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Interview / Sidiki Bakaba, après sa lettre de démission au Président Gbagbo : ‘’Plus question pour moi de rester encore au Palais de la culture’’

Le 18 avril 2010, Sidiki Bakaba, directeur du Palais de la culture depuis 2001, a déposé sa lettre de démission sur la table du Président de la République, Laurent Gbagbo. Après déjà trois démissions verbales. Rencontré hier à son bureau du Palais de la culture, il donne des réponses et lève le voile sur certains points pendant neuf ans à la tête du Palais de la culture.


Photo : DR
Photo : DR
De passage à Abidjan, l’actrice nigérienne Zalika Souley a dit regretter que vous soyez absent là où on parle de cinéma. Qu’est ce qui a justifié votre absence au Fica ?
Parce que je n’ai pas été invité. Et le thème de ce festival était « Respect ». Et le respect de l’aîné, ça existe en Afrique. Je pense que l’aîné que je suis méritait qu’on vienne l’inviter ou qu’on envoie un mot ou encore, à l’africaine envoyer quelqu’un. Je n’ai pas reçu d’invitation. Et quand j’ai vu citer, à maintes reprises, les réalisateurs ivoiriens par le directeur du festival (Ndlr, Hanny Tchelley), en aucun moment, Sidiki Bakaba n’a été cité comme réalisateur. Donc, mon absence s’explique par le fait que je n’y ai pas été invité. Quand Zalika constate mon absence, ça va de soi. J’ai joué dans trois films avec cette femme : Petanqui, le médecin de Gafiré, Mami Watta. Nous avons de très bonnes relations. Mais qu’est-ce qu’on a dû lui raconter ? Je ne sais pas ! Elle a insinué qu’il y aurait peut être eu des problèmes internes. A mon niveau, il n’y a pas de problèmes. J’ai eu deux Fica ici au Palais de la culture. Mais cette fois, je n’ai pas été invité.

Croyez-vous être un incompris dans vos relations avec vos collègues réalisateurs ?
Je n’aime pas ceux qui disent après moi, le déluge. Je ne me reconnais pas de ceux qu’on dit qu’ils n’ont rien fait pour les petits. De grâce ! Si on me fait ça, c’est de l’ingratitude. J’ai formé et vous avez entendu Thérèse Taba (Ndlr ; pendant le FICA) dire « je salue mon maître Sidiki Babaka ». Je profite de l’occasion pour la saluer. Le savoir est un don divin et l’ingratitude à l’égard de celui qui te le transmet, c’est une ingratitude à l’égard de Dieu lui-même. D’autres ne reconnaissent même pas que je les ai formés, tant mieux. Chacun a sa vision du monde. La reconnaissance est une culture. Je crois qu’il y a une incompréhension et un voile d’invisibilité sur ce que j’ai eu à faire ici au Palais de la culture au cours de ma mission. Quand on dit, ancien réalisateur, ce mot n’existe pas. C’est inventé en Côte d’Ivoire. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Ancien Président, oui. Ancien ministre, oui. Mais ancien réalisateur, ça n’existe pas ! Il n’y a pas d’âge en matière de créativité. Comme disait Picasso, on met longtemps à devenir jeune. J’ai formé des jeunes comédiens à la réalisation. J’ai travaillé pour le cinéma national et international. Je n’ai pas arrêté depuis que je suis au Palais de la culture. J’ai tourné Roue libre, Côte d’Ivoire terre d’espérance. Au moment de la résistance, j’ai pris ma caméra nuit et jour pour témoigner comme l’aurait fait un journaliste avec son crayon. Je n’ai pas non plus cessé d’être invité à l’extérieur dans les festivals de cinéma. On ne peut donc pas dire que je suis un réalisateur qui s’est arrêté. Les projets sont là. Malheureusement, les films de 35 mm, c’est des centaines de millions de FCFA que ça demande. Mais, en attendant que l’office national du cinéma soit effectif, et que je puisse me lever de ce fauteuil pour continuer à aller chercher des fonds ici et là, et j’espère que cet office ne m’excluera pas comme réalisateur ! On ne peut donc pas contester que je sois réalisateur, sinon Zalika n’aurait pas remarqué mon absence. Mon absence est dû au fait que j’ai été exclu en tant que réalisateur ivoirien.

