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L’armée ivoirienne en crise : De la mutinerie de 1990 au coup d’Etat de 1999


L’armée ivoirienne en crise : De la mutinerie de 1990 au coup d’Etat de 1999
Les problèmes non résolus du service militaire, de la pauvreté des soldats, de l’indiscipline, du non respect politique du tableau d’avancement, des tensions ethniques réactivées par la concurrence multi-partisane, de la contestation par les jeunes militaires de l’ordre politique, sont les raisons qui ont déstructuré l’armée ivoirienne. Le coup d’Etat de décembre 1999 est à la racine de la tragédie qui a vu la société ivoirienne basculer dans la violence parce qu’il a eu pour conséquence de diviser profondément l’armée en factions rivales en l’éloignant, de façon marquée, de la population. La crise militaro-civile aura signifié la montée en puissance d’une violence multiforme servie par une génération de jeunes frappés par le chômage et la précarité.

Une armée marginalisée par le compromis houphouëtiste

Depuis 1990, les soldats sont « en révolte » parce que l’armée elle-même est « en désordre » malgré les tentatives de construire une « nouvelle armée » ivoirienne. Comprendre la crise de l’armée ivoirienne implique un retour en arrière sur la manière dont le problème de la violence fut réglé sous Félix Houphouët-Boigny. La société ivoirienne est restée stable, malgré les contradictions qui la traversaient en profondeur, parce qu’elle reposait sur l’ouverture vers l’extérieur, sur le système du « grilleur d’arachides » et sur la gestion inclusive de la diversité sociale. Il faut ajouter à ces trois paramètres un quatrième qui rend compte de la logique spécifique de la mise en forme de la violence en Côte d’Ivoire. Au fond, la répression des « complots imaginaires » de 1962 et de 1963 a provoqué, comme par défaut, le monopole de la violence instrumentale par la marginalisation des structures de coercition et par la mise au pas d’une jeunesse tumultueuse et contestatrice.

L’armée ne fut, à aucun moment, un acteur essentiel de l’action politique conduite par le président Félix Houphouët-Boigny. Il s’en servit lors des crises politiques du Sanwi et du Guébié en évitant, cependant, d’en faire un des piliers de son régime. Certains observateurs en conclurent qu’il se méfiait de l’armée au point de prendre le parti d’une paupérisation de l’outil militaire après avoir confié la défense de son pays à l’ancienne puissance coloniale. En fait, il mit en place une armée de format réduit, convenablement équipée, dont les soldats jouissaient de certains privilèges qui lui a valu l’appellation d’« armée suisse d’Afrique » en raison du pacifisme affiché de son chef suprême et des conditions matérielles de vie qui étaient les siennes.

Si les soldats du rang devaient donner leur « sueur pour le développement » du pays, les cadres militaires furent, quant à eux, associés à la gestion de la chose publique. Les officiers avaient vocation à participer à l’administration de la nation et à assumer des postes civils de responsabilité. Les FANCI garderont pendant longtemps l’image d’une armée apolitique, pluriethnique, légaliste, soucieuse de participer, par le haut et par le bas, au développement de la nation. Une telle situation n’en a pas fait pour autant une force autonome, détentrice d’une légitimité lui permettant de participer à la structure du pouvoir. Trois raisons expliquent cette marginalisation. La première est que l’armée n’était pas née d’une relation conflictuelle avec la puissance coloniale, encore moins d’une lutte de libération nationale. La deuxième est le contexte peu favorable de la guerre froide à la constitution d’armées fortes. Ce désavantage fut transformé par une intelligence politique qui fit jouer ensemble l’armée, les accords de bons voisinage et les exigences mondiales de sécurité pour assurer la défense de la Côte d’Ivoire. Enfin, la troisième raison est liée au fait que le président Houphouët-Boigny avait une conscience aiguë de ce qu’une armée divisée, devenant un acteur du jeu politique, constituait un danger pour la nation : « Je ne veux pas vous livrer aux militaires… Vous tremblez ! Je les connais. »

Les raisons de la mutinerie de 1990

Les jeunes soldats des classes 87/1A, 87/2A, 88/1A et 88/2A, libérables en décembre 1990 et juin 1991, se sont mutinés pour contester la décision prise de créer et de reconnaître une nouvelle milice dénommée les « Loubards ». Ils venaient de faire leur rentrée en politique.

