Connectez-vous S'inscrire

Le mal spirituel de l’Afrique : le christianisme et l’islam

DIDIER BILÉ - "N'OUBLIEZ PAS"

17/04/2017 - La Dépêche d'Abidjan

ZOUGLOU FEELING (DOCUMENTAIRE) - EXTRAITS

21/02/2016 - La Dépêche d'Abidjan

Magic System au Festival RAÏ NB Fever - Bercy 2009

20/11/2015 - La Dépêche d'Abidjan

PETIT DENIS : APPELEZ-MOI "EL CAPO"

08/10/2015 - La Dépêche d'Abidjan

ANDY : L'HEURE A SONNÉ

08/10/2015 - La Dépêche d'Abidjan

ZOUGLOU FEELING - DOCUMENTAIRE - TEASER

05/07/2015 - La Dépêche d'Abidjan

BOBY YODÉ - CÉLÉBRATION DES 25 ANS DU ZOUGLOU À PARIS

29/06/2015 - La Dépêche d'Abidjan

LE ZOUGLOU, UNE MUSIQUE MILITANTE

14/06/2015 - La Dépêche d'Abidjan

TEASER - ZOUGLOU 25 ANS

11/06/2015 - La Dépêche d'Abidjan

VALEN GUÉDÉ À PROPOS DU ZOUGLOU

31/05/2015 - La Dépêche d'Abidjan

DIDIER BILÉ ET LÉAO KORÉ EN PRESTATION

22/05/2015 - La Dépêche d'Abidjan

MALMO EN PRESTATION

21/05/2015 - La Dépêche d'Abidjan

ARRIVÉE DE PETIT DENIS ET DEBORDO LEEKUNFA À PARIS

18/04/2015 - La Dépêche d'Abidjan

AWOULABA

15/04/2015 - La Dépêche d'Abidjan








10 mars 1893 - Naissance de la Côte d'Ivoire

26/08/2016 - La Dépêche d'Abidjan

Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golf de Guinée.

27/09/2015 - La Dépêche d'Abidjan

HISTOIRE - Le premier instituteur ivoirien

08/07/2014 - La Dépêche d'Abidjan

Derniers connectés
Jean Paul YAMEOGO
La dépêche  D'ABIDJAN
Jean Marius D'ALEXANDRIS
Val FASHION
Du male JPK
TSBAAH WAWAGNON
Sibailly ONÉ
Bienvenu AKE
N'chobi Alex BOUA
Koffi lambert YEBOUE
SERGE ETAME
Parfait RICHARD

Dr. Gnaka Lagoké (Panafricaniste) : Au 21e siècle, le procès de Gbagbo ravive les douleurs, remémore les tragedies de certains leaders Africains qui ont osé dire “non”.

Dr. Gnaka Lagoké, fondateur du Forum pour le Réveil du Panafricanisme et professeur d’université aux Etats-Unis d’Amérique, vient de participer à la 2e édition du Festival Panafricain Intellectuel et Culturel Kwame Nkrumah qui s’est tenu à Accra du 25 juin au 1er juillet 2017. Il s’est prêté aux questions d’AfrikaNewsGroup. Dans cette interview, il parle de son engagement politique pour une Côte d’Ivoire souveraine et pour le panafricanisme. Il discute aussi des questions politiques liées à la politique nationale ivoirienne, notamment le sujet brûlant de la reconciliation en Cote d’Ivoire.


AfrikaNewsGroup: Vous êtes aux Etats-Unis depuis plus d’une quinzaine d’années. Parlez-nous de votre parcours. Que faites-vous?

Gnaka Lagoké: Je vis aux Etats-Unis depuis le 24 septembre 1999. J’y étais allé pour finir mes études universitaires. J’ai obtenu mon doctorat a Howard University en 2009 en politique publique et Developpement en Afrique au départment d‘Etudes Africaines. Ma thèse avait pour titre “Discours sur l’Integration Economique Régionale: vers une Théorie de Développement Panafricain Authentique”. Comme le titre de la thèse l’indique, mes recherches académiques sont sur le panafricanisme notamment sur la politique économique du panafricanisme et le développement international. J’ai tenté de proposer une architecture de développement intégré du continent dans le cadre du panafricanisme. Il est important de signaler que la lutte pour la liberté, la justice et l’unité de l’Afrique est ma vie.

