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Menace sur la bonne gouvernance sous le pouvoir - Cumul des postes/Ministres et députés, des cadres RHDP s’apprêtent pour les municipales

Le prochain scrutin municipal en Côte d’Ivoire va enregistrer la candidature de cadres issus du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démo- cratie et la paix) qui ont ac- tuellement le double statut de ministre et Député. Un cumul de postes qui présage d’une in- terrogation sur la politique de bonne gouvernance prônée par le Chef de l’Etat, SEM Alas- sane Ouattara, avant son avè- nement au pouvoir d’Etat. La bonne gouvernance sous Ouat- tara est-elle vraiment en dan- ger ? Hommes politiques et ac- teurs de la société civile font un diagnostic.


Menace sur la bonne gouvernance sous le pouvoir - Cumul des postes/Ministres et députés, des cadres RHDP s’apprêtent pour les municipales
DES CADRES DU RHDP qui ont mouillé le maillot pendant la lutte du respect du verdict des urnes et qui n'attendaient que les élections muni- cipales pour avoir leur part du gâteau et être soulagés, sont inquiets. Et même menacés par les ténors de cet- te coalition politique ayant porté le Pré- sident Ouattara à la magistrature su- prême. Leurs adversaires, ce sont les privilégiés du nouveau pouvoir qui sont pour la plupart ministres et députés. Ces gâteaux sont loin de les conten- ter. Ils veulent y ajouter le poste de Maire. Si les uns affûtent dans le se- cret leurs armes, les autres ont déjà dé- claré leur intention de se jeter dans la bataille de cette compétition électo- rale locale. Sur cette liste, l’on note le ministre de la Promotion de la jeunes- se et du Service civique, Alain Lobo- gnon. L’information est libellée en ces termes sur les réseaux sociaux : «Bon week-end à tous. Moi, je profite du temps libre pour boucler ma liste pour les Municipales 2012 à Fresco. Cette coquette commune du Littoral doit changer avec des hommes qui ai- ment vraiment Fresco. À bientôt avec la liste ENSEMBLE POUR FRESCO».

DES FRUSTRATIONS AU SEIN DES FORMATIONS POLITIQUES

Des intentions sont également prêtées aux ministres Adama Toungara, mai- re sortant d’Abobo et Gnamien Ko- nan, intéressé par le District de Gbê- ké. Suscitant ainsi, si l’on en croit un cadre du RDR élu Député, qui a requis l’anonymat, des frustrations au sein même des formations politiques où ceux qui ont joué les seconds rôles s’apprécient comme des faire-valoir. Selon ce Député du RDR, il y a le risque de l’émergence d’une classe d’initiés constituée des seuls privilégiés du pouvoir et leurs proches. «Si ces infor- mations se confirment, ce sera un grave précédent pour la construction d’une nouvelle Côte d’Ivoire de bonne gouvernance. Les suppléants sont des proches qui ne leur ont pas été impo- sés par la base. Le ministre-député a donc pris son cousin ou son frère. D’autres sont accusés d’avoir pris comme suppléantes leurs maîtresses. Et au finish, l’argent de l’Etat et autres avantages vont tourner entre les mains des mêmes personnes et leurs proches. Et les autres Ivoiriens qui n’ont pas de proches parmi les privilégiés du pou- voir Ouattara ? Cela crée des frustrations à l’intérieur du parti lui-même d’abord avant de s’étendre au niveau national. Il faut faire très attention», conseille cet élu. Avant d’appeler à la rupture avec l’ordre ancien incarné par les refondateurs. «Le régime Gbagbo était un pouvoir méprisant, suffisant et arrogant. Il faut rompre avec ce pas- sé et ne pas emprunter la même voie pour dire que si on agit ainsi, cela fait quoi. Ça fait quoi, il y aura quoi, c’est cela qui a fait tomber Laurent Gbag- bo. Il faut se gêner à s’accaparer de tout. Je vous dis qu’à l’intérieur du RDR même, les militants sont agacés par ce cumul. Si j’ai pu être Député dans une circonscription de cinq sous-préfec- tures, ce n’est pas au poste de Maire que je vais échouer où la municipali- té se réduit à une seule sous-préfectu- re. Mais, je me gêne. Il faut se gêner. Ils vont mettre leurs proches au conseil économique et social, dans les districts, au Sénat. Non, c’est agaçant, c’est ré- voltant», assène ce Député.

