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Interview exclusive KKB casse la baraque: « Le Pdci ne peut pas mourir après Bédié » Sa commission pour le 12è congrès est anti-statutaire

Konan Kouadio Bertin di KKB, le président de la Jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Jpdci), député à l’Assemblée nationale, élu à Port-Bouët en décembre 2010, a mordu. Et très fort… Dans cette première partie de l’ interview qu’il nous a accordée, il s’est permis, avec un verbe particulièrement acide, des remarques et autres observations qui ne manqueront pas, à n’en point douter, de lui attirer des foudres, mais aussi, du respect. Ça dépend du camp où l’on se situe…


Interview exclusive KKB casse la baraque: « Le Pdci ne peut pas mourir après Bédié » Sa commission pour le 12è congrès est anti-statutaire
Criez-vous victoire avec l’annonce de l’organisation du 12ème Congrès du Pdci que vous avez réclamé plus d’une fois ?

Kouadio Konan Bertin : En définitive, la question du congrès n’est plus un sujet tabou au Pdci-Rda. Tout le monde en parle et le président du parti lui-même nous a devancés en publiant quelques comités pour songer à préparer le congrès. On peut donc dire que les jeunes du Pdci-Rda ont joué leur rôle. C’est un philosophe qui le disait : « L’anticonformisme de la jeunesse est source de progrès ». Oui, le Pdci a réalisé quelques progrès ces derniers temps. Car, il y a un an, évoquer la tenue d’un Bureau politique était difficile. Finalement, la réunion a pu se tenir. Nous souhaitons qu’on fasse le bilan. Il a été fait partiellement au Bureau politique. Le vrai bilan du Pdci ne se fera qu’au congrès.

Donc, cette annonce du congrès est une victoire pour la jeunesse en général et pour KKB en particulier ?

K.K.B : C’est une victoire pour le Pdci-Rda…

A travers sa jeunesse ?

K.K.B : Pas forcément sa jeunesse. Elle n’a fait que jouer sa partition. On peut le dire : les jeunes n’ont pas eu tort de prendre les positions qu’ils ont prises. Les jeunes n’ont pas eu tort d’indiquer les chemins qu’il fallait indiquer. Je vous rappelle que, depuis 1999 -c’est même comme une tradition désormais-, les jeunes sont en avant-garde de tous les combats au sein du Pdci. Et, ils ont toujours été là quand il faut indiquer le chemin. Je vous rappelle qu’en 1999, quand il y a le coup d’Etat militaire, ce sont les jeunes qui ont bravé l’appareil pour demander que Bédié ne soit pas mis en congé. Ce sont les jeunes qui ont dit et insisté pour dire que Bédié demeurait une réalité politique incontournable. Ce sont les jeunes qui ont insisté -j’étais chaque fois devant eux-, envers et contre tout, pour dire qu’il faut que Bédié revienne d’exil. Bédié revenu d’exil, ce sont les mêmes jeunes qui l’ont porté à la tête du Pdci-Rda.

Ce sont ces mêmes jeunes qui réclament aujourd’hui son départ !

K.K.B : Pas qu’ils réclament son départ. Ce sont les mêmes jeunes qui posent la question de l’avenir du Pdci-Rda. Ils demandent qu’on dégage l’horizon sur la vie du parti…


Donc, vous ne réclamez plus le départ de Bédié ?

K.K.B : Pas qu’on ne réclame pas son départ. Bédié, de toutes les façons, il vous l’a dit. Il nous l’a dit, à nous tous, qu’il était à son dernier combat. Ensuite un parti politique, il se crée pour conquérir un pouvoir d’Etat et l’exercer. Naturellement, quand le président du parti fait des sacrifices, c’est dans le sens d’amener sa troupe au pouvoir. Vous savez aussi que M. Bédié, avocat de formation, juriste chevronné que tout le monde connaît, devenu président de la République par l’application des textes de la République, est le premier qui indique le respect des textes qu’on se donne quand on appartient à une association.

Ces textes du Pdci disent quoi ?

K.K.B : Les textes disent clairement que pour être président du Pdci-Rda, il faut avoir 40 ans au et au plus 75 ans. Mon père (Bédié, Ndlr) a déjà célébré ses 78 ans. Donc, il n’est plus dans cette fourchette.


Vous demandez que ces textes s’appliquent à Bédié ? Et c’est pourquoi au sortir du dernier Bureau politique du Pdci, le 2 juin 2012, vous avez dit que Bédié est forclos ?