Depuis mon adolescence j’ai senti de façon intuitive que je devrais contribuer au projet de l’unification de l’Afrique et de la construction de la Cote d’Ivoire. Etudiant, j’avais été exposé aux discours de Kwame Nkrumah par rapport à la création des Etats-Unis d’Afrique. Le 30 avril 1990 quand les Ivoiriens célébraient le retour du multipartisme, à l’instar de plusieurs peuples d’Afrique, je sentais ce jour-là et je l’ai partagé à un ami de l’époque, que le défi majeur des masses Africaines dans les trente prochaines années allaient etre le panafricanisme, la question de l’unité africaine, et le développement intégré de l’Afrique.

Il me fallait avoir les arguments intellectuels et fondements théoriques afin que je puisse apporter une contribution idoine à ce projet panafricain, le moment venu. Après 8 ans dans le journalisme politique, Il me fallait donc aller étudier. Le divin m’a permis d’honorer cette autre étape de mon parcours.

Lorsque j’étais étudiant à l’université de Cocody, j’ai été l’un des leaders du movement de contestation et de protestation contre le regime de Félix Houphouet-Boigny. Et notre combat a conduit à la restauration du multipartisme. Une année après, je faisais partie des 11 jeunes recrutés par le Nouvel Horizon, le journal crée par Gbagbo Laurent, alors leader de l’opposition ivoirienne. En tant que journaliste politique, j’ai apporté ma modeste contribution a l’édification de la lute pour la démocratisation de la Cote d’Ivoire et à la consolidation de la liberté, de la liberté d’expression, et de la liberté de presse.

Quatre ans après mon entrée au Journal Le Nouvel Horizon, il y a eu une crise sérieuse dans ce journal. Et je fais partie de ceux qui sont partis de cet organe de presse pour me retrouver dans d’autres organes de presse indépendants toujours dans la poursuite de la liberté et la justice en Cote d’Ivoire. Aux Etats-Unis, j’allie mes activites professionnelles universitaires académiques avec mes actions politiques et mon combat pour faire advancer le panafricanisme.

AfrikaNewsGroup : Que pensez-vous du régime d’Aassane Dramane Ouattara?

Gnaka Lagoké : Alassane Ouattara a echoué. Et je fais partie de ceux qui étaient convaincus qu’il échouerait. Les raisons sont simples. Le projet de conquête de pouvoir d’Alassane Ouattara et des gens du nord était bati sur du faux meme s’ils avaient des recriminations dont certaines étaient objectives. L’ivoirité n’était pas la seule idéologie ethnocentriste qui a fait exploser l’unité de la nation. Il y avait aussi l’idéologie nordiste communement appellée La Charte du Nord sur la base de laquelle, Alassane Ouattara dirige la Cote d’Ivoire avec son corollaire de rattrapage ethnique. Mais Alassane Ouattara a fait croire au monde entier qu’on massacrait les musulmans, les dioulas, auxquels on deniait leur citoyenneté ivoirienne. Ses partisans ont répandu qu’il y avait des enfants esclaves au temps de Gbagbo dans les plantations. Tout cela, juste pour le pouvoir. Alors, il a été conçu un projet d’attaque des institutions de l’état de Cote d’Ivoire afin que sa candidature soit acceptée et pour instaurer disaient-ils “un nouvel ordre politique base sur l’égalite, la justice, la liberté”. La guerre était ainsi justifiée. Et des innocents de toutes les ethnies et de toutes les régions ont été tués pour des ambitions politiques d’un groupe de personnes.

Et quand il y a y eu la crise post-électorale 2010-2011, Alassane Ouattara a encore eu recours à la guerre pour devenir le president effectif de la Cote d’Ivoire. Une violence sans précédent s’est abattue sur le pays et l’on connait le sort réservé aux partisans de Gbagbo dont on a dit qu’il a obtenu 46% des voix. Quand les Ivoiriens se plaignaient de ne pas avoir de l’argent, Alassane Ouattara a ironisé en disant que l’argent ne circule pas parce qu’il travaille. Les Ivoriens sont désabusés. Et ceux qui ont cru en lui sont désillusionnés. Les quelques infrastructures qui ont été construites bien qu’appréciables ne sont que le reflet d’un mirage de développement et non, du vrai développement. Le troisième pont a été surfacturé et ses retombées vont aux multinationales françaises. Notre pays, selon des diplomates occidentaux connait une vague de détournements et de marchés de gré à gré jamais vus auparavant. Ceux qui l’ont choisi se rendent compte qu’ils ont fait une erreur de casting.

