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Massacre des populations civiles à Duékoué - Comment l’horreur a été planifiée / Amadou Soumahoro avait annoncé le «nettoyage» de l’Ouest



Massacre des populations civiles à Duékoué - Comment l’horreur a été planifiée / Amadou Soumahoro avait annoncé le «nettoyage» de l’Ouest
Les Frci et la milice Dozos qui font leurs lois dans la région de l’ouest, avaient depuis longtemps, planifié ce qui s’est passé le week-end dernier dans la ville de Duékoué. Ça été un remake des films «Shootings dogs» ou «Hôtel Rwanda» qui rappellent avec une grande nausée, le génocide rwandais. Et le général canadien Roméo Dallaire, qui a dirigé les Casques bleus dans ce pays se rappellerait bien le cauchemar qu’il a vécu à Kigali en voyant ce qui se passe en Côte d’Ivoire avec la complicité des soldats de l’Onu. Cet officier en a d’ailleurs publié un livretestament intitulé «J’ai serré la main du diable». le diable, c’est qui ? Il ne peut être que l’Onu qui l’a envoyé au Rwanda sans lui donner les moyens d’assurer la protection des populations civiles. Dans la ville de Duékoué, le week-end dernier, les populations ont cru se retrouver en plein dans un long film de Frankenstein. tant l’horreur était à son comble. «Le spectacle est horrifiant. Nous avons vu des jeunes, visiblement des militants du Rhdp, drogués, brandir des machettes avec les lames recouvertes de sang. Ils criaient victoire comme s’ils venaient de remporter un trophée. On les voyait frotter ces machettes sur le bitume qui passe même devant le camp des refugiés», explique un cadre de l’administration en fonction dans la ville. En fait, ce camp de réfugiés était depuis bien longtemps, dans le viseur du pouvoir et des responsables du Rdr de la ville qui ne savaient pas comment s’en débarrasser. Et la goute d’eau qui a fait déborder le vase remonte à la dernière visite de Ouattara dans le grand Ouest. On se rappelle que les réfugiés de ce camp avaient refusé de recevoir les émissaires de Ouattara. Ils n’acceptaient pas d’êtres nargués par les cadres de la région qui ne manquaient pas d’occasions pour les moquer même dans leurs détresses. «C’est après cette visite que le sort des réfugiés de ce camp a été scellé au plus haut niveau à Duékoué», confie un ex-Fds en fonction à Daloa. Du coup, tout ce qui se fait comme braquages dans cette ville est automatiquement et sans la moindre enquête, attribué aux réfugiés vivant dans ce camp pourtant protégé par l’Onu. «Depuis longtemps, ils voulaient attaquer ce camp. Il y a juste une semaine que l’un des responsables des Frci de la ville a menacé les réfugiés qui sont dans ce camp», fait remarquer un gendarme en fonction dans la ville de Duékoué. l’attaque du quartier Kokoman le jeudi 19 juillet 2012 a été donc le prétexte tout trouvé pour organiser l’expédition sur ces populations taxées de partisans du Président Gbagbo. Surtout que ce secteur le fief du Rdr dans la ville de Duékoué. Frci et Dozos se sont donc organisés pour passer à l’attaque. le camp des réfugiés étant depuis longtemps dans le viseur. «Les Dozos disent que les traces de ceux qui ont attaqué Kokoman s’achèvent au camp des réfugiés. Nous voulons savoir ce que sont ces fameuses traces. En plus, ils disent que ces gens qui ont attaqué ont sauté la clôture. Je veux bien y croire. Mais on ne peut pas sauter cette clôture qui mesure 3m de haut. Même si c’était le cas, ce camp est gardé par les soldats de l’Onu. Ces mêmes Dozos, nous font croire qu’ils ont découvert des armes dans ce camp. Nous voulons qu’on nous montre ces armes, mais on nous fait croire que ces armes ont été détruites par les jeunes du Rhdp. C’est ce qui se passe quand on gère un pays avec des Dozos et des gens armées qui, en principe, n’ont pas le droit de porter des armes», se met en colère un responsable politique de la ville. le vendredi 20 juillet 2012, les Dozos et plusieurs éléments des Frci lourdement armés ont donc organisé «la riposte» au vu et au su de tout. Sous les yeux des autorités de la ville. Au nez et à la barbe de l’Onuci. Des jeunes militants du Rhdp ont été regroupés et armés de machettes et autres armes pour l’expédition. «Personne, aucune autorité de la ville n’a pu faire quelque chose pour les empêcher. On les a laissé faire comme s’ils allaient à une fête», explique un habitant de la ville. Aujourd’hui, on connait la suite… il y a eu plusieurs morts et des blessés grave. Selon des témoignages sur place, le chiffre exact de morts pourrait dépasser ce qui a été annoncé pour le moment dans la presse. Car l’attaque a été très violente. Elle est survenue alors que les réfugiés ne s’y attendaient pas. «Il y a des corps qui ont été emportés par les Dozos et les Frci. Je vous apprends qu’un blessé qui était sous perfusion à l’hôpital a été enlevé par les Frci et les Dozos. Jusque là nous sommes sans nouvelle de lui. Pourquoi l’ont-ils emporté ? On ne le sait pas pour le moment », s’emporte un autre cadre de la ville. De puis, la tension reste vive dans la ville même s’il y règne pour le moment, une relative accalmie. les populations continuent de se regarder en chien de faïence.

Guehi Brence

Amadou Soumahoro avait annoncé le «nettoyage» de l’Ouest

Il n’y a pas longtemps qu’à l’occasion d’un rencontre avec la presse, le très bouillant Amadou Soumahoro qui a toujours les nerfs à fleur de peau, a annoncé ce qui se passe actuellement dans la ville de Duékoué. le Secrétaire général par intérim du Rdr qui se croit encore dans le maquis de Bouaké, ne s’est pas empêché d’utiliser des mots qui ont fait ravage au Rwanda. «Nous allons aseptiser l’ouest». «L’ouest sera nettoyé ». Autant de termes qu’ils ont employé mais qui ont été applaudis dans son entourage du Rdr. les populations de l’ouest sont clairement assimilées à des insectes qu’on doit «aseptisées» et «nettoyés». C’est très clair. l’ouest n’a pas grâce aux yeux du pouvoir qui le voit plutôt en bastion du Fpi. Ouattara et sa cour ont beau chanté qu’ils sont là pour tous les Ivoiriens, la réalité rattrape toujours les faits. Car plus d’un an après la fin de la belligérance, l’existence des sites de réfugiés ne se justifie plus à Duékoué. Depuis le 11 avril 2011, le pouvoir n’a rien fait pour que ces populations qui ont tout perdu retrouvent la dignité humaine. On sait qu’elles ont fui les atrocités des Frci et de la milice Dozos beaucoup reconnues pour ses crimes odieux. Ils sont dans ces camps parce qu’ils ont tout perdu au village, maisons, plantations, et d’autres biens. Ils vivent aussi dans ces camps, parce qu’ils ont été spoliés de tout par les chefs de guerre Burkinabè qui sèment la terreur dans la région de l’ouest. Et le pouvoir n’a fait que fermer les yeux sur cette situation de terreur. les réfugiés dans ces camps dans l’indifférence de tout le monde. Surtout, à la grande joie de ceux qui profitent du «business» de l’humanitaire, à savoir les organisations onusiennes.

G. Brence
gbrence02063193@. yahoo.fr

In Le Temps



Mardi 24 Juillet 2012
La Dépêche d'Abidjan

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