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Interview / Agana, artiste-chanteur : "La couronne d’Alpha Blondy est énorme. Laissons la couronne au roi."

Il a pris, selon ses propres termes, son baluchon et est parti, en toute liberté, du pays natal. Le voyage a duré cinq ans. Agana, de retour en Côte d’Ivoire au mois de juillet 2010, revient sur son passé, ses souvenirs et fait part des expériences vécues durant son voyage. Faisant l’objet de critiques, il dit avoir trouvé, enfin, le chemin qui le démarque de son père, Alpha Blondy. Agana, l’artiste, livre ses pensées et évoque les faits marquants de ces cinq dernières années. Il parle de Balla Kéita, Laurent Gbagbo, Dadis Camara, Sékouba, Alpha Blondy et bien sûr… du cinquantenaire de l’indépendance des pays africains.


Photo : DR
Photo : DR
Pendant cinq ans, Agana s’est éloigné du pays. Pouvez-vous expliquer pourquoi ce départ et comment cela a été profitable à votre carrière artistique ?

J’ai passé ce moment hors du pays, parce que j’avais besoin de souffler, de prendre du recul. J’avais besoin de m’affranchir de certaines étapes, de pratiquer mes convictions et de me rendre compte de certaines réalités. J’ai donc pris mon baluchon et j’ai parcouru d’autres sphères.

Durant cette période de recul, Agana est-il parvenu à trouver son chemin ?

On a fini de chercher le chemin. On l’a trouvé. Il faut maintenant le développer. C’est comme une rédaction ; quand on trouve l’introduction, on sait comment développer et conclure. J’avais un problème d’introduction, je l’ai trouvée. Nous allons passer à la phase du développement. C’est ce que j’attends de tous mes vœux.

Cette introduction, est-ce « Rootsteady », votre nouvel album sorti en 2008 ?

Oui.

Quel sens donnez-vous à « Rootsteady » ?

« Rootsteady », pour rester tout le temps en mouvement. Le côté steady, c’est de rester toujours vigilant dans la démarche, toujours alerte.

Avant que Roosteady ne voie le jour, vous annonciez plutôt, pour 2008, l’album Speed Ghoda, en hommage à Tangara. Pourquoi les choses ont-elles changé ?

Je l’ai mis en stand by (Ndlr ; album Speed Ghoda) pour travailler sur le prochain qui s’appelle Zoo Babylon, mais pour le moment, je suis concentré sur Rootsteady. L’album Speed Ghoda, j’y avais profondément songé. Il y avait des titres de Tangara que je voulais reprendre sur scène tels L’homme n’est pas Dieu, Show Biz ti Requin, etc. Je reste un grand fan de Tangara. Ils sont nombreux les artistes que j’aime dans la sphère musicale ivoirienne. J’adore Constance – la chanteuse religieuse. Ismaël Isaac, je le considère depuis longtemps, comme le digne successeur de mon père. Il le sait lui-même. Il y a Kimon de Ramsès, Kajeem et bien d’autres. Tangara, je l’adore. Son parcours, je le trouve atypique et très fort. Mais l’art consume et c’est ce qui l’a consumé.

Depuis deux ans l’album est sorti en Europe, y a-t-il une explication au sujet de son absence sur le marché du disque en Côte d’Ivoire ?

Je n’ai pas trouvé nécessaire de le faire venir à Abidjan pendant une certaine période. Le temps m’a donné raison, parce qu’il y a eu, entre temps, l’éclatement de pas mal de boîtes (Ndlr : Maison de production et de distribution). Il y a eu la naissance de petites cellules et l’émergence accrue de la piraterie. Le pays n’était pas forcément une priorité. Je n’avais pas le cœur à le faire sortir ici (Ndlr : Côte d’Ivoire). L’occasion s’est présentée, je suis là et j’ai vu comment la scène musicale a évolué. Je suis content de certaines réalités, même si je les trouve médiocres. Le temps est donc venu de le faire sortir ici.

Quelle pourrait être la date de sortie de Roosteady à Abidjan ?

Nous la prévoyons pour septembre (Ndlr : 2010). Jusqu’à cette date que nous nous sommes fixés, nous nous battrons pour que l’objectif soit atteint.

