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INTERVIEW DE GNANSOUNOU EDGARD, AUTEUR DU LIVRE « EN FINIR AVEC LE FRANC DES COLONIES FRANÇAISES »


INTERVIEW DE GNANSOUNOU EDGARD, AUTEUR DU LIVRE « EN FINIR AVEC LE FRANC DES COLONIES FRANÇAISES »
Congo-liberty : j’attendais de lire un ouvrage technique d’économie, mais votre livre « En finir avec le FCFA » nous édifie d’abord sur l’histoire de cette monnaie. Pourquoi cette démarche ?

Edgard Gnansounou : Parce qu’il s’agit d’abord de l’ouvrage d’un citoyen, d’un Africain qui se pose des questions sur les pistes pour des pays africains de mettre leurs ressources au service de l’amélioration des conditions de vie de leurs populations. La question de la monnaie nous concerne tous. Il n’est pas juste d’en faire uniquement une question de spécialistes en économie et en finance.

Congo-liberty : D’emblée vous dites être un abolitionniste du FCFA. Est ce juste une posture d’intellectuel anticolonialiste, ou cela répond à une réalité économique pour le développement des pays de cette zone monétaire ?

Edgard Gnansounou : Ces deux raisons coexistent chez moi. Le FCFA a été créé dans un contexte qui est aujourd’hui largement dépassé. Ce legs colonial en plus de son caractère humiliant pour des pays qui ont choisi de devenir indépendants est aujourd’hui économiquement inadapté. Cette monnaie pénalise les exportations des pays de la zone Franc, du moins ceux qui sont exposés à la compétition internationale et qui sont donc défavorisés comparés à d’autres pays utilisant des devises plus faibles.

Congo-liberty : Est-ce que le FCFA n’est pas devenu le bouc émissaire de la mauvaise gouvernance, et l’irresponsabilité des responsables politiques des pays de la zone franc ?


Edgard Gnansounou : La question du FCFA se pose indépendamment de la manière dont les économies des pays africains sont gérées. Bien entendu, ce n’est pas l’unique source des problèmes économiques dans nos pays. Cependant je crains que ceux qui refusent de débattre de la question du FCFA pour cette raison ne fassent la politique de l’autruche…

Congo-liberty : Pensez-vous que le FCFA favorise toujours une économie de rente en faveur de la France, et au détriment des pays de la zone franc ?

Edgard Gnansounou : La question n’est plus aujourd’hui de défendre nos pays faibles et pauvres dominés par la puissante France néocolonialiste. La France s’intéresse de plus en plus à d’autres zones économiques, les pays émergents, le bassin méditerranéen, etc. Les anciennes colonies françaises diversifient aussi leurs partenaires commerciaux. La vraie question aujourd’hui doit d’abord être posée en relation avec notre vision pour l’évolution politique et économique de nos pays. Ce sont les économies de rente qu’il faut transformer et le FCFA constitue aujourd’hui, à cet égard, un des principaux obstacles !

Congo-liberty : Comment se fait-il, bien qu’élu démocratiquement, l’ancien Président sénégalais Abdoulaye WADE, esquissait la question de la rupture du FCFA avec crainte. Est-ce le fait de ce que j’appelle le syndrome Sylnanus OLYMPIO assassiné le 13 janvier 1963, deux jours avant la signature de l’accord monétaire entre le Togo et la France ?

Edgard Gnansounou : Non il s’agissait davantage d’une posture qui dénotait un manque de courage politique. La question du FCFA est, par moment, agitée par des personnalités qui veulent montrer une certaine indépendance vis-à-vis de la France, une posture à usage de politique intérieure ou pour plaire à l’intelligentsia africaine. Dans le cas de Wade, le contexte s’y prêtait, la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de nombreuses anciennes colonies françaises, célébration financée, en grande partie, par le gouvernement de Sarkozy !

Congo-liberty : Vous appelez à la création d’une monnaie unique entre États de l’Afrique de l’ouest. Ne pensez-vous pas que les institutions financières des 2 zones FCFA ne fonctionnent que grâce à la FRANCE. Pourquoi seraient-elles si différentes de la gestion chaotique des autres institutions sous-régionales ?