En acceptant en 2001 de venir diriger le Palais de la culture, des proches avaient dit que vous y venez pour mourir artistiquement. Aujourd’hui, 9 ans après, quel bilan faites-vous ?
Beaucoup étaient choqué. Jeanne Mauro, des personnalités comme Belmondo. Les réalités de l’Afrique et l’engagement personnel ont fait que je suis venu travailler. Et à la demande du Président Laurent Gbagbo j’ai pensé que je devais faire mon devoir pour mon pays. C’était passionnant de mettre cette maison (Ndlr, Palais de la culture) en route. J’ai essayé d’en faire comme un lieu qui m’est propre. J’ai fini. J’ai fait ce que je devais faire. Aujourd’hui, mon bilan positif, c’est d’avoir formé des comédiens, c’est d’avoir donné vie et des noms à ce lieu sans tenir compte de qui que ce soit. C’est là le professionnalisme. C’est dire que je n’ai pas d’état d’âme. Madame Hanny Tchelley qui ne m’a pas cité comme réalisateur a, ici, son poster comme tout le monde. Ceux qui m’aiment ou ceux qui ne m’aiment pas, à partir du moment où ce sont des artistes, ont leurs images sur les murs. Ce qui comptait pour moi, c’était l’intérêt général. J’ai travaillé avec cette justice que j’ai rendue à tout le monde quel que soit leur domaine. La meilleure manière de faire mourir un réalisateur, c’est de mettre un voile d’invisibilité sur sa création. C’est ce que j’ai connu. Et si je survis, c’est parce que des enfants que j’ai formés sont devenus de grands comédiens. C’est aussi parce que l’international est resté très reconnaissant en mon endroit. On m’appelle en Algérie pour aller me donner un prix pour l’ensemble de ma carrière alors que le Ministère de la culture m’avait exclut de la liste officielle pour aller à Alger. On vient de m’appeler pour aller à Khouribga, au Maroc, présenter une dramatique filmée de « Iles de Tempête » de Dadié qui est sélectionnée. Quand je regarde mon pays, je dis qu’il y a eu une incompréhension. Parce que quand les œuvres sont là et qu’on ne les présente pas à la télé (Ndlr : RTI) sous prétexte, selon certains, qu’on ferait de la publicité à Sidiki Bakaba, ils ne voyaient pas que j’apportais de l’excellence. Si on n’y voit que la promotion d’un individu, je dis que je n’ai pas besoin de promotion. Alors que le Président de la République ait dit au ministre Komoé, à peine arrivé : Réalisez une tournée avec cette pièce, Iles de Tempête ; Que ça aille à l’intérieur et dans la sous région. Mais, on a toujours mis un pied sur mes créations. Dans mon bilan, ça été les moments les plus durs. Toutes mes créations, je les ai mises en boîte. « L’épopée d’Albouri », je l’ai remise au Président Wade qui a été heureux que je lui donne son héro. C’est dommage ! J’aurais pu participer au rayonnement de mon pays.