LE DÉCOR SOUS LE RÉGIME GBAGBO

Le président par intérim de la Lidho (Ligue ivoirienne des droits de l’Hom- me) abonde dans le même sens. Pour René Hokou Légré, le cumul des postes tend à être une réalité sous l’ad- ministration Ouattara alors que ce ré- gime s’était approprié les reproches de la société civile en la matière sous l’an- cien régime. En effet, sous l’adminis- tration Gbagbo, plusieurs pontes cu- mulaient les fonctions de ministres, de députés, de maires et de présidents de conseils généraux. Sur cette liste, l’on relève les cas d’Emmanuel Monnet, maire d’Adzopé et ministre des Mines et de l’Energie, de Dano Djédjé, Dé- puté de Gagnoa-Commune et ministre chargé des Relations avec les Institu- tions et de la Réconciliation nationa- le, de Assoa Adou , député et ministre des Eaux et Forêts, de Lida Kouassi, dé- puté de Marcory et ministre de la Dé- fense avant de tomber en disgrâce après les évènements de septembre 2002, de Michel Amani N’Guessan, Député de Bodokro-Sous-préfecture et ministre de l’Education nationale puis de la Défense, du Pr Séry Bailly, député de Daloa et ministre de l’En- seignement supérieur, de Siki Blon Blai- se, député de Man-Sous-préfecture, maire de Sangouiné et président du Conseil général de Man ainsi que de Hubert Oulaye, député de Guiglo- sous-préfecture et ministre de la Fonction publique. «Nous avions déjà au temps de l’ancien pouvoir dénon- cé une telle pratique. Des ministres étaient députés, maires et présidents de conseils généraux. Cela s’est fait sous le PDCI, s’est poursuivi sous le FPI et se fait avec le RDR. Tous les partis politiques s’en accommodent. Etant donné que nos dénonciations et inter- pellations avaient trouvé un écho fa- vorable auprès de ceux qui sont aujour- d’hui au pouvoir, on attendait d’eux qu’ils ne s’engagent pas sur cette voie du cumul qui est de nature à fai- re croire qu’il n’y a d’intelligences que des privilégiés, qu’il n’y a que ces personnes-là dans les partis poli- tiques. Et que les autres ne sont rien que des faire-valoir. Nous estimons qu’il faut donner la chance à toutes les compétences dans un parti ou une coa- lition tant que les partis ou les coali- tions ont des bases sociologiques larges et nationales susceptibles de re- gorger de candidatures suffisamment solides pour toutes les élections sans qu’on ait besoin de reconduire toujours les mêmes personnes. L’opinion retient dès lors une sorte d’accaparement du pouvoir par un petit groupe d’ini- tiés. Et à force de vouloir être partout à la fois, ces privilégiés du régime vont perdre un peu de leur légitimité aux yeux des populations», estime le lea- der de la Lidho.