K.K.B : Si je m’en tiens à ces textes, je dis, sauf par extraordinaire, Bédié ne peut pas être candidat. Et, je ne pense pas que ces textes changeront.

Qu’est-ce que vous attendez du prochain congrès ?

K.K.B : Il y a quelques-uns parmi nous qui semblaient dire que le congrès n’est pas opportun. Mais le congrès est plus qu’opportun. Parce qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de débats qui doivent être clarifiés. On parle de parti unifié. Or, le parti unifié n’a jamais fait l’objet de débat au Pdci.

Qui parle de parti unifié ?

K.K.B : Dans notre alliance, il est question, de plus en plus, d’aller en un parti unifié.

Au sein du Rhdp ?

K.K.B : Oui, au sein du Rhdp.

Mais, quelle est votre position sur la question ?

K.K.B : Pour traiter de la question, il y a qu’un seul organe : c’est le congrès. Donc, il y a urgence qu’on aille à un congrès. Ensuite, le Pdci-Rda a besoin de clarifier l’horizon. Vous savez bien que notre population est majoritairement jeune aujourd’hui. Or, la classe dirigeante au niveau du Pdci, à commencer par moi-même, est d’un âge avancé. Nous avons besoin de clarifier les choses. Nous avons besoin de dégager des horizons pour les jeunes. Nous avons besoin de dégager des perspectives pour reconstruire le Pdci-Rda pour en faire le parti, comme il était sous Houphouët-Boigny, aimé de tous les Ivoiriens. Les résultats du premier tour de la présidentielle de 2010 ont donné 25% au Pdci. Le parti doit-il se contenter de cela ou il doit continuer de conquérir le terrain ? Eh bien, toutes ces questions commandent que nous allons au congrès. Un congrès dont je n’envisage pas l’organisation au-delà d’avril 2013.

Quelles sont vos attentes pour ce congrès de façon concrète ?

K.K.B : Quand tous les militants seront réunis, nous allons nous prononcer sur l’avenir du Pdci-Rda, sur ses perspectives. On sort de là avec de nouvelles structures pour un Pdci plus ambitieux.

Vous avez réclamé un congrès, alors vous attendez quoi de façon particulière ?

K.K.B : J’attends la renaissance du Pdci-Rda.

C’est-à-dire ?

K.K.B : La renaissance du Pdci-Rda.

La renaissance du Pdci avec un nouveau président ?

K.K.B : Pour l’instant, les problèmes ne se posent pas en termes d’hommes. Vous savez, dans tous les cas, nous avons fait un bond qualitatif vers la démocratie. Le dernier congrès, qui s’est tenue en 2002, a été un congrès électif. Ça veut dire que tous ceux qui aspirent diriger le Pdci-Rda seront obligés de se soumettre aux suffrages des militants. Le prochain congrès doit confirmer cette avancée, ce progrès démocratique en interne.

Quelle instance du parti souhaiteriez-vous qu’elle soit revue, la présidence, le secrétariat général ?

K.K.B : Le problème du Pdci ne se pose pas en ces termes. Le secrétariat tel que prévu par nos textes, la présidence, les structures annexes…Bon, peut-être que ce sont les nombres qu’on juge un peu trop pléthoriques par endroits qu’on reverra. Mais, pour l’instant, honnêtement, je pense que le Pdci, dans sa structuration actuelle, ne pose pas de problème.

Quels commentaires faites-vous de la publication de la liste des membres de la commission chargée d’organiser le congrès, une commission placée sous l’autorité du président Bédié ?

K.K.B : A la suite de la publication de ce comité, le comité de direction s’est réuni pour faire le point de la situation. Et je crois qu’un comité s’est rendu à Daoukro pour en parler avec le président (Bédié). Qui, semble-t-il, ne reconnaît pas lui-même avoir créé ce comité. Ceci dit, il semble que c’est un comité de réflexion rattaché à la personne du président Bédié. Mais, ce n’est pas à ce comité qu’est dévolu le rôle ou la mission d’organiser le congrès. Si tel était le cas, je dirais que c’est anti-statutaire. Les textes du parti sont clairs.

Mais, c’est bien cette commission qui est chargée d’organiser le 12ème congrès selon ce qui a été publié dans la presse. Qu’en dites-vous ?



K.K.B : (Il hausse le ton, Ndlr). Ce comité, je dis, est anti-statutaire. Aucune disposition de nos textes ne prévoit un tel comité en dehors des structures formellement identifiées pour organiser un congrès au Pdci-Rda. Moi je pense, et je vous le dit, c’est un comité de campagne. On ne peut pas interdire à tous les potentiels candidats de se créer des comités de campagne.

