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Kouyaté Oumou, présidente du Collectif des Ivoiriens de France pour la Démocratie et les Droits Humains (CIFDDH) : ‘’Si on ne donne pas le corps de Kieffer, il faut classer l’affaire‘’

Kouyaté Oumou, est la présidente du Collectif des Ivoiriens de France pour la Démocratie et les Droits Humains. Structure créée en août 2000. Son crédo : la promotion des droits humains. Mais aussi l’instauration d’un idéal démocratique, un idéal d’égalité, de justice entre les êtres humains. Dans cette interview, elle nous parle de la diaspora ivoirienne en France. Des soucis qu’elle rencontre surtout avec la justice de ce pays. L’affaire Kieffer, l’incarcération de Tony Oulaï, les relations Côte d’Ivoire-France, l’immigration, etc. sont autant de sujets dont elle parle avec passion. L’essentiel pour elle, est de mettre l’être humain au cœur du débat. Entretien avec une femme engagée.


Guy André Kieffer  : Une conférence de presse aura lieu ce jeudi 15 avril 2010, dans les locaux de Reporter Sans Frontière à Paris, pour le 6ème anniversaire de sa disparition    Photo : DR
Guy André Kieffer : Une conférence de presse aura lieu ce jeudi 15 avril 2010, dans les locaux de Reporter Sans Frontière à Paris, pour le 6ème anniversaire de sa disparition Photo : DR
Quand on parle de diaspora, on fait allusion à des immigrés. Quelle est donc la réalité de la diaspora ivoirienne en France ?
Merci pour cette question judicieuse. Il faut dire que cette diaspora est à mi chemin entre réalité politique et sociale, due à la crise économique qui frappe le monde entier depuis près d’un an et demi. La diaspora ivoirienne est écartelée entre cette crise mondiale et la crise d’intégration. Car la plupart de cette diaspora est partagée entre des objectifs précis qu’elle s’était fixée au départ. A savoir, aller faire des études et retourner au pays. Mais la plupart de cette diaspora est obligée de se contenter aujourd’hui de boulots minables car elle fait face à une France qui elle-même ne peut plus atteindre ses objectifs en intégrant toute diaspora, particulièrement la diaspora ivoirienne. Ainsi, il urge qu’une politique de diaspora soit intégrée dans les politiques de développement des pays qui ont des ressortissants qui sont allés en aventure ou qui sont allés continuer des études sur d’autres cieux. Il est temps que les autorités ivoiriennes se penchent sur cette question. Pour se dire que nous avons des citoyens ivoiriens en dehors du pays dont il faut avoir un regard sur la vie. Il faut indiquer que l’apport de la diaspora dans l’économie ivoirienne est constituée des transferts d’argent qui sont effectués tous les mois aux différents parents restés au pays. Certes, ce sont des actions informelles, mais elles constituent une part non négligeable avec laquelle, il faut compter pour le développement de notre économie. Il est donc temps que nos autorités cessent de nous utiliser comme des faire- valoirs. Et cela, sera toujours le combat de notre mouvement. Pour la diaspora ivoirienne et là je parle de toute l’entité de cette diaspora, de toutes les composantes de cette diaspora, que nous soyons du nord, du sud, de l’ouest, de l’est, du centre, nous avons un objectif commun. Comment nos autorités en Côte d’Ivoire aujourd’hui vont prendre en compte nos préoccupations. Nous devons faire en sorte pour ne pas être utilisé ou manipulé, uniquement à des fins politiques. A chaque veille d’élection présidentielle, les partis politiques ivoiriens exportent leur QG de campagne à l’extérieur des frontières en utilisant à vau l’eau, leurs militants de la Diaspora, qui d’ordinaire ne sont que l’objet d’inconsidération et d’ingratitudes une fois les sales besognes accomplies. Partout dans une République digne de ce nom, la diaspora a droit à un ministère qui est au dessus de tous les partis et qui est représentatif de l ensemble de ces citoyens. Mais la Côte d’Ivoire est l’un des rares pays qui maintient, dans un flou chaotique et institutionnel, ces citoyens de la diaspora en seconde zone. Le remplissage des salles de meeting, de campagne, la manipulation restent ses seules zones de prédilection. Pour mémoire l’enrôlement et l’identification ont été des périodes très sombres pour ces citoyens vivant hors du pays car très peu ont pu accomplir ces actes. Nos consulats et représentations diplomatiques jouent avec le népotisme ici et là. Des no man’s land où nous sommes persona non gratta. Certains membres de cette diaspora en mal de reconnaissance comme à l accoutumé viennent chaque été en villégiature organiser des rencontres au nom de cette diaspora, s’inviter auprès des autorités compétentes et recevoir l’onction en notre nom. Ceci est inadmissible et irresponsable. Il est temps, grands temps que nos responsables se penchent enfin sur ces questions qui n’ ont que trop duré au lieu de diviser les ivoiriens de la diaspora ou d’ en faire leurs choux gras….une Diaspora responsable mature, soucieuse de son intégration ici et là-bas; consultée et associée pour toutes les questions liées au développement et au devenir de sa nation. Voilà les mots d’ordres que le collectif des ivoiriens de France pour la démocratie et les droits humains comptent mener pour ces futures batailles.

