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Interview exclusive : Plusieurs mois après son retour d’exil Gbamnan Djidan Félicien (Maire déchu de Yopougon), rompt le silence. « Je suis le maire légitime de Yopougon » « L’arrêté d’Hamed Bakayoko est illégal »

Gbamnan Djidan Félicien, Maire Fpi déchu de Yopougon par un arrêté pris par le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a puisé ici, dans ses tripes, des vérités crues, qu’il crache, notamment au ministre, au Maire intérimaire, Yao Yao Bertin, et fait de graves révélations…


Gbamnan Djidan parle avec beaucoup de regret et de remord, de la chute de Laurent Gbagbo.
Gbamnan Djidan parle avec beaucoup de regret et de remord, de la chute de Laurent Gbagbo.
Monsieur le Maire, vous n’étiez pas là à l’éclatement de la crise. Vous étiez au Ghana. Vous êtes revenu on ne dira pas sur la pointe des pieds, mais c’est tout comme, n’est-ce pas ?

Gbamnan Djidan Félicien : Ah non, c’était très officiel, parce que j’étais avant la crise, le 29 mars 2011 au Ghana. Parce que, j’ai senti qu’on ne s’écoutait plus et qu’on risquait d’aller à des dérapages. J’ai fait ma mission de sensibilisation de ma jeunesse, des populations dans le cadre des tournées de sensibilisation à la paix et à la cohésion, malheureusement, je n’ai pas été entendu et vous savez la situation qui prévalait à ce moment. On n’avait pas de banques, pas d’hôpitaux qui fonctionnaient, donc j’ai dû, pour des problèmes personnels et de sécurité, me retirer.

Problème de sécurité dites-vous. Votre vie était en danger ?

G.D.F : C’était une situation difficile pour tout le monde. Il y avait de la tension dans l’air. Derrière ma porte, il y avait des gens qui tiraient tout le temps, et c’était donc inquiétant.

Etiez-vous visé par ces tirs ?

G.D.F : Oui ! Dans les confidences, on dit qu’il y a des personnes qui ont dit que si ça éclatait, je serais la première personne visée. Je me sentais donc en insécurité. Donc, j’ai du me retirer et je suis rentré officiellement puisque cela s’est fait au vu et au su de tout le monde à la télévision, j’ai fait des déclarations. C’est vrai que depuis que je suis rentré, je ne me fais pas voir, et cela donne l’impression que je ne suis pas là.

Comment expliquez-vous cette posture ?

G.D.F : C’est un choix personnel, parce que malheureusement, notre pays vit encore des tensions et la moindre parole est mal interprétée, mal commentée et vous devenez une cible. Vous savez aussi que nous avons dit que nous ne nous engageons plus dans ces élections.

Pendant votre absence, le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko a pris un arrêté pour nommer dans les fonctions de Maire, un conseiller municipal, le 27è sur votre liste, en l’occurrence Yao Yao Bertin. Quelle analyse faites-vous ?

G.D.F : C’est surprenant une telle décision. Parce qu’avant de partir, j’ai pris des actes légaux comme je le fais d’habitude quand je vais en mission, pour désigner mon 1er adjoint comme intérimaire pour liquider les affaires courantes. Je me suis dis que j’allais pour une ou deux semaines et je revenais comme je le fais quand je vais en mission. Donc, j’ai été surpris que ces actes n’aient pas été pris en compte parce que certains conseillers ont trouvé que c’était des actes illégaux alors que pendant 10 ans, on a fonctionné de la sorte. C’est un acte tout à fait légal parce qu’un maire peut se déplacer. C’est pour cela qu’on nomme un premier adjoint. C’est lui qui s’occupe des affaires courantes de la mairie quand le maire s’absente. C’est pour cela que j’ai été étonné d’une telle décision.

Insinuez-vous donc que l’arrêté pris par le ministre Hamed Bakayoko est illégal ?

