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Interview / Sery Bailly, Président de la Fondation Memel-Fotê : ‘’C’est parce que Memel était pour l’indépendance qu’il n’était pas d’accord avec Houphouët-Boigny et ses amis’’

Aujourd’hui, jeudi 29 juillet 2010, la Fondation Memel-Fotê organise à son siège un séminaire international, dans le cadre de la commémoration de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. « Memel-Fotê, un héros pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire », est le thème principal de ladite rencontre qui sera marquée de témoignages pour expliquer, sous forme théorique et pratique, ce qu’a été la contribution du Professeur Memel-Fotê dans l’indépendance culturelle de la Côte d’Ivoire et mettre en évidence son panafricanisme. Le Professeur Séry Bailly, président de la Fondation Memel-Fotê tout en donnant sa conception de l’idée d’indépendance, fait le point des acquis et des retards pour la Côte d’Ivoire, 50 ans après.


Photo :DR
Photo :DR
La Fondation Memel-Fotê dont vous êtes le président, organise un séminaire international avec pour thème « Memel-Fotê, un héro de l’indépendance ». Qu’est-ce qui justifie cette rencontre ?

Quand on célèbre le cinquantenaire de l’indépendance, il faut savoir que l’idée d’indépendance n’est pas naturelle. Ce sont les hommes qui se battent pour acquérir leur indépendance. Nous pensons qu’au moment où on fête le cinquantenaire, il est important de rendre hommage à ceux qui ont lutté pour l’indépendance. Tout le monde n’était pas pour. Non pas parce qu’ils étaient contre l’indépendance, mais certains se demandaient comment être indépendant quand on ne peut fabriquer une aiguille. D’autres disaient qu’on dépendra toujours des Blancs. Mais la liberté n’a pas de conditions. Toutes les personnes qui ont contribué à aider notre pays à accéder à l’indépendance, nous devons leur rendre hommage. Nous, modestement, en tant que Fondation, on a voulu rendre hommage à Memel-Fotê et à travers lui, ses camarades de génération qui ont mené des actions pour l’indépendance, pour qu’ils puissent venir témoigner.

« Memel-Fotê, héros de l’indépendance de la Côte d’Ivoire ». Comment expliquez-vous cet héroïsme ?

Memel fait partie de la génération des étudiants qui ont lutté pour l’indépendance. Que ce soit au sein de l’UGECI (l’Union générale des étudiants de Côte d’Ivoire), affiliée à la FEANF, toutes ces organisations des étudiants ont commencé à demander l’indépendance. La FEANF, dès sa création au milieu des années 1950, demandait l’indépendance. C’est ainsi que, quand la Guinée a pris l’indépendance, en 1958, et que les Français ont retiré les cadres, la Guinée avait besoin d’enseignants. Memel fait partie de ceux qui ont interrompu leurs études pour aller en Guinée, soutenir l’indépendance de la Guinée. Parce que si la Guinée échoue, comment les autres vont-ils demander après l’indépendance ? Nous avons demandé l’indépendance, nous devons la prendre. C’est un défi qu’il fallait relever. En plus de Memel, en Côte d’Ivoire, il y a eu le Professeur N’Guessan Zoukou, le poète David Diop qui a enseigné en Guinée, le Professeur Ki Zerbo, un Béninois du nom de Béhanzin. On ne soutient pas un pays avec seulement les armes, mais avec les capacités intellectuelles pour former la jeunesse. C’est parce que Memel était pour l’indépendance qu’il n’était pas d’accord avec Houphouët-Boigny et ses amis. C’est ainsi que Memel va se retrouver en prison en 1959. On ne le libèrera que le 6 août 1960, c’est-à-dire la veille de l’indépendance. Parce que s’aurait été absurde qu’il soit en prison, parce qu’il veut l’indépendance et que d’autres qui n’en veulent pas soient en train de célébrer. Nous avons donc envers lui et tous les gens de sa génération qui ont fait des sacrifices pour l’indépendance, un devoir de reconnaissance, un devoir mémoire. Le séminaire permettra aussi, peut-être, de lever des ambiguïtés autour de l’idée d’indépendance. Il faut clarifier ce débat sur l’indépendance pour que les 50 nouvelles années qui viennent commencent sur de bonnes bases. Il est vrai que les mots, tels que néocolonialisme, impérialisme, on ne les utilise plus, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de tentative de domination de certains pays sur d’autres. C’est ce même monde qui continue. Donc l’indépendance n’est pas une conquête qui se fait une seule fois. Il faut continuer. Elle a une dimension culturelle – avoir conscience de son identité –, économique et politique. Il faut que nous ayons conscience de tout cela et que nous nous battions pour obtenir et conforter notre indépendance.