Telle est la première raison d’un soulèvement militaire inédit. Une deuxième raison était au départ de la crise militaire de 1990 : la dignité trop souvent bafouée du soldat. En 1990, au moment où souffle le vent de la démocratie, les soldats refusent désormais d’être des « boys militaires ». La troisième raison était l’habitude de certains officiers supérieurs de détourner à leur profit des avantages revenant aux soldats. Ce sont toutes ces « frustrations » qui vont alimenter en permanence les soubresauts de l’armée jusqu’au coup d’Etat de 1999.

Il y a une autre raison plus objective qui explique l’impasse dans laquelle s’est retrouvée l’armée ivoirienne après la mutinerie de 1990. Un de ses mécanismes de régulation interne a été en effet brisé. Alors que le militaire vivait en caserne, ne pouvant se marier ni disposer d’un logement baillé avant les cinq ans qui suivent son engagement, la nouvelle politique militaire avait décidé d’attribuer des logements aux soldats. Le résultat invisible, au départ, a été la sortie progressive des militaires hors des casernes. Ils n’y sont plus retournés depuis pour vivre en « ville » comme les civils en adoptant leurs comportements en matière de vie sociale. Ils s’endettèrent auprès des « margouillats » en recherchant, par tous les moyens, mais en vain, les ressources de leur vie nouvelle. L’argent était devenu le syndrome d’une nouvelle maladie militaire dont le racket sera le symptôme.

Toutes ces raisons ont conduit à la crise militaire de 1990, dans un contexte de contestation généralisée qui rend encore plus explosif le soulèvement militaire. Pour la première fois, des soldats du rang disent non au traitement qui leur est réservé. Ils se sont soulevés pour revendiquer leur incorporation dans l’armée avec un salaire garanti et des privilèges d’agents permanents de l’Etat. Ils demandaient de quitter l’armée à l’âge de 55 ans comme les policiers, les gendarmes et les autres fonctionnaires.

Ce nouveau soldat ivoirien entend respecter l’ordre et la discipline sans être « frustré ». Il s’agit d’une révolution remarquable des modes d’obéissance dans l’armée. Selon une expression des soldats eux-mêmes, une nouvelle génération venait de « voir clair ». Elle n’hésitait pas à contester quand elle avait l’impression d’être en face d’une injustice. Le sergent-chef Ibrahima Coulibaly, dit IB, résume l’état d’esprit de ce nouveau soldat : « le soldat doit prendre le parti de la justice et de l’égalité ». Ils sont plus sensibles à la dégradation de leur condition de vie, au respect de leurs droits, aux inégalités sociales et politiques. Les futures générations de soldats leur emboiteront plus radicalement le pas.

C’est cette « nouvelle armée », « instruite » mais « contestatrice », que le colonel Robert Guéi « propulsé » à la tête de l’état-major devait discipliner dans une société aux repères fragilisés par la crise pour qu’elle ne se retourne pas contre la construction de la nation.

Cette tâche titanesque n’a pas abouti aux résultats escomptés. Les problèmes qui minent l’armée ivoirienne sont déjà présents dès cette époque bien qu’il faille faire une place à part à la crise de la conscription. De cette époque datent, en effet, les problèmes de recrutement dans l’armée ivoirienne, puisque la loi n° 61-210 du 12 juin 1961 portant recrutement des forces armées devenait caduque de fait. Ce n’est pas seulement cet aspect législatif qu’il faut retenir. Il y a aussi les pratiques qui naissent de la crise économique des années 80 qui a contraint l’Etat à une « professionnalisation » improvisée de l’armée. Les règles pour aller dans l’armée sont alors devenues floues. Plus tard, les jeunes y entreront par « la bande » ou prendront les armes. Des milliers de jeunes sont ainsi devenus des soldats, des rebelles en armes, des miliciens, des membres de groupes d’autodéfense, des manifestants armés, des vigiles armés. Ils sont devenus les acteurs principaux de la manipulation de la violence.

Le coup d’Etat de 1999 : naissance et cristallisation des factions militaires

Le coup d’Etat a été un véritable accélérateur de la déstructuration de l’armée, divisée par des choix partisans, ayant rompu avec la discipline et le respect de la hiérarchie après les mutineries des années 1990. Les dix mois d’une transition militaire chaotique qu’il a ouverte furent rythmés par des dissensions militaires et politiques que le vote d’une nouvelle Constitution n’a pu apaiser. Finalement, il accoucha d’élections violentes dont la contestation a débouché sur une rébellion.