G.D.F : Je n’ai pas vu un arrêté qui me relève de ma fonction. J’ai été appelé quand j’étais au Ghana à justifier mon absence. C’est ce que j’ai fait par courrier puisque la situation sécuritaire ne me permettait pas de rentrer. J’ai dit pourquoi j’étais absent. J’ai dit que j’ai transmis la gestion de la commune à un intérimaire et je n’ai jamais vu un acte qui me déchargeait de ma fonction. La preuve, le maire intérimaire, c’est une situation d’intérim qu’il assure. Cela veut dire qu’il y a un maire titulaire. Donc, je n’ai pas eu d’arrêté qui m’enlève ma qualité de maire élu.

En clair, vous vous considérez toujours comme le maire légitime de Yopougon.

G.D.F : Absolument. Je suis le maire légitime. Mais, ça ne veut pas dire que je suis en fonction parce que je respecte aussi l’autorité. C’est un acte d’un ministre de la République. Je suis légaliste, donc je me mets en retrait. Mais, dans la logique, si on suit les règles, je demeure le maire jusqu’à ce qu’une élection nouvelle vienne me remplacer. Parce que les maires en Côte d’Ivoire sont élus et la preuve est que celui qui assure cette fonction aujourd’hui a une décision d’intérim.

Le maire intérimaire soutient que c’est la main de Dieu qui l’a nommé, il est allé au-delà de cette information en disant que Gbamnan Djidan, bien qu’étant fils de Yopougon n’en connait pas les réalités. Que répondez-vous ?

G.D.F : Je ne veux pas entrer dans la polémique. J’ai longtemps entendu des propos de mon intérimaire qui est un frère à moi, c’est malheureux. On est à une période tellement importante qu’il y a des choses qu’on ne doit pas laisser dire. M. Yao estime que c’est la main de Dieu qui l’a nommé. Je ne sais pas. J’ai noté que c’est le ministre Hamed Bakayoko qui l’a nommé, c’est une bonne chose. C’est un responsable de l’Etat de Côte d’Ivoire, donc je respecte cela. Mais il ne faut pas qu’autour de cela, il y ait un mystère pour entrainer les gens dans l’erreur.

Le maire Yao Yao a-t-il financé votre campagne comme il l’affirme ?

G.D.F : Il n’a rien financé, aucun centime pour ma campagne. Je vous explique. Je ne suis pas directeur régional de l’agriculture, je suis directeur du projet rural du Zanzan qui porte trois projets, directeur régional du projet de développement rural de Tanda et directeur de développement du projet nord-est C’est sur ces trois entités que j’étais responsable .J’étais en fonction. Les populations, et le Fpi qui a vu tout ce que j’avais acquis comme expérience dans la gestion des hommes dans les projets ont souhaité que je sois candidat. Je n’ai toujours pas voulu être candidat à quoi que ce soit, mais j’ai vu, au fil du développement de la situation que peut-être, il fallait mettre mon expérience au service de cette commune qui m’a vu naître Je ne suis jamais parti de Yopougon, j’habite Yopougon, je suis né à Yopougon. Je ne connais pas d’autres communes. Certains maires sont dans d’autres communes et viennent gérer. Moi j’étais à Cocody et je suis venu à Yopougon quand je suis devenu maire. J’ai donc voulu mettre cette expérience au profit des populations.

Combien y avait-il de candidats ?

G.D.F : Il y avait des candidats à la candidature pour le Fpi dont moi, Yao Yao, feue Mme Assémian et Douatty. Il n’a pas été question de 4 communes. Si ça avait été le cas, chacun prendrait une commune mais nous étions des candidats à la candidature pour le Fpi. Et devant 4 candidats, il fallait aller à un consensus. La direction nous a demandés d’aller à un consensus. On était même allé dans les bureaux où Yao Yao travaillait comme directeur des études, un petit établissement privé à Yopougon. C’est là que chacun a exposé ce qu’il compte faire pour la commune et que deux candidats ont désisté en ma faveur.