Vous relevez l’émergence de la piraterie. Mais l’autre forme de piraterie, c’est celle pratiquée à partir d’Internet. Votre album Rootsteady en a été victime a-t-on appris…

J’ai vu des potes qui l’avaient sur leur i-pod. Ça ne me gêne pas d’être piraté. On ne pirate que ce qu’on aime. On parle de piraterie, parce qu’on ne sait pas comment contrôler le phénomène. La piraterie est un fait. On en parle aujourd’hui, parce qu’elle a pris des proportions énormes. De la clé Usb au portable, les moyens qu’on a pour pirater ou les supports pour avoir la matière musicale, sont énormes. La technologie nous a devancés au point qu’on n’a pas eu le temps de baliser le terrain. Voilà pourquoi on se sent submergé par la piraterie. Cependant, nous pouvons l’utiliser autrement pour en faire une force financière. Il va falloir qu’on y réfléchisse et qu’on trouve des solutions, parce qu’aujourd’hui on ne peut arrêter ce fléau. La personne qui a conçu le numérique a ouvert la boîte de pandore ! Avec le numérique, on fait tout – surtout que notre monde actuel est dans le virtuel. Mais une œuvre d’art a beau être piratée, la copie ne remplace pas l’original.

Si le fléau ne peut s’arrêter, n’y a-t-il pas moyen de le contrôler ?

Le contrôle peut se faire par les Access, il y a le P to P (Ndlr : lisez pi tout pi). Tout est une question de fichiers. Il y a tellement de choses qui peuvent être faites. La compression de fichiers et données, fait qu’on peut se balader avec le monde entier dans une puce (Ndlr : Il en rit). C’est cela l’avenir de demain. On va vers la nanotechnologie, c’est-à-dire que le monde sera dans une clé (Ndlr : Usb) ou sur une puce. Aujourd’hui, nos passeports sont biométriques. Je suis convaincu qu’il y a une solution. On peut faire payer les Access, les quotas, etc. Cela peut se faire sous forme de redevances. Il y a beaucoup de solutions, mais il faut trouver la bonne, celle qui ne pénalise pas. Quand tu commercialises ce que tu pirates, la loi doit œuvrer. Nous disposons des outils juridiques pour cela, il faut les appliquer.

Se balader avec le monde entier dans une puce, y a-t-il danger à l’horizon ?

En toute chose, les excès nuisent. Je me méfie du virtuel. Il y a toujours un danger. Mais, le biométrique est un gros danger. On nous dit que c’est pour des questions sécuritaires. Tout le code d’identité se trouve dans une puce. Du jour au lendemain, on peut t’effacer et tu n’existes plus. On peut même te pister d’un point à un autre.

L’album Rootsteady est qualifié par certains écrits, de synthèse musicale quand pour d’autres, c’est un cri militant. Comment Agana qualifie-t-il son œuvre ?

Je considère Rootsteady comme étant l’inspiration du moment. Une œuvre est vue sous différentes formes. On ne finit jamais de se découvrir. Pour moi, c’est une page d’histoire, parce que je l’ai écrite juste avant et pendant la rébellion, et à la fin, j’avais mis une note d’espoir. Le titre Marcoussis, par exemple, demande d’arrêter les raccourcis. Roosteady décrit nos conditions de vie. Je dis, par exemple, à mes frères que je leur promets la sueur et du sang dans la bataille qui s’annonce. Je n’avais pas pensé un instant que la guerre arriverait. J’étais donc dans une disposition d’esprit qui me permettait de dire des choses que je ressentais. Quand j’écrivais ‘’Apologie corruption’’, je voyais beaucoup de jeunes munis de diplômes et qui ne trouvaient pas de boulots. J’étais totalement scandalisé et choqué. Quand j’entendais des aînés me dire que partir est mieux que rester, je trouvais cela dramatique. ‘’Soldjah’’ est un hommage à la vie et aux combattants de tous les jours. Et, justement, ‘’Miséricordieux’’ était la note d’espoir. J’ai donc fait un constat, en proposant quelque chose tout en indiquant qu’il y a, à l’horizon, une note d’espoir si nous sommes en phase avec nous-mêmes. C’est ainsi que je définis Roosteady.

Il y a ‘’Raisons d’Etat’’, un des titres contenu dans Roosteady, où vous attirez l’attention sur la fin tragique de certains régimes et hommes politiques : Lumumba, Sankara… A quoi faisiez-vous référence en écrivant cette page ?