ATTENTION AU SYNDROME DU DÉGOÛT

Avant d’indiquer que cette perte de lé- gitimité est l’une des raisons de la faible mobilisation des populations au scrutin législatif. «Le fait de voir tou- jours les mêmes personnes enlève l’engouement aux consultations élec- torales. Aujourd’hui, le taux de parti- cipation aux législatives est un peu le résultat du dégoût des populations des choix des candidats. Il faudrait envisa- ger une loi qui puisse réglementer ces pratiques de sorte que le jeu politique soit suffisamment ouvert pour toutes les compétences», conseille-t-il. Pour sa part, N’Gouan Patrick, Coordonna- teur général de la Convention de la so- ciété civile de Côte d’Ivoire, souligne qu’il ne faut pas poser le problème en termes d’individus ou de personnes. A l’en croire, ce sont les ‘’lois’’ qui en- cadrent le jeu politique et tant que ces lois ne vont pas changer, il sera de bon jeu pour celui qui est au pouvoir de s’aménager de l’entièreté du pouvoir avec des hommes qui peuvent le luipermettre. «Ce qui importe avec les gouvernants, c’est de s’aménager une majorité confortable avec des hommes connus comme étant ceux de mission et de confiance. Si on continue dans cet esprit, on risque de ne pouvoir rien changer. Ma réponse est connue depuis longtemps. Nous sommes opposés à ce cumul parce que celui qui occupe au- tant de postes est pratiquement inef- ficace. S’il est ministre, il reste au gou- vernement. Aujourd’hui, ministres, ils sont députés et veulent être maires puis demain présidents de Districts et partout, ils auront des suppléants qui vont travailler pour leur rendre comp- te. En fait, ils ne maîtrisent plus rien et ils ne vont que survoler les dossiers. Je suis opposé au cumul des postes. Mais, cela n’a rien à voir avec le pou- voir Ouattara. Il ne faut pas voir les choses dans le mauvais sens. Il va fal- loir simplement changer des règles pour empêcher l’exercice de plusieurs fonctions. C’est un problème de gou- vernance et nous appelons donc le Pré- sident Ouattara à modifier les dispo- sitions actuelles qu’il est venu trouver en place. Il faut qu’il aille dans le même sens que nous pour arrêter cette entor- se à la bonne gouvernance», sollicite- t-il. L’honorable Mariam Traoré parta- ge cet avis. Selon le Député de Ten- grela, pour gagner des élections, il faut parier sur le « bon cheval». Et la pré- occupation n’est pas que le ‘’bon che- val’’ ait déjà un ou deux postes impor- tants. «Il n’y a pas de places pour les états d’âme. La loi, ce sont les hommes et les femmes de confiance, de terrain, de conviction, d’engagement et de mis- sion qui vont venir travailler dans la vi- sion du Président Ouattara pour faire de la Côte d’Ivoire un pays émargent. Dire donc que sous Ouattara, il y a dé- rive de cumul de postes, ce sont des idées ou des opinions alimentées par des esprits chagrins et aigris depuis leurs cachettes pour jeter l’anathème sur le Président Ouattara. La Côte d’Ivoire est au travail. Regardez tous ces chantiers après une crise si grave, si inouïe dans laquelle des frères et sœurs par méchanceté et par haine ont entraîné notre pays. Ceux qui affirment que le Président Ouattara manage comme l’équipe de son prédécesseur sont de mauvaise foi. Il y a la loi sur la suppléance tout de même qui vient ré- gler le problème. Ce qui n’existait pas sous Gbagbo dont des ministres étaient Députés, maires et même pré- sidents de conseils généraux. Avec le Président Alassane Ouattara, ceux qui sont ministres resteront dans l’équipe gouvernementale et leurs suppléants vont siéger à l’hémicycle. Il n’y a donc pas de cumul. Maintenant, s’ils sortent du gouvernement, ils sont libres de se porter candidats aux municipales pour apporter leurs expertises et leurs rela- tions à la gouvernance locale. Député et maire, cela n’est pas un cumul anormal puisque les deux postes ne sont pas incompatibles», proteste cel- le qui entend également se porter can- didate aux municipales à Tengrela. «L’élection des ministres a démontré que leur chef, le Président Ouattara était bel et bien le choix des Ivoiriens. Leur travail sur le terrain a été recon- nu à travers leur élection en qualité de Député. C’est sous cet angle qu’il faut apprécier leurs candidatures et non vouloir forcément y relever un cas de cumul du pouvoir pour faire comme le camp Gbagbo. L’administration Ouat- tara et celle de Gbagbo, c’est le jour et la nuit. Ce n’est pas parce que moi j’ai gagné proprement aux législatives, qu’alors que la population me deman- de d’être son Maire pour amorcer son développement local que je vais refu- ser au prétexte d’un cumul de postes. Le RDR est venu pour travailler. Le temps du piston est terminé. Ce sont ceux qui sont capables d’apporter un bond qualitatif dans le quoti- dien des populations de base, confor- mément à l’esprit du Président qu’ils soient ministres ou Députés, qui auront la voix au chapitre pour les munici- pales. Et ce n’est pas une contradiction de la bonne gouvernance», clarifie-t- elle. Un avis qu’un autre élu pro-Ouat- tara bat en brèche.