Yao Yao et feue Mme Assémian . Je me suis retrouvé donc candidat contre Douatty. Il n’avait jamais été question de commune à repartir. Donc, voila la situation et devant la résistance de Douatty, nous sommes allés à plusieurs assemblées et c’est là qu’on a demandé de faire un consensus. Même la direction du Fpi de Yopougon n’avait pas voulu qu’on inscrive le nom de Yao Yao. Je ne connaissais pas cette personne mais elle a dit qu’elle désistait pour être sur ma liste. Donc, je ne pouvais pas moralement accepter qu’on retire cette personne. C’est moi qui ai pris sur moi de le mettre sur la liste, sinon, il n’y était même pas. Donc, il ne faut pas qu’il bafoue l’histoire.



A quel parti appartenez-vous ? Le Pdci ou le Fpi ?

G.D.F : Quand Yao Yao Bertin dit que j’étais militant du Pdci, je veux qu’il apporte la preuve. Je vais être honnête avec vous. Je n’avais jamais milité dans un parti politique. La première fois, c’était au Fpi. Vous savez, j’ai travaillé pour l’Union européenne pendant 15 ans. J’étais recruté comme Expert de projets pour le développement pour le compte du Fida. Donc, je ne faisais pas de la politique. Ainsi, c’est en recherchant les gens capables d’apporter un développement à ce parti, que j’ai été sollicité par mes parents qui m’ont présenté au Fpi. Ils ont fait le pied de grue chez moi des années pour que je puisse venir les aider. Et c’est à la dernière minute, vers 1997 que j’ai accepté. Donc, il ne peut pas apporter la preuve que j’ai une carte du Pdci. On peut contrôler tous les fichiers du Pdci, je n’y ai pas de carte. Peut-être au temps du parti unique où étant élève ou étudiant, on vous coupait à la source oui, mais dire que quand j’étais responsable de moi-même, j’ai milité dans un parti, ce n’est pas vrai. Donc, voila ma situation. Tout le monde sait, je n’ai jamais caché, le seul parti dans lequel j’ai milité, c’est le Fpi. Je n’ai pas milité dans un autre parti. Donc, j’ai été élu et je crois que j’ai rassemblé toutes les tendances et on a travaillé ensemble. Yao Yao, je m’occupais personnellement de lui. Je lui ai toujours fait du bien. Comme il fait de la publicité, j’ai été la première personne à l’appeler pour lui dire : « Depuis le Ghana, j’ai su que tu as été nommé intérimaire, je suis à ta disposition pour t’apporter mon expérience pour qu’on gère Yopougon qui est dans une situation difficile. Avec toutes les tensions, les gens qui sont morts, il faut qu’on puisse gérer de façon intelligente cela. Je suis à ta disposition pour t’apporter mon expérience ».

Quelle a été sa réaction ?

G.D.F : Il en a fait plus de publicité pour dire que Djidan l’appelle tous les jours, qu’il est son ami, que je suis fâché parce qu’il a embauché des gens à Yopougon. Je ne me reconnais pas dans de tels propos.

Quel a été son rôle dans votre retour ?

G.D.F : Depuis que je suis revenu, je ne l’ai jamais vu, il n’a jamais mis les pieds chez moi, je ne l’ai jamais appelé. Quand je l’appelle, il ne répond pas, peut-être qu’il a quelque chose à se reprocher, mais moi je suis serein. Tout est passager sur cette terre. C’est facile d’utiliser le nom de Dieu alors qu’on n’a aucun esprit divin en soi. Ça, ce n’est pas bon. Je suis très déçu de sa façon de faire. Il a divisé la commune de Yopougon. Il attribue des camps. Moi, je n’ai pas de camp. Quand je suis arrivé, j’ai même laissé la secrétaire du maire Doukouré avec moi. Ceux qui étaient là, sont restés, je n’ai chassé personne. Mais vous venez pour un intérim et chaque jour, ce sont des renvois, des rappels… Ces postes sont occupés par des gens nouveaux qui n’ont aucune expérience.

Pouvez-vous étayer vos propos ? Avez-vous des noms ?