Pour vous donc, les textes de votre parti ont été violés puisqu’il est clairement mentionné que cette commission qui est chargée de préparer le 12ème congrès !

K.K.B : Ce comité ne peut pas organiser le congrès du Pdci.

Vous reconnaissez que les textes ont été violés ?

K.K.B : Ce comité ne peut pas organiser le congrès du Pdci.

Vous êtes donc d’accord avec ceux contestent la création de cette commission ?

K.K.B : Je dis que c’est anti-statutaire. Et les jeunes du Pdci-Rda ne reconnaissent pas ce comité. Ce comité ne peut donc pas organiser le congrès du Pdci-Rda. Il peut, à la limite, battre campagne pour quelque candidat. C’est le droit de ses membres. Mais, ce comité ne peut pas se substituer aux structures du parti.

Avec tout ce qui passe, ce n’est-il pas le début de la guerre de succession ?

K.K.B : C’est possible. Moi, je fais une analyse simple du comité. Je devine aisément ceux qui ont créé le comité, pourquoi ils ont créé le comité. Comme je le dis, chacun a le droit d’avoir ses ambitions. Chacun a le droit de choisir ses méthodes et ses voies et moyens. Je ne les condamne pas. Mais, ce comité n’est pas représentatif des structures, des instances du Pdci-Rda pour espérer organiser le congrès. C’est au parti qu’il revient d’organiser son congrès.

Vous le dites parce que le secrétariat général a été exclu à travers la personne de Djédjé Mady ?

K.K.B : Ce n’est pas la personne de Mady qui nous pose problème. De tout temps, au Pdci, ça été comme ça. Nous savons qui organise le congrès. Ce n’est pas maintenant que ça va changer.

Voyez-vous qui comme candidat du Pdci aux présidentielles de 2015 ?

K.K.B : C’est trop précoce. C’est trop prématuré. Le principe est que le Pdci, de notre point de vue, doit avoir son candidat en 2015.

Pour vous, il n’est pas question d’avoir un candidat unique au sein du Rhdp ?

K.K.B : L’accord du Rhdp dit que celui qui arrive au second tour, il a le soutien des autres. C’est comme ça que le Rdr, arrivé au second tour, a eu notre soutien. Moi, je rêve aussi de voir le Pdci, en application de ses accords, venir au second tour et avoir le soutien des autres alliés pour reprendre le fauteuil (présidentiel). Les jeunes du Pdci-Rda, encore une fois, seront en avant-garde de ce combat pour que nous ayons notre candidat en 2015. Parce qu’un parti sérieux comme le Pdci ne peut s’abonner à accompagner ou être absent au second tour et être habitué à appeler ses militants à voter pour les autres à tout moment. Si au bout de 5 ans, 10 ans, 15 ans, vous avez habitué vos militants à voter pour les autres quand est-ce que vous espérez récupérer (le fauteuil présidentiel) ?


Est-ce que ça ne va fragiliser votre union avec le Rdr, avec les autres composantes du Rhdp ?

K.K.B : Mais non ! Puisque ça n’a pas fragilisé notre union hier, pourquoi voulez-vous demain parce que le Pdci a une candidature, ça fragilise notre union ? Bien au contraire, ça ne fait que renforcer l’union.

Mais, il y a certains caciques du Pdci, certaines grandes figures du Pdci qui ne veulent pas d’un candidat de ce parti-là aux élections présidentielles ?

K.K.B : Il faut bien qu’il nous explique pourquoi le Pdci ne doit pas avoir de candidat. M. Bédié était en exil. Il y avait les militaires. Malgré la situation à cette époque, le Pdci a eu un candidat. Mais qu’est ce qui empêchera le Pdci d’avoir un candidat en 2015 ? Ces caciques-là, il faut bien qu’ils nous expliquent. S’ils nous convainquent, on va les suivre.


Est-il possible que le Pdci fasse une alliance avec le Fpi si cette alliance peut lui permettre de revenir au pouvoir ?

K.K.B : Ce n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant.

Est-ce que cela est envisageable ? S’il y a des élections en 2015 et que le Rdr et le Pdci se retrouvent au second tour, est-ce que vous engagez des discussions avec le Fpi pour espérer bénéficier des voix de ses militants ?

K.K.B : Pour l’instant, on est trop loin de ces épisodes.

Mais, ce sont des hypothèses qu’on émet !