OUATTARA RAPPELÉ À SES ENGAGEMENTS SUR LA BONNE GOUVERNANCE

«Le cumul des postes de ses proches n’honore pas le Président. Les mi- nistres-Députés ont choisi leurs sup- pléants dans le cercle de leurs parents et autres proches. Mais, en réalité, c’est le Président Ouattara, qu’on incrimine. Tout le monde dit que c’est lui qui lais- se faire. On dit que c’est lui qui leur donne l’appétit des cumuls. Le mono- pole du pouvoir ne l’arrange pas et il doit y mettre fin en tapant du poing sur la table pour dire stop, ça suffit ! », a souligné un nouveau Député, sous le sceau de l’anonymat. Ce même Dé- puté a indiqué que son mentor joue également la carte du respect de ses engagements relativement à la bon- ne gouvernance. Sur cette question, alors candidat au scrutin présidentiel, Alassane Ouattara avait dénoncé l’uti- lisation des biens de l’État à des fins privées, le laxisme et le clientélisme éri- gés en maîtres absolus, la chienlit dans l’administration publique. Face à ces comportements aux antipodes de la bonne gouvernance entraînant une déliquescence de l’État, il s’était en- gagé à faire des réajustements une fois parvenu au pouvoir. Dans cette pers- pective, le fait majeur de sa gouver- nance, est la signature par ses ministres le 09 août 2011, d’une charte d’éthique gouvernementale. A travers ce document, ceux-ci s’engageaient à respecter les valeurs de la bonne gouvernance dans la conduite des af- faires publiques. « Nous sommes ap- pelés à insuffler un nouvel élan, un élan qualitatif à la vie politique, économique et sociale de notre pays. Les Ivoiriens qui ont été fortement éprouvés par des années de souffrances et traumatisés par la crise postélectorale, sont exi- geants et ils ont raison de l’être. Face à leurs nombreuses attentes, nous avons à relever des défis, dont certains dans l’urgence. Toutes les actions doi- vent s’inscrire dans une perspective de bonne gouvernance. Compte tenu du passif dont nous avons hérité, les en- jeux sont tels que nous devons rompre avec les pratiques antérieures. Nous avons l’ambition d’apporter des chan- gements qualitatifs notables dans la vie de nos concitoyens », précisait-il à l’ouverture du séminaire gouvernemen- tal. « Comme lui-même le leur a de- mandé, les Ivoiriens ont choisi le Pré- sident capable de travailler pour eux. Le Président Ouattara a fait le serment de redonner espoir aux populations ex- ténuées et étranglées par la paupéri- sation grandissante. La volonté des pri- vilégiés de mettre la main sur tous les postes électifs tout en étant encore au gouvernement, est le signe d’un refus de changement auquel tous les Ivoi- riens ont aspiré. Si le gouvernement exige des citoyens de ne pas occuper le domaine de l'Etat que sont les trot- toirs, il faut que de leur côté, les mi- nistres-députés laissent d’autres cadres jouir aussi du bonheur. Il faut se gêner à vouloir s’accaparer de tous les postes avec ses seuls proches», conclut ce Député.