G.D.F : Bien sûr, il y a des noms. Vous avez aujourd’hui des pères de famille qui n’ont pas de salaires à la mairie.

Qui par exemple ?

G.D.F : M. Zéga Bodjé. On les paye sur des prestations de service, alors que ce sont des gens qui ont des contrats de travail. On ne leur dit pas qu’on les a renvoyé. Les régisseurs de la mairie, les assistantes sociales, le sous-directeur administratif, le jeune ingénieur agronome qui était là, Aboa Roméo, ces gens n’ont pas de salaire. Dans quel monde sommes-nous ? Les gardes municipaux, parce qu’on dit qu’ils sont pour Djidan, on suspend leurs salaires pendant 7 mois. C’est révoltant et on parle de réconciliation. Il a œuvré pour que qui rentre ? Personne. Il n’en a même pas la capacité.

Donc, il n’a rien fait pour que les militants exilés rentrent ?

G.D.F : Personne. Je ne connais personne qu’il a aidé à rentrer. Au contraire, c’est lui qui divise, c’est lui qui fait des écrits contre les gens, qui dit tel agent a été milicien et qui divise les gens. Ça, ce n’est pas bon quand on est dans une période de réconciliation. Vous avez une mission, faites-la, il ne faut pas créer plus de problèmes. Donc, je suis vraiment révolté contre cette façon de faire et les mensonges qui entourent toutes ses interventions.

Votre révolte aurait pu vous amener à revenir, ou c’est en respect du mot d’ordre de votre parti ?

G.D.F : J’ai donné une parole. J’ai dis que si c’est cela la politique alors, je ne suis pas un politicien. Je ne fais pas la politique pour diviser les gens, ni pour que les gens meurent. ça ne m’intéresse pas de le faire.

Le ministre vous a fait une offre au niveau de la réconciliation. Vous devez conduire une cellule. Pourquoi avez-vous décliné l’offre ?

G.D.F : Vous n’avez pas la bonne information. C’est moi qui ai décidé de proposer un projet au ministre de l’Intérieur et au chef de l’Etat pour dire qu’aujourd’hui, je ne suis pas candidat à la mairie mais je peux quand même servir ma commune. J’ai œuvré pendant 10 ans, il y a des gens que j’ai aidé, il y a des gens qui m’écoutent. Moi je vais me mettre au service de tous pour que, sans prétention politique, j’aide à la consolidation de cette paix que nous recherchons tous. Vous savez que Yopougon a été meurtri. Pour mon projet, on m’a promené partout, je n’ai pas eu l’écho que j’espérais.

« On m’a promené partout », c’est-à-dire ?

G.D.F : On m’a dit : « c’est un projet intéressant, on analyse ». Je n’ai pas eu de suite.

Vous êtes toujours dans l’attente ?

G.D.F : Je suis toujours dans l’attente, parce que c’est plus que nécessaire quand on entend certains propos, voit certains actes qui sont posés, les gens ne voient pas d’où l’on vient. Les gens ne voient pas la souffrance qu’on a endurée. Il y a encore des gens qui souffrent à l’extérieur, des réfugiés qui sont dans des conditions inhumaines. Il faut qu’on crée des conditions de paix pour que les gens reviennent. Les bons projets que développent aujourd’hui le Président de la République, on peut les sentir dans le peuple, on peut sentir la joie. Mais, aujourd’hui, c’est difficile.

Le maire Yao Yao dit qu’il est certain d’être réélu. Qu’en pensez-vous ?