Edgard Gnansounou : La création d’une monnaie unique en Afrique de l’Ouest est une perspective acceptée par tous les pays membres de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Mais ici également on peut se demander si la volonté y est. En effet, la stratégie choisie pour parvenir à cette monnaie unique me paraît inadaptée. Il s’agit, dans un premier temps de maintenir en place le FCFA et de créer une deuxième zone monétaire avec tous les autres pays hors zone Franc. Or il paraît peu vraisemblable que le Nigeria ait la même monnaie que la Guinée, le Ghana, le Libéria, …
Le Nigeria utilise sa monnaie, le naira, comme un instrument de politique commerciale, en la dévaluant en cas de baisse des exportations de pétrole par exemple. Ce grand pays aux problèmes complexes continuera à accepter, du bout des lèvres, de faire partie d’une deuxième zone monétaire mais traînera les pieds pour se passer de sa monnaie. Ce qui constitue, pour les défenseurs du FCFA, une stratégie de maintien de cette devise qui fait de nous des membres de la zone euro alors que nos économies sont de nature radicalement différente comparée à celle des pays de cette zone monétaire. Je propose une approche alternative.

Congo-liberty : La politique monétaire d’un pays, est celle de son commerce extérieur. Pourquoi vouloir que la Côte d’Ivoire avec sa balance commerciale excédentaire, ait la même monnaie que la Guinée ou le Togo ?

Edgard Gnansounou : L’histoire récente de nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest nous montre que nous devons changer de perspective si nous voulons nous en sortir. Nos petits pays sont de plus en plus vulnérables. La Côte d’Ivoire a aujourd’hui la même monnaie que le Togo, le Bénin et le Burkina Faso alors que les économies de ces pays sont différentes ! Certes des mécanismes de convergence économique existent en relation avec la maîtrise des déficits et l’inflation. Mais pour nombre de ces pays, la performance économique est principalement liée à l’environnement international (prix du pétrole, prix des produits agricoles importés et exportés, taux de change avec le dollar américain, etc.). Par ailleurs, la situation dans la zone euro démontre qu’une zone monétaire qui ne s’appuie pas sur une forte solidarité politique et économique est vulnérable. Je place donc la question monétaire dans une perspective nouvelle de construction politique et économique de l’espace ouest-africain.

Congo-liberty : Ajouter à leurs balances commerciales déficitaires, la majorité des pays des zones FCFA, ont des tissus industriels embryonnaires, pour ne pas dire inexistants. Comprenez-vous qu’ils fassent le choix d’une monnaie toujours sous tutelle de l’Euro, donc de la FRANCE ?

Edgard Gnansounou : Oui, je le comprends parfaitement. Ce choix relève, dans une grande mesure, d’un conservatisme, d’un mode de gouvernance qui privilégie l’administration du legs colonial, d’un profil de nos dirigeants politiques caractérisé par la loyauté par rapport aux bailleurs de fonds et par le recours aux solutions « Business As Usual ». Il est vrai que sortir des sentiers battus comporte des risques politiques et économiques. Pour des Etats endettés, le passage d’une devise forte comme le FCFA à une devise plus faible signifie une croissance (en valeur) de la dette et des importations et donc du déficit commercial à moins que des initiatives hardies de croissance de la production de richesses et des exportations ne soient prises. L’abolition du FCFA et l’adoption d’une monnaie fédérale que je préconise ne se justifient donc que dans une nouvelle perspective économique et politique en Afrique de l’Ouest.

Congo-liberty : Est-ce que la viabilité d’une zone monétaire ne passe pas d’abord par la démocratisation de celle-ci, en un mot, pourquoi voulez-vous lier le destin monétaire d’un pays démocratique comme le Ghana ou le Bénin, à celui de l’autocrate Blaise COMPAORE ?

Edgard Gnansounou : Je préconise une fédéralisation de l’Afrique de l’Ouest doublée d’une démocratisation de nouveau type de l’ensemble de nos pays. Deux nouvelles fédérations seraient créées : la fédération du Sahel et celle du Golfe de Guinée. Ces deux Fédérations devraient lancer une nouvelle dynamique sous régionale avec le Nigeria. La CEDEAO serait ainsi transformée en une confédération de trois fédérations. Les deux nouvelles fédérations utiliseraient une nouvelle devise l’eco alors que le Nigeria maintiendrait son naira. Chaque Etat fédéré approfondirait son processus démocratique par une vraie décentralisation, une accélération de la formation des élus et de la diffusion des connaissances devant aboutir à des réformes profondes de l’organisation politique. Ces aspects seront développés dans mon prochain ouvrage. L’idée principale est que le modèle politique centralisé emprunté largement de la France convient peu à nos pays où la majorité de la population reste étrangère aux institutions politiques calquées sur celles d’une culture différente. Le régime présidentiel crée une vulnérabilité de la gouvernance politique et économique de nos pays et il importe donc d’innover en promouvant un système démocratique et de gouvernance économique qui convienne mieux aux caractéristiques de nos sociétés. Mais il n’est pas nécessaire d’attendre que tout ceci se fasse pour lancer la dynamique de la fédéralisation et celle du changement monétaire.