Quel commentaire faites-vous par rapport à la récente sortie de la porte-parole des FN qui est l’une des vôtres ?
Honnêtement s’il y a un commentaire à faire, je dirai que c’est une sortie à pas d’enfant venant quand même d’Affoussy qui est une initiée du sérail. Je ne sais pas quel était les tenants et les aboutissants d’une telle sortie. Je ne sais pas s’il y avait des accords passibles pour que une militante assez aguerrie comme elle, et avertie de la situation politique ivoirienne puisse quand même se faire emballer dans une sorte de nappe où avec des politiques qui à mon sens, pendant près de quatre, cinq, six ans, ont tenu en captivité toute la Côte d’Ivoire, toute la population entière. Pour moi, c’est une mauvaise sortie qui demande reflexion. Pourquoi a-t-elle fait cette mauvaise sortie ? Nous pensons qu’avec le temps, elle saura se ressaisir. N’oublions pas que lorsqu’il y a des problèmes politiques surtout venant de la diaspora, il ne faut pas se faire utiliser. Si j’ai un message à donner à l’ensemble de la diaspora, c’est d’éviter de se faire utiliser par des politiciens véreux de la place. Parce qu’on l’a vu, chacun de par son activité politique n’est pas allé du dos de la cuillère. On a vu comment ils ont travaillé, comment ils ont fait les choses sans tenir compte de l’apport de la diaspora, sans tenir compte de l’avis que nous pouvions donner. Pourtant la plupart de ces hommes politiques ont fait leur premier pas dans la diaspora. Et cela, une fois monté au créneau, ils nous oublient. Donc une sortie comme celle là, me surprend.