K.K.B : Ce sont des hypothèses, mais allons-y pas à pas. Ce qui est important, c’est d’abord que le Pdci se réorganise lui-même pour espérer être à ce rendez-vous. Après le reste, on appréciera. La politique, dit-on, c’est la saine appréciation des réalités du moment, bonne ou mauvaise.

Faut-il organiser, selon vous, le congrès avant d’aller aux municipales annoncées pour le mois de novembre prochain ?

K.K.B : Matériellement, c’est impossible. Si on doit organiser les élections municipales en novembre prochain, comme on entend dire, on ne peut pas demander le congrès avant cette échéance. Par contre, de notre point de vue, une fois qu’on a fini les municipales, plus rien ne pourra bloquer la tenue du congrès. Alors en ce moment, on sera en fin d’année, il faut donc laisser les Ivoiriens fêter. Et dès qu’on revient des fêtes, nous pourrons tenir le congrès pendant le premier trimestre de 2013. Et le Pdci ne peut pas se payer le luxe de passer avril 2013 sans avoir tenu son congrès. Le tout n’est pas de créer des comités pour organiser le congrès. Il faut d’abord situer le congrès dans le temps. On ne nous donne pas de date. Ce qui est urgent, ce que les militants attendent, c’est la date précise du congrès.

Vous voulez donc une date précise du congrès ?

K.K.B : Oui, une fois qu’on a la date, en fonction de cela, chacun peut doser ses efforts sur le terrain. Mais techniquement, matériellement, plus rien ne s’oppose au congrès. Nous les jeunes, nous l’envisageons au plus tard pour avril 2013. Ce congrès sera le rendez-vous de la clarification ! Est-ce que le Pdci-Rda aura un candidat en 2015 ? Est-ce qu’on va à un parti unifié ? Est-ce qu’on va à une confédération ? Autant de questions qui attendent d’être clarifiées. Et puis, on a besoin de faire ce congrès pour que, nous aussi, on parte. Parce qu’à 43 ans, on ne peut pas continuer de mobiliser les jeunes.

Donc à ce congrès, vous allez céder votre place ?

K.K.B : Ma place est déjà vacante. Sauf que je suis arrivé par un congrès, c’est par un congrès que je partirai. Or, pour qu’on convoque le congrès des jeunes, il faut qu’on en finisse avec le congrès du parti. Voici ce qui me maintient à la tête du parti. Moi-même, je suis comme pris en otage. J’ai besoin qu’on aille vite pour laisser la place à plus jeune que moi. Je répète qu’on ne peut pas faire son temps et faire le temps des autres. J’ai formé beaucoup de jeunes dont je suis fier aujourd’hui et que j’ai envie de voir à l’œuvre. Je suis donc pressé de partir.

Mais pourquoi posez-vous une condition à votre succession quand vous dites que la Jpdci ne sera dirigée par un jeune qui n’a pas foi aux idéaux d’Houphouët-Boigny et qui se laisse corrompre et intimider ?

K.K.B : Mais oui ! Si vous mettez à la tête de la structure de jeunesse d’un parti qui se veut ambitieux, un jeune que tous les vents peuvent emporter, vous voyez les risques que le parti court. Ça suppose que nous ayons à la tête de la jeunesse du parti d’abord un jeune reconnu comme tel, militant du Pdci, qui a une conviction forte, qui a foi au parti, qui a une foi solide et qui est lui-même solide. Et qui ne peut pas écouter tous les chants de sirène, qu’on ne peut pas manipuler.

Est-ce que vous avez déjà quelqu’un qui répond à ce profil ?

K.K.B : Oui, ils sont nombreux autour de moi. Mon seul regret, c’est qu’aujourd’hui, beaucoup de ceux que j’ai formés qui étaient aptes à diriger la Jpdci ont dépassé les 35 ans parce qu’on a trainé. Heureusement que j’en ai beaucoup.

Croyez-vous, à l’instar de Simone Ayeri, déléguée départementale Pdci de Fresco, qui a déclaré, fin janvier 2012, dans Le Nouveau Réveil, que si Bédié se retire, le Pdci est mort ?

K.K.B : Je ne crois pas en ça. C’est tout ce que je peux dire.

Vous ne croyez pas en la mort du Pdci après Bédié ?

K.K.B : Je ne crois pas en ça. Si le Pdci n’est pas mort après Houphouët, il ne peut pas mourir après Bédié. Houphouët est mort, le Pdci a vécu. Bédié peut se retirer et le Pdci vivra. Parce que le Pdci, ce n’est pas un club de soutien. Le Pdci est un parti politique a survécu à Houphouët, il survivra à Bédié.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que vous manœuvrez pour Banny au sein du Pdci ?