Congo-liberty : D’abord, Franc des Colonies Françaises à sa création en 1945, aujourd’hui Franc de la Communauté ou Coopération Financière Africaine, pourquoi dites vous qu’il n’a pas évolué ?

Edgard Gnansounou : Il perpétue un contexte économique de déficit structurel de la balance commerciale – facilité d’importer des biens de consommation et difficulté d’exporter des produits soumis à la compétition internationale. Ceci s’explique par le fait que le FCFA est lié par un taux de change fixe à l’euro, une devise forte qui crée des problèmes économiques à la plupart des pays de la zone euro dont les économies sont pourtant nettement plus développées que les nôtres. A la création du FCFA, les colonies françaises étaient essentiellement des pourvoyeuses de matières premières à la métropole et des marchés captifs pour les produits à valeurs ajoutées plus fortes en provenance de la France. Ce rôle favorable à la France justifiait donc qu’elle servît de garante de un déficit commercial structurel qui arrangeait bien ses affaires. Le déficit commercial que favorise aujourd’hui toujours le FCFA dans la plupart des pays utilisateurs de cette monnaie maintient ces pays continuellement endettés et dans un état d’assistés, alors qu’ils ont un potentiel économique certain. On mesure difficilement l’influence que cette situation a sur la gouvernance politique ! Il n’y a qu’à observer les sorts réservés en Europe à des pays comme la Grèce et l’Italie pour comprendre que dans beaucoup de cas, nos dirigeants politiques sont cooptés par les pays donateurs en fonction des capacités de ces dirigeants à servir de relais efficaces de politiques économiques décidées ailleurs.

Congo-liberty : Pour terminer notre entretien, vous êtes spécialiste en Bioénergie, pouvez-vous nous parler de ce domaine, et peut-il intéresser l’Afrique ?

Edgard Gnansounou : La question énergétique est très importante dans la construction d’une nouvelle dynamique économique dans nos pays. Comme vous savez, dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne la population a un faible accès aux services énergétiques. Parmi les éléments de stratégie énergétique, les bioénergies constituent une option prometteuse. Mais l’utilisation de la biomasse à des fins énergétiques en Afrique subsaharienne doit échapper à un certain nombre d’écueils. Le risque de déforestation, la potentialité d’une compétition avec l’alimentation sont deux contraintes principales. Dans le cas particulier du développement des biocarburants, le recours à des technologies de seconde génération utilisant des résidus agricoles doit être privilégié. Il s’agit de technologies nouvelles faisant encore l’objet de Recherche et Développement mais dont la commercialisation sera possible à un horizon de dix ans. A part l’usage à des fins de transport, l’utilisation de biodiesel dans des moteurs fixes pour la production d’électricité décentralisée est aussi possible. La production de biogaz et celle de gaz de synthèse à partir du bois peuvent aussi fournir des combustibles renouvelables. Un des handicaps au développement de ces bioénergies est le coût de production élevé et le manque de conditions cadres suffisamment incitatifs. Aujourd’hui, en Afrique subsaharienne, le bois de feu et le charbon de bois constituent la forme d’utilisation énergétique la plus répandue de la biomasse. Mais dans beaucoup de cas, il ne s’agit pas de bioénergie renouvelable car leur utilisation se fait au détriment du renouvellement du couvert végétal. Dans certains pays, des programmes importants de biocarburants de première génération existent et sont destinés à l’exportation. En situation de gouvernance politique déficiente et donc de faible régulation institutionnelle, des craintes existent que les conditions de durabilité ne soient pas respectées dans de tels cas.

Interview réalisée par Mingwa mia Biango
In congo-liberty.com
Dimanche 11 Août 2013
Lu 161 fois
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