Quel est donc le message que vous voulez lancer à la diaspora ?
D’abord avant de lancer un message, je voudrais m’incliner devant les dépouilles de toutes ces victimes ….Il y a de cela quelques années quand j’étais étudiante en Master II de Droit humain de coopération et de solidarité internationales, lorsque mon Professeur m’a accordé un texte sur les 15 ou les 25 pays de l’Union Européenne qui se sont mis ensemble, il est clairement dit que lorsque quelqu’un demande l’asile politique dans un pays membre de l’Union Européenne et qui lui ai refusé, automatiquement, les autres en font autant. Pour vous qui suivez l’actualité comme moi, l’Union Européenne a non seulement réduit ces textes mais a compris qu’au jour d’aujourd’hui, lorsqu’on a un visa d’un moins long séjour, avec les libertés de circulation, les libertés individuelles, les libertés d’aller partout où on veut, en tant qu’être humain, On peut se promener tranquillement partout, où on veut, sans être inquiété. Ainsi les lois relatives à ces questions ont été plus ou moins assouplies ces temps-ci au niveau de l’Union Européenne. Mais au niveau de leur politique intérieure, rien n’a changé. Pour preuve, depuis plusieurs mois, un groupe de sans papier en France, manifeste. Ce groupe à même signé une pétition pour dire qu’il paye les impôts, il paye la sécurité sociale, en tout cas tous les droits que la France exige aux citoyens. Lorsqu’il a été question de les régulariser, on les a traités comme des moutons. Ils ont été matés par la CRS, de façon violente et scandaleuse et ces milliers de manifestants ont été délogés. Il faut noter que ces protestataires ont eu le soutien de plusieurs entreprises. Au regard de cette attitude de la France, je peux dire que les droits de l’homme n’existent pas dans ce pays de Nicolas Sarkozy. Nous ne reconnaissons plus la France où nous avons appris les libertés et droits de l’homme. Ce n’est plus le pays qui nous a fait rêver auparavant. Je suis vraiment très effrayée par les attitudes des actuels dirigeants de la France. Cependant je ne suis pas pessimiste. Car la gauche vient de remporter les régionales, nous comptons sur cette gauche pour promouvoir les droits et les libertés de l’homme en France. Que la France aide les Africains à toujours apprendre avec elle. Je n’occulte pas le fait qu’on puisse s’unir. Car il y aura une nouvelle génération de politiques, de leaders, qui vont ramener la Côte d’Ivoire au cœur des nations. J’appelle de tous mes vœux, un débat autour de toutes ces questions très utiles pour notre développement.

Vous avez dénoncez récemment à Paris la situation des Ivoiriens incarcérés dans les prisons Françaises. Quel est l’état des lieux aujourd’hui ?
Depuis quelques années déjà vous savez que je lutte pour la promotion des droits humains. Lorsque je suis interpellée à travers les différents réseaux dans lesquels le collectif est membre, nous essayons d’intervenir .Chaque fois que nous sommes interpellés, nous constatons que le respect des droits de l’homme recule au fur et à mesure que les années passent. Surtout en ce qui concerne les africains et particulièrement la Côte d’Ivoire. J’ai pu faire un petit constat notamment dans deux prisons en 2008, il y avait des africains voire des ivoiriens qui pour des délits mineurs sont incarcérés. Je condamne le fait que la justice française incarcère facilement des individus. Et pour nous, la dernière sortie des juges et des avocats qui dénoncent un certain nombre de faits n’est pas justifiée. S’agissant des Ivoiriens, nous avons visités certaines prisons où il y a des détenus ivoiriens notamment M. Jean Tony Oulaï. J’ai pu constater dans mes six enquêtes, qu’il y a près de 400 détenus ivoiriens incarcérés. Il est temps qu’au niveau de la coopération judiciaire qui a été signée, je pense dans les années 60 entre la France et la Côte d’Ivoire, qu’on fasse des remises à jour, un toilettage de cette coopération qui pour moi est devenue caduque. Et je vais plus loin dans le cadre de cette coopération judicaire, dans le cadre de l’affaire Guy André Kieffer, nous avons vu une justice à deux vitesses. Une justice où on a vu un juge d’instruction, j’ouvre la parenthèse, aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a fait voter une loi où les juges d’instruction ne vont plus exister. Parce que c’était des supers juges qui étaient là, qui étaient des maîtres sur terre. Ils géraient de façon autocratique leurs investigations. Donc dans le cas précisément de l’affaire Guy André Kieffer, nous avons vu le juge d’instruction, M. Patrick Ramaël venir en Côte d’Ivoire comme dans un four à moulin, faire un peu, ses petites recettes, son petit commerce et retourner comme si de rien n’y était. Mais dans l’autre sens, on n’a jamais vu ce cas. Lorsque des juges ivoiriens vont de l’autre côté, je pense pour ce que je sais de l’affaire, non seulement les dossiers leur sont cachés, mais ils n’ont pas accès à l’information essentielle. Je pense que pour faire la lumière sur l’affaire André Kieffer, il est temps qu’il y ait une coopération judiciaire correcte. Une coopération où les deux juridictions ont les mêmes latitudes, les mêmes sérénités pour mener à bien les investigations. Et partant de cela, je veux rebondir sur l’affaire Djibié qui vient de s’achever, heureusement pour les détenus, celui qui était impliqué comme ayant été accusé d’avoir tué sa femme et pendant dix ans (de 2000 à 2010), il n’y a pas eu de véritables preuves indiquant qu’il a tué sa femme. On n’a pas vu le corps de la femme. Donc l’affaire est passée aux archives. Ils ont relaxé et acquitté le monsieur. Je ne suis pas juriste, mais je pense que dans l’affaire Kieffer, il n’y a pas de corps.