M TiéTraore in L'Intelligent d'Abidjan


Des leaders d’organisations féminines et des cadres du PDCI et de LMP se prononcent :

NATHALIE KONÉ-TRAORÉ, PRÉSIDENTE DU CEF- CI: «Que les ministres-députés fassent la passe aux femmes»
Le cumul des postes me gêne beaucoup parce que l’objectif de la démocratie, c’est l’inclusion avec la par- ticipation de tous les citoyens à la gestion des affaires publiques. Ainsi, ce n’est pas un groupe de person- nalité restreint autour du Chef de l’Etat qui doit repré- senter des régions entières, des populations en- tières. Quand on lutte pour l’émergence d’une démo- cratie vraie et forte, il faut s’interdire de recopier les faits qui ont été décriés hier sous les précédents régimes. Il faut éviter d’être de mauvais élèves de mauvaises écoles en matière de bonne gouvernance. Voilà des ministres qui ont été élus députés, qui se sont choi- sis des suppléants parmi leurs proches pour siéger à leurs places à l’Assemblée nationale et qui veulent main- tenant avoir des postes de maires ou de présidents de conseils régionaux. Ce n’est pas normal et cela risque d’entacher la qualité du mandat du président Ouattara. Pour la vitalité même des partis politiques, il faut que la relève soit assurée. Mais quand on résu- me des régions du pays à un groupe d’individus, on ne peut plus avoir des partis politiques vivants pour une démocratie dynamique. Il faut que les jeunes soient pris en compte. Il faut aussi et surtout que les femmes soient prises en compte. Ceux qui ont eu des postes prestigieux comme ceux de ministres, doivent faire la passe à d’autres cadres recrutés parmi les jeunes et les femmes. Nul n’est infaillible et la vie aujourd’hui, ne vaut demain que par la relève qu’on prépare. Mais, on se rend compte que ce sont les mêmes qui veu- lent avoir pratiquement tout. Pour nous, c’est une en- torse à la démocratie et à la bonne gouvernance. Avec ce cumul de postes, je regarde avec beaucoup d’in- terrogations ce pouvoir qui a donné plein d’espoir aux activistes de la démocratie que nous sommes. La dé- mocratie ne se réduitpas à des personnes.

NAMIZATA SANGARÉ, PRÉSIDENTE NATIONA- LE DE L’OFACI: « La santé d’une nation dépend de la participation de tous »
Le cumul des postes ne pose pas de problèmes tant qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre ces différents postes. Seulement, nous sommes dans un contexte national qui impose la participation de tous les citoyens à la reconstruction nationale. Dans ce processus, il faut éviter au maximum de concentrer plusieurs pouvoirs donc plusieurs postes de responsabilités entre les mains de privilégiés très proches du Chef de l’Etat. Et ce, pour qu’un grand nombre d’Ivoiriens se sente impliqué et intégré dans la reconstruction du pays. Plus l’on est impliqué, plus l’on a de l’engouement et l’on est dé- voué à la tâche. A l’inverse, lorsqu’on est mis à la touche et que ce sont les mêmes qui sont à tous les postes, cela crée la frustration. Nous sommes dans un proces- sus où il faut éviter les frustrations en responsabilisant le plus grand nombre de citoyens bien évidemment compétents pour utiliser les outils décentralisés que sont les mairies, les conseils de régions et de districts et répondre aux attentes des populations de base. Tant qu’il n’y a pas d’incompatibilité, cela ne devrait pas po- ser de problèmes mais la santé de la nation dépend de l’implication de chaque Ivoirien. Ce qui est com- promis quand les pouvoirs sont aux mains d’un seul groupe de personnes. Mais, je ne pense pas que cela soit un gros nuage sur la bonne gouvernance sous Alas- sane Ouattara. C’est l’un des points pour lesquels des milliers d’Ivoiriens aspirant au changement ont voté pour lui. Il ne décevra pas à mon avis cet espoir-là. C’est vrai, on est exigeant et on voit le mal partout. A l’heu- re du bilan, on verra si les autres postes les ont em- pêchés de bien travailler. Pour l’heure, ils ont besoin de soutiens pour mener à bien leurs missions.