Vous mentionnez là les difficultés pendant votre mission au Palais de la culture ; quelle est aujourd’hui la situation au plan administratif et technique de votre environnement ?
Le Président de la République a dit, en me nommant ici : « je ne veux pas être égoïste pour t’arracher à l’Afrique en tant que créateur, il faut que tu continues de créer. Mais ta tâche va être lourde puisque tu vas avoir et le palais, l’administration et tes rêves ». C’est ce que j’ai fait. Car je ne voulais pas abandonner ma carrière. Je ne suis pas venu pour mourir. Les plus grandes créations de ma carrière, j’ai eu à les faire ici. Si on m’avait dit « tu ne montais pas sur scène », il est sûr que je n’allais pas m’asseoir un an dans ce fauteuil… Quand le Président de la République dit qu’il faut sortir et que le ministre de la culture met le pied là-dessus, il est évident, ce sont des choses qu’on ne comprend pas. C’était paradoxal de donner de l’excellence et qu’on ne veuille pas montrer l’excellence. Les seuls qui ont permis qu’il y ait une visibilité sur mon travail, c’est la presse écrite culturelle. Ça n’a pas été le cas de la télévision, ni une volonté politique de la part des ministres successifs qui ont plutôt préféré, souvent, de l’amateurisme à travers des troupes qui ont représenté à l’extérieur la Côte d’Ivoire. Sur le plan technique, il est arrivé un moment où on n’a pas eu d’écoute ni d’interlocuteurs pour accéder à celui (Ndlr, le Président de la République) qui t’envoie faire ta mission. Ça peut engendrer beaucoup de frustrations. C’est dommage ! J’ai réalisé un film sur les dangers du Palais de la culture pour dire que techniquement tout se détériorait. Les appareils ont dépassé les 100% d’usures. Dans la salle de 700 places où on fait du théâtre, sur 80 projecteurs, il y en a que dix (10) qui fonctionnent. Les gradas sont complètement hors d’usage. La plupart des manifestations qui s’y font, les usagers louent à l’extérieur du matériel pour venir avec. Tant sur le plan lumière que sono, le palais ne répond plus vraiment. Pour les grands spectacles, nous avons de grandes difficultés à réaliser ce qu’on faisait il y 8 ans. Lors de la présentation de « La malice des hommes », mon esthétique s’adaptait aux faiblesses techniques qu’il y a ici. On a loué du matériel. Donc, techniquement, le palais est malade. Ce qui est dommage, la Côte d’Ivoire a un accord technique avec la Chine, au niveau du Palais de la culture. Pour le salut de l’espace, j’ai toujours donné mon accord pour un renouvellement quand le contrat de la coopération technique arrivait à son terme. J’ai toujours donné mon accord. Ces gens ont été formidables. Parfois sans tambours ni trompettes, avec la discrétion qu’on leur connaît, ils apportaient du matériel sans que nous payions un centime. Pour une fois, le ministère a dit non au renouvellement, les Chinois ont plié bagages. Je suis surpris et pas surpris, car tout ce qui venait de nous au Ministère de la culture était systématiquement rejeté. C'est-à-dire qu’il y avait un rejet du Palais de la culture. On ne voyait pas l’intérêt général. C’est un danger pour le palais car ils ont mis le palais en danger avec leur légèreté et la haine. Sur le plan administratif, il y a une modification du statut qui a été demandé (Ndlr, en Conseil des ministres) sans tenir compte de notre avis. Quand vous allez partout dans le monde – à Nanterre, Apolo theater, en Allemagne – pour ce genre de structure, il y a un directeur général qui a une vision artistique, un programme et une administration qui gère tout ça. C’est ce qui a été souvent retardé, à chaque fois par les différents ministres. L’avant dernier ministre a trouvé bon de modifier le statut du Palais de la culture. Nous attendons de voir. Ce qu’on a appris, on attend de vérifier, c’est que cette fois-ci, il y aurait cinq directions plus dix (10) sous directeurs – je ne sais pas dans quels bureaux ils vont les mettre –, on alourdit la structure en créant un secrétariat général comme si on était dans une république. Je ne sais pas à quoi cela va correspondre. Mais on ne peut être plus royaliste que le roi. Si c’est ce qu’ils on jugé bon, qu’ils le fassent.

Ce n’était pas le parfait amour avec le ministre de la culture Komoé…
Les derniers jours du ministre Komoé au ministère de la culture remettait en cause mes créations. On me faisait entendre que je n’avais pas le droit de former et de donner de la formation. Et que cela était l’exclusivité de l’INSAAC où j’avais déjà été un des tout premiers professeurs ivoiriens. Or les saisons théâtrales, c’est le Président de la République qui me l’avait demandées… On ne m’empêchera pas de travailler, de donner du positif, de l’excellence à mon pays; tout comme on ne m’a pas empêché de prendre ma caméra pour me mettre devant les chars, et de faire mon film. A Paris, on me dira qu’on n’est pas à Paris, toutes les structures de ce type (Ndlr, Palais de la culture) ont des ateliers de formation. Comment centraliser les choses comme si on se croyait dans un pays communiste. Alors que justement ceux qui sont au pouvoir parlent de démocratie et de libérer la pensée. Il y a contradiction justement quand cela vient d’un Monsieur comme Komoé et son équipe.