A toutes les situations. Nous avons un grave problème, c’est qu’on n’a pas compris qu’il faut qu’on sorte de ce carcan (Ndlr : il affiche un air triste)… Il faut qu’on soit responsable, surtout face à nos enfants. Nous avons demandé l’indépendance. Bon gré mal gré. La liberté a un prix, il faut le payer. Il ne faut pas danser entre deux eaux. Quand j’ai pris mon baluchon et que je suis parti, j’ai payé le prix de ma liberté, je suis allé en toute liberté. Nous essayons de nous départir d’un système qu’on dit colonial ou néo-colonial, mais quand nos gars tombent malades où vont-ils se soigner ? N’est-ce pas dans les hôpitaux publics d’Occident. Quand ils disent qu’ils sont arrivés quelque part (Ndlr : instruits), où vont-ils s’instruire, n’est-ce pas dans les écoles et universités publiques de l’Occident ? Quand ils disent qu’ils veulent fonder leur armée, où vont-ils se former, n’est-ce pas dans les Saint-Cyr? Alors quand nos jetons parviennent à leurs banques et autres infrastructures, après en avoir fait un fonds de commerce et que quelqu’un s’amène pour dire qu’il faut qu’on arrête, forcément ça finit comme Sankara. C’est un système. C’est une affaire qui commence à la Lumumba et ce sont les mêmes gars d’hier qu’on retrouve aujourd’hui : l’ONU, le colon, les Etats-Unis. Rien ne change, c’est toujours le même plan. Nous sommes des consommateurs, nous n’inventons ni ne créons une quelconque industrie. J’aimerais voir une aiguille Made in Côte d’Ivoire avant d’avoir la grande gueule. On a trois à quatre portables, tandis qu’en Occident, ceux qui ont inventé le téléphone portable, en ont chacun un. Nous avons dix mille réseaux, mais nous n’avons pas l’essence : la santé, l’urbanisme, la scolarisation des enfants. A tous les coins, nous avons cent mille maquis, les grosses voitures, mais il n’y a pas de routes. Ça restera toujours le même plan. Pas la peine de changer les Présidents, mais c’est l’esprit qu’il faut changer. Les gens penseront que je les insulte, mais vous changerez un milliard de personnes (Ndlr : Présidents), le même esprit demeure.

Malgré l’indépendance des Etats africains, il y a toujours cette forme de dépendance. Quel regard portez-vous sur la célébration de cinquante ans d’indépendance de plusieurs pays francophones?

Cinquante ans de quoi ? Parce que vous avez été indépendants ? En êtes-vous convaincus ? Je ne sais pas. Je ne vois pas encore le fruit de cette indépendance. Cinquante ans de rien du tout. Cinquante ans, qu’est-ce ça représente dans la vie d’une nation ? Nous ne sommes même pas une nation. Nous sommes des Etats embryonnaires avec des frontières poreuses.

La célébration des cinquante ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire n’est-elle pas importante pour vous ?

Je ne sais pas. De quelle indépendance s’agit-il. Sommes-nous indépendants ? De quoi ? Des gens qui mangent une fois par jour, un pays coupé en deux, un pays de ni paix ni guerre où on te dit que celui qui prend la kalachnikov peut devenir Premier Ministre. Tu as l’ONU et l’armée française qui sont dans ton c… Ton armée est fantôme. On reproche aux policiers de racketter, les a-t-on mis dans les conditions ? Tes voitures sont des Peugeot et des Mercédès. As-tu vu une voiture fabriquée par la Côte d’Ivoire ? Ta société d’eau appartient à Bouygues, à qui appartient ta société de téléphonie? De quoi es-tu indépendant ? De rien du tout. Tu n’es que locataire d’une terre qui ne t’appartient même pas. Cinquante ans d’indépendance, qu’on dise plutôt qu’Houphouët-Boigny est mort !

Vous étiez de ceux qui sont descendus dans la rue pour réclamer le départ du Général Guéi du pouvoir. Etait-ce Agana le citoyen, Agana l’artiste ou Agana le militant, qui a agi ainsi ?

J’étais dehors, parce que je suis d’abord un citoyen. Je défends les principes de laïcité et tout ce qui suit. Que quelqu’un soit issu de l’armée et qu’il arrive au pouvoir, son programme doit convaincre. Je suis sorti, parce que ça n’a pas tourné rond. Aujourd’hui, quand je regarde, je suis mécontent de certaines choses. En même temps, je dis qu’il faut que la jeunesse se détermine, pour montrer la stabilité de nos Etats. Je suis l’un des Rastas à être contre l’unité africaine à marche forcée. Je le dis haut. Les histoires de libre circulation et de droits des personnes sont contraires à la réalité sur le terrain, car il y a les tracasseries douanières. Je suis contre le côté minable des choses. Il faut des principes de sécurité. Les Etats sont forts parce que socialement, ils le sont d’abord. C’est ainsi qu’on crée une véritable union des Etats. Si on était des Etats bien définis et forts, il y aurait un réel système de sécurité, une gestion sociale. Dans ce cas, le travailleur en accomplissant sa tâche sait qu’il a la sécurité de l’emploi, des investissements se font, l’industrie et l’agronomie se mettent en place. Aujourd’hui je me demande pourquoi nos parents nous ont fatigués pour qu’on aille à l’école. Parce que si on savait que c’était pour prendre des armes et venir prendre le pouvoir, on aurait clos le débat. Il va falloir rectifier le tir à la longue. Au sortir de tout ce brouhaha, il faut qu’il y ait des choses positives, qu’on tire de grands enseignements pour ne plus avoir à refaire les mêmes choses. C’est en cela que je positive. Pour le moment, le constat n’est que déception sur toute la ligne. Que ce soit du côté du parti au pouvoir ou de l’opposition.

