche d'Abidjan



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