Maintenant pour le reste, quels étaient les défis du président Alassane Ouattara? Reconcilier la Cote d’Ivoire et reconstruire le pays. Alassane Ouattara n’a meme pas apporté la paix entre les gens du nord à plus forte raison unifier le nord et le sud et les Ivoiriens dans toutes leurs composantes. Il a advantage divisé le pays et ses propres partisans veulent et sa peau et sa tete. Et le développement tant chanté par les multinationales n’est qu’un mirage, comme je l’ai dit plus haut. Il y a de nombreuses injustices qui jalonnent sa gestion. Il faut citer les paiement des primes aux differents groupes de mutins, le stratagème de paiement du stock des arriérés aux fonctionnaires sur une période de 8 ans et cela devrait débuter l’année prochaine, et la main basse faite sur les fonds des souscripteurs des compagnies agribusiness, dépouillant ainsi des centaines de milliers d’Ivoiriens de leurs économies. Celui qui s’est présenté aux Ivoiriens comme leur sauveur est devenu leur pire cauchemar.

AfrikaNewsGroup : Quelle est la part que vous prenez dans le processus de libération de Gbagbo?

Gnaka Lagoke: Depuis mon adolescence, pour ce qui est de la Cote d’Ivoire, j’ai exprimé mon attachement au combat pour le multipartisme et la démocratie incarné par Gbagbo Laurent tout en revendiquant mon indépendence d’esprit. En d’autres termes, j’ai été critique de certaines de ses positions et de certains aspects de sa démarche politique, jeune déjà, lorsque j’étais dans son journal. Cela était une des raisons de mon départ du groupe Nouvel Horizon. Et quand Gbagbo Laurent est arrivé au pouvoir bien que soutenant une partie de son combat, j’ai eu naturellement des rapports distendus avec son administration. L’une des critiques que j’ai faite à son action politique était liée à sa facon de voir ses rapports avec la france, le néocolonialisme et le panafricanisme. En d’autres termes, il n’a pas mis en place un agenda programmatique pour le panafricanisme et s’est sur-estimé par rapport au néocolonialisme.

Mais depuis l’éclatement de la guerre en 2002, j’ai eu le privilège d’intervenir sur la Voix d’Amérique pour donner mon entendement de la crise. Entre 2002-2003, j’ai organisé l’une des premières conférences de presse pour le ministre Bohoun Bouabré au National Press Club. En 2004, par exemple quand il y a eu l’attaque des chars français qui voulaient renverser Gbagbo, j’ai été le président de la commission communication qui a organisé une conférence publique au National Press Club à Washington, DC. Laquelle conférence publique avait été retransmise en direct sur C-Span, la télévision du Congrès Americain. Peu apres, j’ai du prendre du recul pour finir mes études en 2009.

En 2007, des amis et moi, nous avons lancé le Forum pour le Réveil du Panafricanisme et nous avons humblement contribué à raviver le movement panafricain qui était dans une phase d’hibernation. Dans le cadre de ce forum, bien avant la crise post-électorale nous avons organisé plusieurs conférences sur la crise ivoirienne.

Et quand 2010 arrive mes appréhensions se sont avérées justes quant à la reprise de la guerre et à l’intervention néocolonialiste de la France et de l’ONU contre le régime de Gbagbo. Mon attachement à une partie du combat nationaliste de Gbagbo, malgré ses faux-pas, ma flamme de panafricaniste, et ainsi que la vision que j’ai de la Cote d’Ivoire m’ont amené à répondre à l’appel de la Cote d’Ivoire attaquée et meurtrie.

Alors on s’est mis a fond dans ce combat pour la justice et pour la liberté de notre pays. Ainsi, interviews après interviews, conférences après conférences, voyages apres voyages, à l’intérieur des Etats-Unis d’Amerique, en Europe et en Afrique, Avec le soutien des mes camarades et amis Ivoiriens, Américains et et autres, j’ai contribué à faire entendre cette voix que la communauté internationale n’a pu étouffer à cause de la mobilisation de ceux qui ont ose dire “Non”. Je vous invite de vous même à faire, votre enquête et les recherches sur Google, sur Youtube, sur Facebook afin d’avoir une idée beaucoup plus nette sur ma contribution à la restauration de la démocratie en Cote d’Ivoire et pour la libération de Gbagbo.