K.K.B : C’est une habitude au Pdci-Rda. Et je perçois cela comme une insulte à ma modeste personne.

Vous devez en être fier puisque Banny n’est pas n’importe qui ?

K.K.B : Non, ce n’est parce que le nom de Banny est évoqué que ça me pose problème. C’est le fait qu’on pense que Bertin n’est pas capable de penser par lui-même et d’agir par lui-même. A mon âge, c’est ce qui me choque. A l’époque, c’est Bendjo qui me manipulait. Aujourd’hui, vous me donnez l’occasion de clarifier certaines choses. Noël Akossy Bendjo était le chef de file de la rénovation au sein du Pdci-Rda. Il a eu des débuts difficiles avec le candidat Henri Konan Bédié que je soutenais lors du dernier congrès. Les rénovateurs sont des cadres du Pdci-Rda qui tiennent un discours qui n’a rien à voir avec le discours que tient le président du parti. Ça ne pouvait pas continuer comme ça pendant longtemps. Moi, j’ai œuvré pour que les rénovateurs, avec M. Bendjo à leur tête, aient leur place dans le parti. Aujourd’hui Bendjo est loin, on entend plus son nom. A un moment donné, c’est Ouassénan qui me manipulait. Parce que Ouassénan trouve que je suis son fils et il me le rend bien. A un moment donné, c’est Mady qui me manipulait. Mais enfin, diantre ! Aujourd’hui, c’est Charles Konan Banny qui me manipule. Tout le monde connaît ma position dans le combat qui a opposé Banny à Bédié. Mais si les gens s’entêtent à dire que Banny me manipule, c’est parce que certainement ça cache quelque chose. La curiosité me poussera, un jour, à chercher à découvrir.

Banny ne peut donc pas vous manipuler ?

K.K.B : Je ne suis pas manipulable. J’agis à la tête des jeunes avec l’onction des jeunes. Aucun cadre du Pdci-Rda ne me manipule. Ni en 1999 ni aujourd’hui, je ne suis manipulable.


Avez-vous des rapports personnels avec Banny ?

K.K.B : Malheureusement, c’est l’un des cadres que je fréquente le moins. Oui, je vous le dit, compte tenu d’un passé récent qu’on a eu. Je ne sais pas d’où vient cette idée de dire que c’est Banny qui me manipule aujourd’hui. Ceci dit, je ne m’interdis plus de fréquenter qui je veux au sein du Pdci-Rda. Pendant longtemps, je n’ai pas fait comme les autres. Qui prennent le malin plaisir à dire qu’on ne met tous les œufs dans le même panier. De 1999 à 2000, j’ai servi Bédié sans calcul. J’ai mis tous mes œufs dans un même panier. Oui, je suis un homme fidèle. Je suis loyal et j’ai le droit de fréquenter qui je veux. Et à partir de maintenant, je fréquente qui je veux sans restriction.

Comment réagissez-vous au reproche fait au président Ouattara de pratiquer « la politique de rattrapage » ?

K.K.B : C’est vrai, j’entends des gens qui reprochent au président Ouattara de faire du rattrapage ethnique. Oui, à l’échelle où il se situe, il a une plus grande marge de manœuvre. Oui, on ne voit que pour lui. Mais, nous-mêmes au Pdci-Rda, tout comme à l’Udpci, que faisons-nous des opportunités que nous avons ? Au Pdci, quand on fait l’effort de sortir même de la cellule familiale pour choisir nos responsables, on ne va pas plus loin au-delà de la région, sous prétexte que c’est ma tribu, le Baoulé qui a voté Ouattara au deuxième tour. Mais, je rappelle aux uns et autres que dans nos traditions, dans nos villages, c’est le canon d’un seul villageois qui abat un Eléphant et on le partage à l’ensemble des habitants du village. Le Pdci ne peut pas, sous prétexte que ce sont seulement les Baoulé qui ont voté Ouattara, faire table rase des fondements ou des fondamentaux de notre parti, de son idéal -un parti de rassemblement de tous les Ivoiriens- pour nous adonner à ces pratiques qui ne nous honorent pas.

Ces pratiques continuent-elles d’exister ?