A votre avis, pourquoi il n’y a pas de corps ?
Je n’en sais rien. Il y a des théories qui disent que surement Kieffer ne serait pas mort…Il n’y a pas de corps. S’il n’est donc pas mort, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Est-ce que c’est un fait divers et on veut en faire une affaire politique ? Qu’on nous le dise clairement. Au jour d’aujourd’hui, nous constatons que cette affaire n’est ni un problème d’Etat, ni un fait divers. On tourne les uns et les autres en rond. Pendant ce temps les autorités ivoiriennes mènent de façon loisible et à bien leur défense. Depuis plusieurs années, on ne retrouve pas le corps d’André Kieffer. D’où pour moi, il est essentiel que nous revoyions tous ces dossiers et que la justice puisse être dite clairement, si, elle est dite, au moins nous savons qu’il n’y a pas de petits coups fourrés, qu’il n’y a pas de coups bas. Pour nous qui sommes de la société civile ivoirienne issue de la diaspora, nous exigeons que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Parce que ce problème n’a fait qu’assombrir d’abord les relations entre la Côte d’Ivoire et la France. A côté de cette affaire, il y a aussi ce problème des neuf (09) soldats tués, l’affaire Firmin Mayé et le contentieux du bombardement de novembre 2004. Jusque là, il y a certains dossiers que je viens de citer, qui ont été déclassé, sauf l’affaire Kieffer. Donc, si cette affaire n’a pas été déclassé, c’est qu’il y a quelque chose qui doit être éclairée. Pour une petite militante que je suis, je ne peux pas déverrouiller les verrous pour comprendre ce qui se passe exactement. Le procureur Hervé Morin s’est illustré dans l’affaire clearstream (duel de Dominique de Villepin /Nicolas Sarkozy) en faisant appel de la décision de justice qui demandait la relaxe de De Villepin. Il remet une couche dans l’affaire GAK en faisant appel de la décision de la mise en liberté provisoire de Monsieur Toni Oulaï. Serait-il le bras séculier du président Sarkozy ? Car le délai de détention provisoire autorisé est largement dépassé dans ce cas précis, ainsi la relaxe pure et simple de Monsieur Toni Oulaï est exigée à l’instar de celle d’IB (sergent Ibrahima Coulibaly) comme l’avait exigé à l’époque le collectif des ivoiriens de France pour la Démocratie et les droits Humains (CIFDDH). Si non, Y aurait-il une justice à géométrie variable ?

Est-ce qu’à votre niveau, vous ne pouvez pas de temps en temps mettre la pression pour faire évoluer les choses ?
En tant qu’observateur, chacun voit à quel moment précis cette affaire rebondit. Qu’il s’agit des médias internationaux ou nationaux. Nous avons l’impression que ce problème sort au firmament des relations ivoiriennes dès l’instant qu’il y a quelque chose qui ne va pas, on sort quelque chose pour amener les autorités ivoiriennes à agir pour un fait. Nous sommes au troisième millénaire, nous ne sommes plus au moment colonial. Nous voulons donc, une nouvelle coopération, un nouveau partenariat comme Sarkozy, lui-même, l’a dit quand il devait monter à la magistrature suprême. L’actuel Président Français a dit que désormais la Françafrique ne devrait plus avoir droit de cité. Alors, si cette relation doit finir, il est temps que nous passons à autre chose. Nous qui vivons dans la diaspora, aujourd’hui, nous avons notre moitié qui est Française. Nous avons nos enfants qui sont nés en France, beaucoup d’Ivoiriens sont nés en France et plusieurs d’entre eux sont des binationaux. Il est temps qu’on tienne compte de tout cela. Et mettre au centre du débat de vraies relations. Des relations de partenariat, de concorde et non des relations en dent de scie.