AfricaNewsGroup : Quelle est votre vision de la Cote d’Ivoire?

Gnaka Lagoké: La vision que je vois de la Cote d’Ivoire, c’est que c’est à elle qu’incombe la responsabilité historique de bâtir l’édifice de l’unification de l’Afrique, du moins, au moins celle de l’Afrique de l’ouest. C’est pourquoi son âme ne s’accomode pas des idéologies de repli identitaire comme l’ivoirité et la charte du nord avec son corrollaire de rattrapage ethnique. On ne peut se plaindre de l’ivoirité et placer à des postes importants de façon primordiale et préférentielle partout des gens du nord dans une nation meltig-pot et multiculturelle comme la Cote d’Ivoire.

Dans notre pays nous avons des Ivoiriens qui s’appellent Tchicaya, Gadegbeku, Duncan, Koffi, Moussa, Lahissi, Ouedraogo, Hassan, Chamberlain, Digbeu. La Cote d’Ivoire est le creuset de l’Afrique rassemblée, le microcosme de l’Afrique unifiée. Au minimum, la Cote d’Ivoire est censée avoir une vocation ouest-africaine. Notre survie et notre prosperité dépendent de la qualité de nos relations avec les pays de la sous-région dont les populations vivent sur notre sol et dont certains sont des parents de nombreux Ivoriens. Si nous réussissons à unifier la Cote d’Ivoire, on a la, un modèle d’intégration africaine réussie autour duquel on peut jeter les bases de la nation africaine. Notre pays devrait capitaliser toutes ses potentialités pour être le moteur de la nouvelle dispensation du panafricanisme, du développement intégré de l’Afrique et de la prospérité partagée.

La crise ivoirienne est venue pour nous faire prendre conscience de notre identité, de notre responsabilité historique qui est de jeter les bases d’une Afrique qui marche inexorablement vers son unité. Au dela de la reconciliation qui est au bout de toutes les lèvres ces jours-ci, il faudrait réfléchir à la possibilité de jeter les bases d’une nation re-unifiée dont les populations s’accordent autour des valeurs communes afin que notre pays assume son role de moteur de la nouvelle dispensation du panafricanisme.

Ces fondamentaux sont l’égalité des citoyens, l’égalité des chances des populations, l’égalité devant la loi, le rejet des replis identitaires comme l’ivoirité, la charte du nord, l’attachement a la vraie paix, la justice sociale et economique. Ce sont là, les conditions du mieux vivre ensemble.

AfrikaNewsGroup: Quelle est votre approche de la reconciliation en Cote d’Ivoire?

Gnaka Lagoké: L’un des vrais problèmes de la crise ivoirienne, c’est que personne ne veut assumer sa part de responsabilité dans la tragedie ivoirienne, pas même ceux qui ont tenté le coup d’état et tué pour assouvir leurs ambitions personnelles. Il n’y a pas de coupables ni bourreaux, tout le monde se considère victime.

Lorsque j’étais journaliste, j’ai eu à dénoncer toutes formes de discrimination notamment celle contre les gens du nord à laquelle Alassane Ouattara n’est pas étranger. C’est lui qui a instauré la carte de séjour, lorsqu’il était Premier Ministre de 1990-1993. L’administration politique ivoirienne dans son ensemble ou l’Etat a failli dans sa mission de bâtir une nation qui se mette au dessus des replis identitaires. J’ai eu à dénoncer les procès faits contre les gens du nord pour délits de patronyme et de port de boubous. Mais cela ne justifie pas une guerre. Et aujourd’hui, la rebellion a appauvri la Cote d’Ivoire et plus particulièrement le nord.

La crise politico-militaire nous a mis en retard. J’ai parcouru Accra de fond en comble, Notre pays n’est plus la 2e puissance économique de la sous-region. Nous sommes désormais derrière le Ghana. Et des pays comme le Sénégal sont entrain de faire des progrès énormes.