Cinquante ans après l’indépendance de la Côte d’Ivoire, comment appréciez-vous l’évolution au niveau culturel, économique et politique ?

Je pense qu’il y a eu des acquis. Il faut apercevoir les limites. Sur le plan de la formation, la Côte d’Ivoire a produit beaucoup d’intellectuels. Cependant, il faut voir qu’il y a un risque, car le taux d’alphabétisation baisse. Quand on a produit beaucoup de diplômés, il faut trouver du travail. Si ce n’est pas le cas, ce qui est un succès devient un handicap. Sur le plan culturel, il y a problème parce que, me semble-t-il, on n’a pas réussi. On est en train de construire l’identité nationale. C’est un travail progressif. Mais, l’indépendance culturelle suppose cette identité. En même temps qu’elle s’enrichit, elle est reconnaissable parmi d’autres identités sur le plan international. C’est plus difficile à la Côte d’Ivoire de le réussir, parce que notre population rassemble plus de diversités que d’autres où il y a un peu plus d’homogénéité. Il peut avoir une ou deux grandes ethnies qui dominent. C’est un défi pour nous, parce que l’indépendance suppose qu’on chante dans sa langue, qu’on dise des proverbes dans sa langue, qu’on cite nos écrivains. C’est-à-dire qu’on utilise sa culture. Cela demeure un défi. Sur le plan économique, on a beaucoup d‘infrastructures. Il faut échanger avec les autres, mais sur une base d’équité et d’égalité, c’est cela l’indépendance… Alors si nous devons communiquer sur le plan économique, il y a des règlements équitables. Si nous devons échanger sur le plan politique, on se respecte mutuellement. Voici les enjeux de l’indépendance.

Vous relevez une baisse du taux d’alphabétisation. Vous êtes dans l’enseignement, quelle explication donnez-vous ?

La population croît. Ce qui veut dire qu’il faut toujours produire des écoles. Si les infrastructures, le nombre des enseignants n’augmentent pas en même temps que la population, la proportion de ceux qui vont à l’école va baisser. Or, l’indépendance est aussi liée à l’instruction, pour unir la société et être en compétition avec les autres sociétés. Notre population est très jeune. Il faut, du point de vue de l’éducation, qu’on tienne compte de l’évolution des choses, sinon il y a un décalage entre les gens à former et les moyens qu’il faut pour les former. Si cette proportion n’est pas maintenue progressivement, l’évolution se fait en défaveur de l’alphabétisation. Il y aura de moins en moins d’enseignants, d’infrastructures pour une population qui est en croissance. C’est cela qu’on redoute. A terme, si cette population n’est pas instruite et cultivée, c’est l’indépendance qui risque d’être en péril.

La Fondation devait servir à la promotion de certains idéaux, mais l’on a très peu de visibilité sur ses activités. Qu’est-ce qui devrait être fait pour promouvoir davantage la Fondation ?

C’est déjà de mieux communiquer dans les médias, de définir le public cible et l’associer à nos activités, et de persévérer. Nous avons ici (Ndlr ; à la Fondation) trois belles bibliothèques. Une bibliothèque, c’est un livre qui attend d’être lu. C’est à nous d’expliquer qu’il est vrai qu’à l’université de Cocody, il y a des problèmes de documentations, mais nous avons cette documentation pour ceux qui veulent venir lire et travailler dans la sérénité. Notre société doit mieux se disposer à s’intéresser à la culture, c’est-à-dire que si on est intéressé à seulement danser et à manger, on ne s’intéressera pas aux lieux de culture. Nous devons faire notre part, mais notre société doit venir à notre rencontre.