G.D.F : C’est une élection, il est candidat, donc il est possible qu’il soit élu. Les populations apprécieront. Mais, quand on commence à brandir les problèmes d’ethnie, quand on dit : « Les Ebriés ne voulaient pas que je sois candidat ». Les Ebrié sont à Yopougon, ils ne sont jamais intervenus pour dire Yao Yao, on t’empêche d’être candidat. Ce ne sont pas eux qui choisissent le maire, c’est une élection. Mais, quand on attaque un peuple, c’est comme ça qu’on crée les problèmes. Donc, je ne présage de rien parce que c’est une élection ouverte et Yao Yao peut être élu. Mais, il faut voir les actes qu’on pose. Est-ce que ce sont des actes de paix qu’on pose quand on renvoie des gens pour rien, quand on interdit des meetings ? C’est lui qui crée même ces tensions. Peut-être que le meeting se serait passé sans problème. Mais à partir du moment où tu braques les gens, où tu tiens certains propos, tout le monde se braque et cela crée des tensions. Pendant la campagne, on a pu voir des tensions avec le Rdr. Quand les jeunes du Rdr venaient, je déviais mon convoi, moi, maire de la commune pour éviter les tensions. C’est moi qui ai la force. Si je vais toucher quelqu’un, ça va créer des tensions. Avant même l’élection, ça va créer des dérapages. J’ai demandé aux gens de les laisser passer. C’est cela le responsable. Mais, quand on tient des propos qui allument les tensions, qu’est ce que voulez faire ?

Le gouvernement a pris la décision d’exhumer les morts de Yopougon. Pensez-vous que c’est une manière de retourner le couteau dans la plaie ?

G.D.F : Non. Ce sont des actes normaux de retrouver des cadavres, de savoir comment ils sont morts. Ça, c’est tout à fait normal pour l’histoire et pour que cela nous serve de leçon. Il y a des gens qui sont là, qui ont vécu des drames. Il faut que ces gens soient entendus, qu’on leur rende justice. Si on ne fait pas cela, ce n’est pas bon. Donc, je suis tout à fait d’accord.

Cela intervient au moment où on attend le verdict de l’audience de confirmation des charges contre l’ex-président Gbagbo. Qu’en pensez-vous ?

G.D.F : J’espère que ce sont deux faits qui ne sont pas liés et que nous sommes dans le cadre d’une procédure pour comprendre qui est mort et de quoi il est mort. Parce que, parmi ces morts, il y a des pro-Gbagbo et des pro-Ouattara comme on dit. Donc, on ne peut pas dire qu’à Yopougon, c’est tel camp qui a tué. Tout le monde est concerné. Il faut savoir la vérité et à la suite, si on doit pardonner, on pardonne. Mais, il y a le problème des doctorats dont on parle. On m’a informé de comment on est arrivé à cela. On m’a dit que c’est au cours d’une discussion au bureau du maire intérimaire qu’on a dit : « Tu mérites un titre de docteur ». Et on se disputait entre docteur et professeur et certains on dit : « on va prendre docteur parce que docteur est plus important que professeur ». Donc, il y a des choses qui me révoltent.

Hier, on disait qu’on a 7 doctorats, aujourd’hui on a un doctorat qui est multi secteur. Mais plus grave, quand on composait les listes, on mettait les fonctions. Je n’ai jamais entendu parler de docteur en tant que premier responsable. Moi j’ai mon diplôme d’ingénieur agronome, tout le monde connait l’école. Mais, quand on raconte n’importe quoi, il faut que ça s’arrête. La population de Yopougon va savoir quand elle ira voter, pour quel type de docteur elle va voter. Il ne faut pas mentir sur ce qu’on n’est pas. Je ne peux pas mentir sur mon diplôme, je l’ai dans mon sac. Je ne crois pas que les autres puissent le faire. Il faut arrêter de distraire le peuple. On a tellement de problèmes à régler qu’il ne faut pas nous distraire. Yopougon est une commune importante. C’est la première commune de Côte d’Ivoire. Donc, il ne faut pas qu’on joue avec l’avenir de notre jeunesse, de notre commune.

Quelles sont les relations que vous avez avec votre parti le Fpi et qu’est ce que vous pensez de sa décision de ne pas participer aux élections ?