Quelle est donc la vision que vous aviez voulu donner au Palais de la culture pour permettre son rayonnement ?
C’est ce qu’on voit là. Quand on arrive au palais, ça doit être la vitrine de la culture ivoirienne. Quand on se promène dans les couloirs, l’étranger qui est de passage se rend compte que la culture de ce pays a une histoire et des visages, des écrivains, des artistes qui ne vivent plus et à des jeunes qui sont encore en vie. L’exil d’Albouri était à l’affiche au moment où on faisait croire aux responsables sénégalais qu’on était des monstres. Une pièce qui ressemblait exactement à ce que vivait la Côte d’Ivoire. Tout a été fait pour qu’on aille jouer au Sénégal. Au dernier moment, on nous a dit qu’il n’y avait pas de kérosène dans l’avion que le Président de la République nous avait affecté. Regardez « Iles de tempête » écrite par un Ivoirien, mise en scène par un Ivoirien et joué par les Ivoiriens. C’était la Côte d’Ivoire qui était choisie avec la pièce de Dadié qui était attendue par feu Césaire pour la célébration du mois (en février) de l’histoire des noirs. C’est ça le rayonnement. Mais on n’en pas voulu. On s’est trouvé dans une forme de solitude et d’incompréhension. On arrivait même à se demander si l’homme qui m’avait demandé de faire cette mission (Ndlr, le Président Laurent Gbagbo) entendait les cris. Est-ce qu’on faisait les vrais rapports à cet homme ? Non. C’est-à-dire que j’en arrivais à dire que son entourage lui faisait un complot constamment. Pour ceux qui disent que je ne suis pas réalisateur, voilà un film (Ndlr, il sort un document) déjà tourné, en 2008 au Benin, qui s’appelle « Sur les traces de Toussaint Louverture». Inspiré de la pièce de Dadié et des recherches qu’on a dû faire nous-mêmes. J’attends les moyens pour finir le montage. Je suis un réa-li-sa-teur ivoirien et panafricain aussi.

