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INTERVIEW/ DESCENTE MUSCLÉE DES FRCI À GNAGBODOUGNOA : l’instituteur dont les FRCI ont tranché l’oreille parle

Le lundi 3 septembre 2012, nous avons mis sous presse les exactions perpétrées par des Frci dans un village de la sous-préfecture de Gnagbodougnoa. Sorti de l’hôpital où il a passé quelques jours pour se refaire une santé, Patrice Djégnan, l’instituteur à qui les Frci ont coupé une oreille, a décidé de nous faire revivre les horreurs qu’ont connues les populations de Donyio Maleyio dans la soirée du dimanche 2 septembre 2012. Il a précisé que c’est seulement une oreille qui lui a été tranchée par les Frci.


Comment vous portez-vous après ce qui vous est arrivé ?

Je commence à me retrouver et à me remettre de ce drame. Je bénis le nom de Dieu, car si je suis encore en vie, c’est sa volonté. Mes ennemis n’avaient pas pour objectif de me laisser la vie sauve ; ils voulaient me tuer.

Que s’est-il passé ce jour-là ?

Le dimanche 2 septembre, aux environs de 18 heures, un jeune du village voisin, du nom de Daniel Ekiri, a heurté le barrage des Frci, en voulant le traverser. Je précise que le barrage en question est une longue branche qu’ils ont posée sur des supports en travers de la route. Les piétons ont pour passage un petit espace de part et d’autre de la route. Il est fréquent qu’on touche ce bois et le fasse tomber. C’est comme cela que Daniel Ekiri par inattention a fait tomber le bois qui leur sert de barrage. Aussitôt, il l’a remis à sa place. Mais les Frci très en colère, ont ligoté ses deux mains et ses deux pieds, et l’ont attaché à un arbre comme un canard. Mais avant, ils ont pris soin de le battre à sang. A la vue de cette scène pathétique, nous avons cherché à savoir ce qui s’est passé, pour que le jeune homme soit attaché comme un animal. Ils nous ont fait savoir que cela ne nous regardait pas, et qu’ils n’avaient aucun compte à nous rendre.
Ensuite…
Nous sommes allés voir le chef du village pour lui expliquer ces faits et solliciter son intervention auprès des Frci pour libérer ce jeune qui perdait du sang. Ils ont refoulé le chef comme un malpropre. Nous ne pouvions restés indifférents face à une telle scène. Les quelques jeunes qui ont accompagné le chef et moi, avons détaché le jeune homme. C’est l’acte que nous n’aurions jamais dû commettre.

Pourquoi ?

Dès qu’on a détaché le petit, ils ont alerté tous les Dozo et Frci de la localité. En moins de 30 minutes, le village est bouclé. 5 Dozo m’ont attrapé et attaché exactement comme Daniel Eriki, après m’avoir tabassé. Ensuite, ils m’ont mis sur une moto pour me conduire sur la route d’un village voisin, près d’un bas-fond. Là, ils ont demandé que je fasse ma prière, car ils allaient m’abattre. Ce que j’ai fait. Comme je ne voulais pas voir venir la balle qui va m’achever, je leur ai donné dos. Ils ont demandé que je me retourne, car ils comptaient me tuer en me tirant dans la poitrine. Avec un fusil calibre 12. Un Dozo a ajusté et tiré. Mais la balle n’est pas sortie. Il a rechargé et fait feu à nouveau, la balle n’est toujours pas sortie. Un autre très énervé a dit «moulo béhi», ce qui veut dire en langue malinké «que se passe-t-il ?» Il a répondu, «né manlô», ce qui signifie, «je ne sais pas». Comme si j’y étais pour quelque chose, il s’est jeté sur moi pour m’arracher l’oreille gauche, qui pendait à un bout de chair la reliant à ma tête. Je me suis mis à pleurer, à la vue du sang. Etant donné que les balles n’arrivaient pas à me tuer, il était question qu’on utilise la machette pour me taillader. Si mon oreille a pu être tranchée, c’est qu’avec la machette, ils pouvaient me découper en morceaux et m’achever. A ma grande surprise, il y a eu un qui a demandé qu’on ne me tue pas, parce que mon père lui a donné une portion de terre quand il est arrivé dans le village. Ils m’ont encore ligoté
et ramené à leur base.