K.K.B : La discrimination se vit en longueur de journée et aujourd’hui ça crée des frustrations. Trouvez-vous normal que le Secrétaire général du Pdci-Rda, Alphonse Djédjé Mady, Bété, qui a pris tous les risques sous le régime Gbagbo alors que ses parents Bété ne lui ont jamais pardonné pour les positions qu’il a prises, quand on se souvient des brimades dont il a été victime, sa maison saccagée, que deux ans après qu’on a accédé au pouvoir, cet homme-là soit un simple député. Et, d’ailleurs, il a été élu par ses parents de Saïoua. Vous trouvez normal que le Pdci distribue toutes les cartes sans penser à son Secrétaire général qui est le président du directoire du Rhdp ? Et j’affirme qu’il y a des gens comme Mady et bien d’autres qui méritent que le Pdci leur renvoie l’ascenseur. Si ce n’est pas fait, c’est un cas flagrant d’injustice et je vous l’avoue, ça crée un malaise dans le parti. On ne peut pas ériger la méchanceté et l’ingratitude comme mode gestion d’un parti politique comme le Pdci-Rda. Ce ne sont pas des pratiques qu’on doit tolérer au Pdci.

En parlant de Djédjé Mady, vous faites allusion aussi à votre cas…

K.K.B : Je ne veux pas ramener les choses à ma personne. Mais qui peut penser qu’après avoir fait tout ce qu’on a fait -n’eût été les Ivoiriens de Port-Bouët qui m’ont accordé cette change d’être député à l’Assemblée nationale- on en soit à cette situation. Et les gens parlent… Moi je suis reconnaissant. On était au Golf. Quand j’ai eu des problèmes de santé, Alassane Ouattara m’a aidé à aller me soigner en France. Quand je suis revenu, je suis allé voir Bédié pour lui demander de m’accompagner chez le président Ouattara pour lui dire merci. Jusqu’à ce jour, il n’a pas eu de rendez-vous. Je me suis tourné vers Ahoussou Kouadio Jeannot, ministre de la Justice, Garde des Ceux à l’époque. Je lui ai dit : « Ahoussou, vous êtes un grand frère. Ouattara m’a aidé à me soigner. Je suis revenu. Je voudrais que vous m’accompagner pour lui dire merci. Jusqu’aujourd’hui, j’attends, il n’a pas eu de rendez-vous. Sortis du Golf, deux ans après, regardez la situation de Blé Guirao, Karamoko Yayoro, du président des jeunes de l’Udpci, Yao Séraphin. Ce sont ces pratiques-là au Pdci qui créent un malaise profond qui couve et que personne n’ose dénoncer. Ma crainte, c’est qu’on ne déporte pas ces malaises-là au prochain congrès du parti et que les gens ne s’alignent que sur leurs tribus. Alors-là, ce sera la ruine de l’héritage de Félix Houphouët-Boigny. Quand mes parents Baoulé disent que c’est nous qui avons fait élire Ouattara au deuxième tour, donc c’est à nous il faut les récompenses, d’accord. Mais, Bédié a obtenu 25 % au premier tour. Ces 25 % correspondent au pourcentage des Baoulé dans la société ivoirienne. C'est-à-dire qu’ils ont fait le plein de leurs voix. Mais si demain, s’ils n’ont pas le soutien des autres, que faites-vous pour l’avenir ? Cela veut dire que vous ne serez plus rien et vous serez condamnés à suivre les autres. Je pense que ce n’est pas ça le rêve de Félix Houphouët-Boigny. Houphouët a crée le Pdci et il en a fait un moule, un creuset où on formate l’Ivoirien qui aime son frère, pour que nous puissions dépasser nos clivages, religieux, ethniques, pour ne considérer que notre appartenance à la patrie. On ne peut donc pas accepter qu’on dénature ce creuset-là. De toutes les façons, moi, je suis un Baoulé. Aucun Baoulé n’a mandaté aucun d’entre nous pour parler en notre nom ! Personne ne peut utiliser le Baoulé comme son fonds de commerce pour se réaliser lui-même, ni socialement, ni politiquement. Le Baoulé est un peuple qui a besoin de vivre en harmonie avec ses frères. Il faut sortir des clivages et que le Pdci reste fondamentalement le parti des Ivoiriens où on ne parle pas de religion, d’ethnie et qu’on ne considère que les militants, ceux qui ont fait leur preuve. Et chaque militant doit avoir du Pdci, ce qu’il mérite de son action politique.





Réalisée par Armand B. DEPEYLA et SYLLA Arouna in Soir Info



À lire la suite demain mardi 31 juillet 2012



Lundi 30 Juillet 2012
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