G.D.F : Avec le Fpi, je n’ai aucun problème. Je suis militant du Front populaire ivoirien. Je l’ai dis dans certaines adresses, que si je dois arrêter la politique, si je dois arrêter de militer, le Fpi serait mon dernier parti. Je ne vais pas aller me vendre dans un autre parti. Je ne suis pas pour le papillonnage. J’ai ma dignité, j’ai milité au Fpi, ce n’est pas tout ce qui se fait qui me plaît, ça je l’avoue. Parce que j’ai trouvé que dans cette élection, notre responsabilité a été engagée dans les conflits. Si on s’était mieux préparés et qu’on était sincères les uns avec les autres, on aurait pu éviter certains dérapages. Certains ont pris de l’argent pour dire qu’ils font la campagne mais rien. Nous, nous avons travaillé, nous nous sommes « tués » et on a eu les résultats qu’on a eu. J’ai fait une campagne, je n’ai pas insulté quelqu’un, j’ai présenté le projet de mon candidat. Si tout le monde faisait cela, on aurait gagné. On a eu des failles, on se préoccupait de nous-mêmes.

En dehors de cela, je ne me vois pas en train de changer de parti. Certains qui disent que j’étais Pdci avec Bédié, maintenant, je suis sous l’éclairage d’Ahoussou Jeannot, sous la lumière d’Alassane Ouattara. Mon intérimaire, il aligne tous les noms. Il faut être sérieux. Tu dis qu’on t’a grugé, que tu es venu avec des millions. Ma campagne, c’est moi qui l’ai financée. Les adjoints au maire, on a dit à chacun 1,5 millions, le maire 5 millions. Ça, c’est que nous donnons à la direction de campagne. Mais, ce qui est personnel, il n’a jamais donné 1 franc. Qu’il donne la preuve. Il ne faut pas mentir. C’est trop récent.

Monsieur le maire, on fera la campagne sur votre bilan. Qu’est ce que vous avez laissé dan l’histoire de votre commune ?

G.D.F : Là, c’est la population de Yopougon qui pourra vous le dire. J’ai été le maire de toutes les tendances, de toutes les religions, de toutes les régions. Je n’ai jamais fait de distinguo, même dans les nominations. Aujourd’hui, quand on inaugure le marché de Selmer, on n’entend pas mon nom. Mais, c’est moi qui suis l’initiateur de ce marché.

Aujourd’hui, les antennes où les gens travaillent, les écoles. C’est moi qui ai commencé avec les prises en charge scolaires. Je suis allé jusqu’à 300 millions de Fcfa par an. Les subventions, les pèlerinages, chaque jour il y a encore des gens qui viennent chez moi pour me remercier. Même le pont SIDECI, c’est moi. Les écoles qu’il a faites, je ne les vois pas. Le principe, était que je faisais des écoles, même quand ce n’était pas au budget et on remboursait. Je voulais tellement aller vite. Quand vous rentrez dans les villages, les centres de santé réhabilités, c’est moi. En termes d’investissements privés, j’ai fait plus de 10 milliards de Fcfa.

En termes de projets d’investissement partenariat privé-public. Quand j’arrivais, le budget de Yopougon était à 2,3 milliards. J’ai porté ce budget à 7 milliards en une année. Et les parts d’investissements qui étaient de 10% minimum, je suis parti jusqu’à 30%. Les preuves existent. C’est même pour cela que mon projet a été élu au projet banque mondiale de renforcement des communes. Tout cela a été perdu, on a passé le temps à faire des querelles de personnes, à renvoyer des gens, c’est malheureux. Alors qu’on a ouvert des pistes importantes. Voila ce que j’ai fait pour ma commune et j’en suis fier.

J’ai planifié la construction de l’hôtel communal. C’est moi qui ai pris sur moi l’initiative. On avait même programmé la construction et il y a eu la crise. Ce projet existait, il n’est pas nouveau, ce n’est pas quelqu’un d’autre qui l’a planifié. Il faut qu’on se dise les vérités. Je ne suis pas prêt à me taire quand je sens le mensonge, la calomnie. Il faut qu’on sache qui est qui dans ce pays et qui fait quoi.


Interview réalisée par

Armand B. DEPEYLA et KIKIE Nazaire (Collaboration Abraham Kouassi)
In Soir Info






Mardi 2 Avril 2013
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