Selon vous, pourquoi la balle n’est pas sortie du calibre 12 ? Et pourquoi celui qui a demandé qu’on vous laisse la vie sauve n’a pas réagi quand on devait vous abattre ?

C’est Dieu, voilà pourquoi j’ai tenu à lui dire merci avant de commencer cet entretien. Je me pose encore des questions à ce sujet. Ils voulaient me tuer, mais Dieu ne l’a pas voulu. C’est tout ce que je peux dire. C’est difficile à expliquer. De retour dans le village, ils ont frappé les jeunes et procédé à des arrestations. C’est comme ça qu’ils ont arrêté un planteur du nom de Awa Evariste, l’accusant d’avoir une arme chez lui. Malgré ses protestations, les Dozo et Frci l’ont frappé et fendu sa tête avec une machette. Même évanoui, ils continuaient à le frapper avec des morceaux de bois, tels des vampires assoiffés de sang. Le petit que nous avons libéré et pour qui toute cette folie meurtrière a été déclenchée, a été retrouvé par les Frci en patrouille dans les villages, forêts et hameaux de la souspréfecture, le lundi matin et conduit à leur camp. Ils lui ont enfoncé un gros bois dans la bouche. Sur le champ, il a perdu 5 dents et sa mâchoire fracturée. Même le chef du village a été tabassé. Celui qu’on dit avoir été égorgé est le petit frère du chef du village. Il a été plutôt fusillé. Au total, ils ont mis la main sur 5 jeunes, y compris moi.

Qu’ont-ils fait une fois dans leur camp ?

Les Dozo ont fait appel à leur chef, Kouyaté, basé à Gnagbodougnoa. Selon eux, comme on a violé leur règlement, on doit payer par personne la somme de 200. 000 Fcfa. Après une médiation des chefs de la localité, il a été décidé que nous payions 200
000 Fcfa tous les 5. Ce que nous avons fait. C’est seulement après le payement de la somme, qu’ils nous ont conduits à l’hôpital.

Ont-ils pris les frais médicaux en charge ?

Non, ils nous ont seulement déposé à l’hôpital, le reste était à nos frais. Ils m’ont blessé, et je leur donne de l’argent pour m’avoir blessé. Dans quel monde sommes-nous. L’infirmier a replacé l’oreille en place et l’a cousu. Je vais mieux, même si j’ai une oreille handicapée.

Quelle est l’ambiance qui prévaut en ce moment dans les villages ?

Les populations sont sous le choc. Les jeunes ont fui les villages, parce que les patrouilles continuent. De nombreux jeunes sont recherchés. Djahiri Raoul a été arrêté et se trouve présentement à la gendarmerie de Gagnoa. Djégnan Saro, président des jeunes du village, est activement recherché pour des raisons qu’on ignore. C’est difficile. Les populations vivent dans la peur. Les Dozo et Frci payent à vil prix les forêts, ou les prennent sous les menaces des armes. Dans les villages, loin des yeux, les Dozo et Frci
commettent les pires exactions sur les populations. Nous vivons un enfer sur terre, et n’avons personne pour nous aider. Ceux qui sont censés le faire, sont ceux- là mêmes qui nous tuent. Ils disent que leur père est au pouvoir donc ils peuvent faire ce qu’ils veulent.

Avez-vous un message à l’endroit des Ivoiriens et des autorités ?

Nous voulons aller à la réconciliation mais pas dans un bain de sang. On ne peut pas appeler des gens qu’on tue sans motif valable à aller à la paix. Que les autorités fassent ce qu’il faut pour que les Ivoiriens vivent en paix dans leur pays. Nous ne sommes pas des gibiers pour que les Frci et Dozo nous traquent, nous chassent et nous tuent comme bon leur semble. C’est dans nos diversités qu’on a toujours vécu en harmonie dans ce pays. Nous voulons que la paix règne dans nos villages.

Entretien réalisé par : Fatime Souamée in LG Infos
Mercredi 12 Septembre 2012
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