FRANCK KOUYATÉ, LEADER D’OPINION: « Les ministres-candidats aux municipales courent le risque du discrédit »
Le cumul est légitime mais il voudrait dire qu’après moi, c’est moi. C’est l’égoïsme et la mise en retard du dé- veloppement qui est au cœur de ce problème qui pose également un cas de mauvaise gouvernance. Ceux qui ont fait un ou cinq mandats au poste de maire ou de Député ou aux postes de Députés-maires, devraient passer la main aux autres pour espérer impulser le vrai
changement et effacer le surplace, la monotonie. Nous l’avons vécu hier sous les régimes précédents et le dé- veloppement a été compromis. L’exemple patent est le cas de Dimbokro où des privilégiés se prenaient pour les seules compétences de la région. Il faut éviter de retourner au parti unique où quelques privilégiés étaient tout à la fois. Avec la loi de suppléance, le problème de cumul a été réglé. Mais, si des ministres élus dé- putés viennent effectivement à faire acte de candida- ture aux municipales comme cela est annoncé dans diverses localités, en plus du cumul de postes, ils cou- rent le risque du discrédit par faute d’humilité. Il n’y aura pas de report de voix mathématique. C’est un nou- veau scrutin et rien ne dit que le ministre élu député sera également élu maire.

EDJAMPAN THIÉMÉLÉ EX-DÉPUTÉ DU PDCI : « Le problème de cumul entre fonctions incompatibles a été réglé par la suppléance »
Il faut souligner que le problème de cumul entre deux fonctions incompatibles, à savoir ministre et Député est déjà réglé par la suppléance. Ainsi, le ministre élu a la possibilité de choisir, soit d’aller siéger, soit de res- ter au gouvernement et laisser la place à son suppléant. Cela a donc été prévu et réglé. Maintenant pour ce qui est des municipales, je dois noter qu’on peut être ministre et maire. Tout comme on peut être Député et maire. Ces postes ne sont pas incompatibles. A notre époque, il y avait le cumul. Sous le FPI, il y a eu cumul. Donc, ce n’est pas nouveau. Au temps du FPI, il y a même eu des Ministres-Députés qui n’ont jamais sié- gé à l’Assemblée nationale. Ils ne sont jamais venus siéger. Or, ce problème a été réglé actuellement sous le régime Ouattara qui est au travail par la suppléan- ce. Vous avez vu que les Députés ont été élus avec leurs suppléants. C’est un souci de bonne gouvernance pour éviter le cumul de postes qu’il ne faut pas occulter. C’est une avancée majeure pour éviter de rechercher des quorums à atteindre au parlement avec la défection des Députés retenus au gouvernement sans suppléants. Le gouvernement Ouattara est au travail. C’est ce qui est important.

GERVAIS COULIBALY, PRÉSIDENT DU CAP-UDD: «Le cumul de postes électifs ne me gêne pas»
Moi, je ne suis pas gêné qu’un ministre se présente aux municipales alors qu’il était candidat aux législa- tives et qu’il a été élu Député. Le cumul de postes élec- tifs ne me gêne pas. Je serais gêné s’il s’agissait de cu- mul de postes nominatifs. Si le peuple veut faire d’un de ses enfants son représentant à différents postes élec- tifs, c’est son choix et il faut respecter le choix du peuple qui est souverain. Si c’était au contraire des nomina- tions, à ce moment, j’aurais eu à me plaindre. Tant que c’est le peuple qui place sa confiance en l’un de ses enfants, il ne devrait pas avoir de problèmes. Si les cadres à différents scrutins électoraux sont toujours les mêmes que le parti choisit et que le peuple le vote, c’est que c’est le peuple qui estime que les autres sont des médiocres et que le choix des mêmes par le par- ti est le meilleur. Là, je reste dans la pure démocratie qui veut que la parole soit au peuple Pourvu que le scrutin soit sincère, libre, juste et transparent. C’est donc une question de cuisine interne. Si on présente tou- jours les mêmes et qu’on gagne avec eux, il n’y a pas de problèmes. C’est du cumul de postes électifs qui ne sont pas incompatibles les uns des autres. Il n’y a pas non plus de mauvaise gouvernance ou de mena- ce sur la bonne gouvernance. La mauvaise gouvernan- ce, c’est quand tu violes la loi. Ce qui n’est pas le cas ici. Quand tu es ministre, élu Député, tu choisis. L’unexcluant l’autre. Mais la loi n’interdit pas à un ministre élu député qui ne laissera son suppléant siéger au Par- lement de ne pas se présenter aux municipales. Si on ne veut pas de cumul, il faut alors une loi.