Votre sentiment sur le cinquantenaire, qu’on annonce grandiose ?
En ma qualité de chercheur et observatrice de ce cinquantenaire, cette cérémonie a pour moi un goût mi figue- mi raisin. C’est une sorte de cinquantenaire qui a eu des éclats par moment mais qui n’a pas pu donner la véritable indépendance. Lorsque l’Algérie qui était considérée en son temps comme un territoire français avait demandé son autonomie, le GL De Gaule n’a pas su véritablement faire les choses comme elles se devaient. Nous avons eu aussi des Chefs d’Etat Africains qui étaient des marionnettes à la solde de la France, qui dès l’instant que les nuages s’assombrissaient chez eux, ils couraient automatiquement à l’Elysée ou au Quai d’Orsay pour être appuyé par la France afin de pouvoir mater l’opposition ou toute action de protestation. Ce cinquantenaire me laisse personnellement sur ma soif. Et je ne pense pas que c’est le discours de Sarkozy, il y a deux ans de cela à l’Université Cheick Anta Diop qui nous ramenait un siècle en arrière qui va me faire changer d’avis. Puisque ce discours, nous a démontré encore que la France n’a pas d’amis mais a, plutôt des intérêts, qu’elle défendra à chaque instant. Et s’il faut que la France mate des milliers d’africains pour protéger ses intérêts, elle le fera. Maintenant, est ce qu’il y a une nouvelle dynamique d’hommes politiques en Afrique notamment de la trempe de l’actuel Président du Rwanda, Paul Kagamé ou de la trempe de Laurent Gbagbo, du Président du Congo Kinshasa ou de ATT, qui par leurs démarches bien particulières ont montré que les africains avaient quelque chose dans le ventre et qu’ils n’étaient pas seulement des bénis « oui oui » à travers les sommets françafricains mais aussi à partir des clubs très fermés de l’Elysée ou du Quai d’Orsay. Je pense qu’il y a une démarche entamée par la nouvelle classe politique africaine qu’il faut encourager. On peut critiquer certaines actions, mais il faut reconnaître qu’il y a du bon à tirer dans cette nouvelle démarche. Je pense que nous pouvons compter sur l’actuelle génération d’hommes politiques africains pour redynamiser la coopération Franco-africaine.

Que pensez-vous de l’initiative du Président Sarkozy qui veut réunir à Paris un certain nombre de Chefs d’Etat Africains qui fêtent leur cinquantenaire ?
En tant qu’Africaine, je pense que, les peuples africains qui ont souffert des dérives de la colonisation et qui continuent de souffrir du néocolonianisme, il était temps que l’ensemble des dirigeants africains se mettent d’accord pour choisir un pays ou deux pays, puisqu’au niveau de la France, il y avait deux organisations, l’AEF et l’AOF, pour organiser de façon synchronisée cette commémoration. Et non en France. Cette France qui continue de mater des milliers d’africains. Pourquoi, ce pays qui est à la base de la plupart des conflits en Afrique, lesdits conflits qui engendrent plusieurs morts et de nombreux réfugiés de guerre, veut aujourd’hui organiser les cinquante ans d’indépendance des pays africains. A mon sens, il y a quelque chose qui ne va pas. Soit on est « in » ou on est « out ». On ne peut pas dire, oui, on va organiser un cinquantenaire avec vous, pendant ce temps, vous ne venez pas dans notre pays. Vous voyez, j’ai du mal à accepter ce double langage. Pour moi, une organisation synchronisée dans deux pays de l’Afrique, une, en Afrique de l’Ouest et une autre en Afrique de l’Est, est la plus juste. Et non aller à Paris, où encore au niveau de leurs ambassades, ils vont refuser de délivrer des visas à des africains qui iront fêter là-bas. Il faut qu’on nous dise réellement ce qu’on recherche à travers cette proposition.