Est-il prévu de faire acheminer à la Fondation tous les ouvrages du Professeur Memel-Fotê ?

Nous avons ouvert une salle spéciale pour les ouvrages qui ont appartenu au Professeur Memel-Fotê. La moitié est déjà là, on fera venir l’autre moitié. Une fois qu’on l’aura fait, je ne sais pas quelle autre bibliothèque en Côte d’Ivoire pourra nous concurrencer, parce que ce sont des ouvrages de haut niveau. Nous devons entretenir les œuvres de Memel et les mettre à la disposition des chercheurs et des jeunes étudiants. Je pense que d’ici à la fin de l’année (Ndlr ; fin 2010), on aura tout rassemblé et nous organiserons une cérémonie pour l’ouverture officielle de la salle Memel-Fotê. On fera un battage médiatique pour que nos compatriotes sachent qu’il y a un trésor qu’ils peuvent exploiter.

Récemment, vous avez déploré l’abandon de la Fondation par certains membres qui sont plutôt actif sur la scène politique. Quel aurait pu être leur apport dans le développement des actions de la Fondation ?

Une Fondation fonctionne à partir d’idées. Si on est plus nombreux à proposer des idées originales, ce serait bien pour faire fonctionner la Fondation. Il faut des ressources qui sont de deux types. Ce sont les êtres humains qui agissent. Pour réaliser, il faut de l’argent. Que nos camarades s’intéressent, ce sera une forme d’encouragement pour nous. Ils pourront nous aider à mieux réaliser les objectifs de la Fondation.

Quels objectifs vise la Fondation Memel-Fotê ?

Il s’agit de promouvoir les valeurs démocratiques, humanistes, la paix. De faire connaître le socialisme, d’aider les jeunes à avoir une certaine culture générale. Donc, donner une formation politique aux jeunes. Parce que toutes ces guerres, ces rebellions, ces conflits viennent par manque de formation politique. Nous pensons que si travaillons à former les jeunes qui vont être les leaders de demain, on aura contribué à enraciner la démocratie et à faire en sorte que la politique soit une activité enrichissante pour tout le monde et non une source de mort.

En plus du thème général du séminaire, trois sous-thèmes sont prévues. Qui sont les conférenciers ?

En ce qui concerne l’indépendance et le panafricanisme, le premier thème, c’est le séjour de Memel-Fotê en Guinée qui nous intéresse. Parce qu’il aurait pu dire « je ne suis pas Guinéen, je ne me bats que pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire ». C’est pourquoi, nous parlons de panafricanisme. Nous n’étions pas en Guinée et ne savons pas ce qui s’est passé. Donc, nous avons invité le Professeur Djibril Tamsir Niagne, un grand intellectuel africain qui a connu Memel à cette époque, pour venir témoigner. Pour le deuxième thème qui est relatif à l’indépendance politique de la Côte d’Ivoire, nous avons invité des gens de la génération de Memel qui ont milité avec lui dans les années 1950. Il s’agit de Mme Angèle Gnonsoa, du Professeur Wodié Francis, Dobré Auguste, Houlaï Tiabas, Hyacinthe Leroux, N’guessan Soukou, qui était en Guinée. Ils diront ce que Memel et eux-mêmes ont fait pour l’indépendance. Le troisième thème, c’est l’indépendance culturelle. Il y a deux aspects. Un aspect théorique. Quels sont les enjeux, pourquoi l’indépendance culturelle est importante et comment Memel a contribué à réaliser notre indépendance culturelle ? Cette partie sera traitée par Voho Sahi qui est philosophe. L’autre aspect, la dimension pratique, sera traitée par nos frères de Dabou, parce qu’il s’agit de montrer que Memel, tout en étant un grand intellectuel, connaissait très bien la culture de son terroir

Avec le partenariat de l'Intelligent d'Abidjan / Réalisée par Koné Saydoo

Jeudi 29 Juillet 2010
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