Croyez-vous en la tenue prochaine des élections en Côte d’Ivoire, après plusieurs reports ?

J’avoue que je n’y ai pas songé, parce que je me dis ça se fera. Mais si ces élections ne se tiennent pas, ce serait dommage pour Laurent Gbagbo lui-même. Parce que ça risque de le mettre dans une position de dictateur indépendamment de lui-même, lui un grand démocrate. Au fond, il faut que ce problème soit réglé un jour ou l’autre. Par la force ou par la politique.

Après quelques mois de prise de pouvoir par Dadis Camara en Guinée, vous lanciez à l’époque sur votre page Facebook : « SOS, il faut sauver le soldat Dadis ». Qu’est-ce qui fondait en vous cette crainte pour la vie du capitaine-président?

Quand j’ai lu un jour que Tiken (Ndlr : Tiken Jah) est allé en Guinée rencontrer Dadis, j’en ai ri jusqu’aux larmes. Parce que je savais ce qui pendait au nez de Dadis. La preuve, j’avais dit qu’ « il faut sauver le soldat Dadis ». Je le sentais, je l’avais vu, je l’avais compris. C’était un schéma tellement évident pour moi, mais pour d’autres c’était compliqué. Dadis était quelqu’un qui voulait bien faire. Mais, il n’avait pas le talent et la carrure pour la mission qu’il voulait s’approprier. Malheureusement, ils sont nombreux ceux qui veulent bien faire. On dit que le malheur du bien c’est le meilleur. C’est-à-dire que tellement tu veux faire mieux alors que tu fais bien déjà, tu te déchires. Si Dadis, au moment de sa prise de pouvoir, avait dit : « Condé et les autres venez qu’on définisse la période de la campagne électorale et après moi, je me retire avec mes gars », il aurait fait de grandes choses pour la Guinée. Dadis avait un côté analphabète. Tout bon analphabète qui veut émettre des réflexions, en fait parfois un peu trop, parce qu’il a l’impression qu’on ne va pas le comprendre. Il monopolisait la parole, il humiliait des personnes, il voulait montrer qu’il y a un changement. Cependant, il n’avait pas les épaules pour les habits qu’il voulait porter. Ce qui devait arriver, fatalement, arriva. C’est dommage ! S’il avait pris la voie de l’humilité, comme son ami qui est là (Ndlr : Sékouba Konaté), tout en restant carré, Dadis aurait fait de grandes choses.

Avec Sékouba Konaté, la Guinée qui est sur le point de réussir sa première véritable élection. Serait-elle partie du bon pied ?

Oui, parce que Sékouba Konaté semble être un homme intègre. Quand on l’a emmerdé, il voulait démissionner. On l’en a dissuadé. Il parle moins, parce que quand on parle trop, l’action se perd.

Vous évoquiez le nom de votre père, Alpha Blondy. A vos débuts dans la musique, il vous dit : Prend courage. Ceux qui sauront qui tu es mon fils, te compareront à moi ; ceux qui ne savent pas, apprécieront ton talent. En 1999, Agana sort The Day, puis Massif en 2000, ensuite Patriote. On a l’impression qu’Agana n’a véritablement pas pris son envol musical. Seriez-vous victime du père ?

Non. Je ne suis pas victime du père. Je connais la route qui peut me détacher. Aujourd’hui, je le suis totalement. J’ai pris mon temps. J’aime les choses qui prennent leur temps, qui marquent. Par exemple, l’album que j’ai fait n’était pas forcément celui que j’attendais. Je le reconnais. ‘’Patriote’’ a été mieux que ‘’Massif’’. Ce sont des expériences. J’aime les expériences. C’est ma nature. Feu Balla Kéita m’a dit : « Les amis de ton père ne seront pas forcément tes amis. Maintenant que tu le sais, vas-y ». C’est la dernière fois que lui et moi on parlait. Cela m’a suivi jusqu’à aujourd’hui (Ndlr ; 12 juillet 2010) où je vous parle. Donc je suis armé. La couronne d’Alpha Blondy est énorme. Laissons la couronne au roi. C’est quelqu’un qui mérite son travail

Réalisée par Koné Saydoo
Mardi 27 Juillet 2010
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