GUIPIÉ CHARLES, EX-DÉPUTÉ FPI: «Les ministres élus maires seront des maires de week-end »
J’avoue que nous avons examiné la question au FPI et nous n’avons pas trouvé de cas de cumul de postes. On ne peut pas encore parler de cumul. Déjà au ni- veau du parlement, le problème est réglé avec la loi sur la suppléance dont notre parti est le père, le pré- curseur. Ainsi, ceux des ministres élus, vont choisir soit rester au Gouvernement, soit aller siéger à l’hémicycle. S’ils choisissent le gouvernement, leurs suppléants vont siéger au Parlement. Ainsi, il n’y a pas de cumul de postes déclarés incompatibles par notre constitution. Maintenant pour les municipales, il n’y a pas de dis- positions réglementaires rendant incompatibles ce pos- te avec soit celui de Ministre soit celui de Député. Tou- tefois, si un ministre est élu maire, il sera un maire de week-end. Or, dans l’esprit de cette fonction, le mai- re est un manager, un gestionnaire au quotidien qui doit être en place en permanence. C’est là qu’il y aura cumul de postes même si l’incompatibilité à ce niveau n’est pas proclamée de manière réglementaire.

ALAIN COCAUTHREY, INSPECTEUR DU PDCI : « Aucune règle de bonne gouvernance n’est enfrein- te avec le cumul de postes électifs »
Des membres du gouvernement ont été candidats aux législatives et ont été élus. A ce niveau, la suppléan- ce est prévue pour éviter le cumul de postes. Ils vont choisir. S’ils restent au gouvernement, ils ne peuvent plus siéger. C’est le suppléant qui va travailler. Ainsi, n’y a-t-il pas de cumul de postes à ce niveau-là. S’il est élu Député et qu’il ne siège pas au parlement, il est simplement ministre. Cela lui laisse la voie libre pour les municipales ou même les conseils régionaux. Mi- nistre par la suite élu Maire, il peut exercer cette fonc- tion qui n’est pas incompatible avec la fonction mi- nistérielle. S’il est ministre élu président du conseil de district ou de région, il ne peut pas exercer cette fonc- tion tant qu’il est au gouvernement. Quand il quitte- ra le gouvernement, il retrouvera alors ce poste. En réa- lité, le cumul de postes est relatif. Les fonctions de mai- re et de ministre ne sont pas incompatibles. Il n’y a au- cun texte qui interdit d’être ministre et maire. Tout com- me être député et maire. Il ne s’agit que de fonctions politiques et le parti qui a une bonne implantation dans une zone grâce à son cadre ministre, ne peut pas dire comme il est ministre et qu’il a été élu député, sa can- didature ne sera pas retenue pour les autres scrutins électoraux locaux. Moi, je suis dans le cadre du jeu po- litique libre. Je ne m’oppose pas au cumul de postes électifs et il n’y a aucune règle de bonne gouvernan- ce qui soit enfreinte à travers un cumul de postes élec- tifs. Des gens qui sont jaloux peuvent dire «mais pour- quoi ce sont toujours les mêmes dont le parti parrai- ne la candidature».

recueillis par MTT
Vendredi 13 Janvier 2012
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