Après tout ces chaleureux et difficiles moments de rêve passés à la tête du Palais de la culture vous décidez, depuis le 18 avril 2010, de rendre le tablier. Votre démission, vous l’adressez de façon écrite au Président de la République car vous regrettez, entre autres, de n’avoir pu lui exposer les difficultés rencontrées pendant les trois dernières années. Comment êtes-vous arrivé à cette décision qui paraît irréversible ?
(Ndlr, Après un moment de réflexion, il répond) En venant ici, c’était pour deux ans. Je suis resté plus que deux ans. C’était passionnant parce que le Seigneur avait voulu que ça se passe ainsi. Il faut aussi accepter la part de ce qui échappe à l’homme. C’est ce qui échappe à notre conscience qui nous revient sous forme de destin, dit-on. C’est mon destin. Je n’ai jamais pensé que je serais resté cinq ans. Quand j’ai demandé à partir, le patron (Ndlr, le Président Laurent Gbagbo) m’a dit « j’ai encore besoin de toi ». J’ai continué à jouer ma partition à chaque fois là où il fallait. Jusqu’à ce jour où je suis assis en face de vous, je continue à créer. Mais, ce que nous ne comprenons pas en Afrique, on a du mal à accepter que quand on vient pour une mission, il faut savoir qu’à un moment donné aussi, il faut savoir dire que je pars et je laisse la place aux autres. C’est aussi d’interpeller certains qui doivent accepter que je n’étais pas là, accroché à ce siège. Je pense que si j’avais fait de la politique, j’aurais fait la même chose. Je ne peux que remercier celui qui m’a confié l’espace pour que je puisse servir mon pays et donner de l’excellence. Si moi, je ne suis pas reconnu, mes enfants Jepp et Mike le sont, car ils sont actuellement au Gabon pour former d’autres jeunes. C’est mon enseignement qui continue. A travers eux, je continue à donner à l’Afrique. Voilà pourquoi je dis : ivoirien et panafricain. J’ai aussi fait des sacrifices car j’ai mis en veilleuse ma maison de production. Je disais que ce cinquantenaire a été le cinquantenaire du sacrifice des artistes et des hommes de culture. La souveraineté dépend beaucoup de la réhabilitation de notre culture, de la prise au sérieux du rôle de la culture et de réhabiliter l’homme. La culture a été limitée à son aspect de divertissement. J’ai fait à mon niveau le sacrifice qu’il fallait. Je n’ai qu’un regret, c’est de ne pas avoir de regret… Il faut que je reprenne mon bâton. Je souhaite que l’Office national du cinéma qui va être mis en place en Côte d’Ivoire tienne compte que Sidiki Bakaba est un réalisateur et que j’ai des projets. Qu’on les juge selon leurs qualités et que je ne sois pas exclu d’une manière ou d’une autre. Dieu merci, je ne pense pas que ce sera la médiocrité qui me caractérisera dans ce que je vais avoir à présenter. Mais, s’il y a d’autres critères, il faut qu’on le sache. Si je peux servir mon pays autrement, je le ferai. Que d’autres viennent prendre ce relai. On a fait ce qu’on avait à faire avec les décrets. On nous a laissé travailler. Chaque fois, on nous a écoutés. On ne nous a pas contrariés au niveau du travail. Il n’y a pas officiellement eu de censure mais, j’ai peut être eu une censure officieuse, indirecte… Il faut tourner des pages mais il faut les lire avant de les tourner.

Avez-vous eu un retour depuis l’acheminement de votre courrier?
On n’a pas encore de réponse. La lettre a été déposée en trois différents endroits : au secrétariat de l’Ambassadeur (Ndlr, Alcide Djédjé), au secrétariat du gouvernement et au secrétariat du Président de la République. Nous avons été contacté par l’Ambassadeur Djédjé, il y a de cela une dizaine de jours. On est en négociation. Nous attendons la réponse à notre lettre, c’est tout !

Si l’on demandait de continuer votre mission, resterez-vous ?
(Ndlr, il reste silencieux un longtemps moment). Je pense que …. C’est très joli comme question. Je crois qu’on me l’a demandé déjà trois fois. Et, je suis resté trois fois. Il n’y a que Dieu qui sait dans deux mois ou dans trois semaines où je serai. Si c’est moi, je ne resterai pas au Palais de la culture. Non ! Certains pensent qu’ils peuvent faire autre chose du Palais de la culture, qu’ils essayent. Il faut aussi laisser d’autres ivoiriens apporter leur rêve et leur vision. Nous avons eu le privilège de mettre le train sur les rails. Avec l’espoir que ceux qui viendront vont propulser d’autres choses pour aller plus loin. Mais, il n’y a rien de plus exaltant que ce que nous avons connu. Cela convient ou pas, c’est l’histoire qui le fera. Me demander de rester, j’ai eu à le faire par respect pour le Président Gbagbo et des Ivoiriens. C’es vrai, beaucoup d’Ivoiriens ont du mal à admettre qu’un jour je puisse partir. On n’a pas la tradition de démission en Afrique. En certains moments ça devient une prison. Quand tu viens servir ton pays, saches qu’à un moment donné, tu dois céder la place aux autres. La noblesse exige cela. M’asseoir encore ici et faire des tiraillements, non ! C’est inutile. Je ne me suis jamais senti indispensable dans ma vie. Nul n’est éphémère.

Avec la partenariat de L'Intelligent d'Abidjan / Réalisée par Koné Saydoo
Mercredi 5 Mai 2010
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