A partir du coup d’Etat de 1999, on assiste à la multiplication des « milices » et autres gardes prétoriennes : Brigades rouges, Camora, Cosa Nostra, PC Crise. La Camora était chargée d’imposer l’ordre par la force. Ses membres contribuèrent à déstructurer le principe de la hiérarchie militaire par leurs manières de brutaliser les officiers. Les Kamajors basés à la maison de la télévision et à la radio avaient pour mission de sécuriser les lieux stratégiques de la ville. Ils devaient aussi tenir la poudrière d’Akouédo d’où était parti le coup d’Etat. Les Brigades Rouges avaient été créées au lendemain du coup d’Etat pour neutraliser les sources de contestation. Le groupe le plus connu du grand public était le PC-Crise qui était une sorte de tribunal militaire informel et un organe répressif. Ces factions vont jouer un rôle considérable tout le long de la transition puisqu’ils seront les bras armés dans l’affrontement des acteurs politico- militaires désormais convaincus que la transition ne pouvait se dénouer que dans la violence.

Une partie de l’armée au pouvoir éclata ainsi en clans opposés à côté du gros de la troupe qui resta silencieuse et d’une gendarmerie qui jouera un rôle important dans la répression des troubles de 2000. La tentative de coup d’Etat du 18 septembre 2000 dit du « cheval blanc » constitue le point de non retour de l’affrontement entre clans militaires. Les hommes du sergent chef IB sont arrêtés et accusés de vouloir accéder au pouvoir par les armes. Mais ces clans militaires qui s’affrontent dans les « bruits et la fureur » ne sont pas les seuls.

Pendant que les « nouvelles stars militaires » se battent violement, de nouveaux groupes de militaires, qui n’appartenaient pas au noyau des hommes du général Guéï, apparaissent et s’organisent selon des affinités politiques et ethniques qui remontaient bien avant le coup d’Etat.

Il suffit de regarder la liste des nominations opérées au mois de décembre 1999 en prenant en considération l’évolution militaire pour se rendre compte qu’en trois ans, les divisions de l’armée se sont renforcées pour donner naissance à des polarisations extrêmes. Certains des officiers du tableau d’avancement resteront dans le camp des loyalistes. C’est le cas de Glély Marcel, de Dogbo Blé Bruno, de Dagrou Loula, qui sera tué dès le début de la rébellion de 2002 dans le nord du pays, du lieutenant colonel Kassaraté commandant supérieur de la gendarmerie, du colonel Guai Bi Poin Georges qui dirigera l’Ecole de gendarmerie et le CECOS. Le colonel Bakayoko Soumaïla, qui dirigeait alors le Génie militaire à Bouaké, le colonel Gueu Michel, le colonel Bamba Sinima, se retrouveront dans le camp des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN). Si l’armée s’est divisée sur une période aussi courte, il en va différemment de la gendarmerie dont la cohésion s’est maintenue.

Un diagnostic des difficultés que traverse l’armée ivoirienne doit aller en profondeur pour saisir l’essence de cette crise et non en rester à ses raisons apparentes. La sortie de la crise est conditionnée par la mémoire que les Ivoiriens doivent garder des problèmes militaires laissés sans solution et qui constituent encore aujourd’hui des obstacles. Le fait est que la reconstruction de la Côte d’Ivoire doit commencer par les militaires, les policiers, les gendarmes parce qu’ils sont des modèles ou qu’ils doivent l’être pour obliger la société à suivre grâce à la peur du gendarme et du glaive du juge. Reconstruire l’armée ivoirienne signifie en recomposer le format, les missions, l’opérationnalité. Mais une telle tâche de reconstruction sécuritaire ne peut pas être simplement technique. Elle est fondamentalement politique- quoi de plus politique que le mixage des forces ex-belligérantes- mais surtout éthique parce qu’en dessous des apparences techniques, il y a l’énorme décompression morale qui fait tituber la société tout entière. La nouvelle armée serait alors en rupture avec toutes les « mauvaises habitudes » qui ont conduit à la crise militaire.

Azoumana Ouattara
Mardi 4 Octobre 2011
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