Au niveau de la diaspora, n’avez-vous pas des reproches à faire aux autorités ivoiriennes ?
Nous constatons malheureusement au niveau de la diaspora que les autorités ivoiriennes n’ont pas encore compris qu’il faut travailler avec la diaspora. Car c’est une diaspora, porteuse d’affaires, une diaspora qui est politiquement bien aguerrie etc. Il faut associer la diaspora aux actions de développement, à l’instar des pays comme le Mali, le Sénégal, la Guinée… Il faut nous faire confiance pour la gestion des affaires. Nos autorités doivent comprendre que la diaspora est composée de citoyens à part entière. Nous jouons un rôle capital dans le tissu économique par l’exportation de devises. Ce fait est malheureusement occulté pour des raisons qui échappent à notre entendement. Il est important que nos autorités nous soutiennent lorsque nous sommes en difficulté en France qui elle se mobilise lorsqu’un français est en prison même pour des crimes graves, afin de le faire sortir. Comme ce qui s’est fait avec Jean Paul Ney, qui est venu préparer un coup d’Etat en Côte d’Ivoire. Mais Alain Johandet est venu le chercher à la MACA au nez et à la barbe des autorités ivoiriennes.

Concernant l’affaire Tony Oulaï, il doit être libéré ces jours-ci. Quel commentaire faites-vous sur cet évènement ?
Je voudrais avant tout dire que Tony Oulaï a vécu dans des conditions dramatiques à la prison de Fleury-Mérogis dans les Sommes. Accusé dans l’affaire floue Guy André Kieffer, il devait être libéré bien avant. D’abord le 05 décembre dernier par le juge des Libertés du tribunal de Grande Instance de Paris, mais le juge Ramaël a prorogé sa détention. Cette libération qui intervient le jour même de la date anniversaire de la disparition de Guy André Kieffer (16 avril) est assurément un signe de communication. J’interpelle le Président de la République Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire d’une part et que d’autre part pour qu’un lobbying soit entrepris pour libérer tous les Ivoiriens injustement incarcérés dans les geôles françaises.

Un mot sur la situation socio-politique en Côte d’Ivoire
La récession économique aidant, la défaite des hommes politiques, la dégradation des mœurs, ont fait de la Côte d’Ivoire aujourd’hui, une république bananière. Il est temps que nos dirigeants de tout bord, mettent l’intérêt général au centre du débat au lieu de privilégier leurs intérêts particuliers qui ne profitent pas au peuple. Cette crise socio-politique qui dure depuis huit (08) ans nous met aux orties des républiques normales, aux orties des démocraties respectant les libertés fondamentales. En revisitant l’histoire à l’aune du cinquantenaire des indépendances, notre pays qui jadis était le laboratoire de toutes les expérimentations des éveils de conscience, de maturité, est devenu aujourd’hui un no mans lands de politiciens mus par leur capacité de renflouer leurs poches. Cela doit appeler à un réveil, sinon nous allons droit dans le mur. Le désarmement est actuellement un mirage, un gouffre à sous où les Institutions, les ONG spécialisées dans ce domaine n’atteignent pas toujours les objectifs assignés. Alors qu’adviendra t il de cette jeunesse qui écartelée entre les guerres personnalisées des leaders politiques et des chefs de guerre qui continuent de scruter l’horizon pour un avenir meilleur et d’autres qui cherchent à rattraper le passé et prêts pour une éventuelle remobilisation ? L’augmentation désordonnée du carburant avec pour corollaire l’augmentation des denrées alimentaires, le citoyen ivoirien qui depuis belle lurette n a pas constaté une augmentation sur sa feuille de paie. Par contre des richesses insultantes d’une minorité agissante et assourdissante crée le paradoxe … Enfin la paix sera la bienvenue pour l émergence d’une véritable nation ivoirienne une et indivisible…

avec le partenariat de L'Intelligent d'Abidjan / Interview réalisé par Olivier Guédé, collaboration Raymond Dibi

Jeudi 15 Avril 2010
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La Dépêche d'Abidjan



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