Si nous sommes d’accord que nous avons tous péché et que nous sommes privés de la gloire de Dieu, le premier acte, c’est l’exercie du miroir apres quoi, vient l’acte de contrition. Un projet de réconciliation qui s’appuie sur la malice, la ruse, et qui est fait pour l’assouvissement d’un projet de conquête ou de maintien du pouvoir est voué à l’échec. Autant Alassane Ouattara est disqualifié pour unifier le pays, autant Soro Guillaume ne peut être la personne indiquée pour mener une campagne de véritable réconciliation. Il fait partie du problème. C’est une alchimie presqu’impossible de vouloir se présenter comme l’homme du consensus et du rassemblement apres avoir attaqué et tué d’innocentes personnes. Il peut encore demander pardon à des vivants dont des centaines croupissent en prison. Peut-il ressusciter les morts, notamment ceux du massacre de Duékoué?

AfrikaNewsGroup : Quelle est votre analyse de la crise Soro-Ouattara ?

Gnaka Lagoké : Je ne suis pas surpris par cette crise entre Soro et Ouattara. On assiste à­­ un affrontement entre plusieurs personnes qui veulent succéder à Alassane Ouattara. Les plus connus sont le désormais le ministre d’etat ministre de la defense Hamed Bakayoko, le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, le préféré d’Alassane Ouattara et Soro Guillaume, le leader de la rebellion et président de l’Assemblee Nationale. Dans le clan Alassane Ouattara, la décision est prise de détruire du Soro.
Soro Guillaume se rend désormais compte de la vacuité et de la vanité de ce qu’il trouvait comme projet d’instaurer un nouvel ordre politique en politique qui serait basé sur la liberté, la démocratie, la justice. Il est devenu l’agneau sacrificiel. Ceux qui l’ont armé veulent l’immoler sur l’escabeau de leurs ambition personnelles et de certains calculs politiciens. Et les mutineries, la guerre de succession du clan Ouattara, les tentatives d’élimination de Soro de la course à la succession d’Alassane Ouattara, l’oppression des partisans de Gbagbo, et l’insensibilité du régime par rapport aux souffrances du peuple demontrent de la vanité de leur désir d’instaurer un nouvel ordre bas à sur l’égalité et l’équité. Et comme le chemin de Soro est parsemé de nombreux cadavres, il faut plaindre notre pays. Aujourd’hui, tous les observateurs sont unanimes pour dire que certaines mutineries avaient un dessein inavoué, repositionner Soro.
Et ceux qui hier justifiaient la guerre pour faire d’Alassane Ouattara le president de la Cote d’Ivoire sont sur le point de causer une autre guerre à notre pays pour sa succession ou son maintien au pouvoir.

AfrikaNewsGroup: Que vous inspire le procès de Gbagbo ?

Gnaka Lagoké: Je l’ai déjé dit dans d’autres espaces. Le proces de Gbagbo est aussi le procès de la France, du néocolonialisme, de la Francafrique, et de la Cour Penale Internationale de justice. Le cas Gbagbo, au delà de ses faux pas, de ses fautes politiques vient rappeler à l’Afrique et à sa diaspora le sort tragique du leadership African depuis des siècles, depuis le temps de l’esclavage, en passant par la colonisation jusqu’à nos jours. Je n’irai pas loin. Je citerai quelques exemples: l’assassinat de Um Nyobe en 1958, l’assassinat de Barthelemy Boganda en 1959, l’assassinat de Patrice Lumumba, en 1961, le renversement et la mort tragique de Sylvanus Olympio en 1963, l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1964, l’assassinat de Malcolm X en 1965, le coup d’Etat contre Kwame Nkrumah le 24 fevrier 1966, l’assassinat de Dr. Martin Luther King en 1968, l’assassinat de Thomas Sankara, en 1987. Au 21e siècle, le procès de Gbagbo ravive les douleurs, remémore les tragedies de certains leaders Africains qui ont osé dire “non”. Le bombardement de son palais, son humiliante capture, la maltraitance de Simone Gbagbo, le spectacle de la mort de Kadhafi valent 1000 ans d’education politique. A quelque chose malheur est bon, dit-on. Maintenant, les Africains sont révoltes et la révolte contre la France néocolonialiste grandit. Nos voix deviennent audibles et l’émotion panafricaine devient plus forte grace à la guerre néocoloniale contre la Cote d’Ivoire.
La crise en Cote d’Ivoire aurait du être sanctionnée par une solution politique. Si deux camps se sont affrontés politiquement et militairement et que l’on poursuit, persécute, et emprisonne Gbagbo, Simone Gbagbo, Blé Goudé et de nombreux cadres du camp Gbagbo, alors on aura raté l’opportunité de faire une vraie reconciliation. J’ai entendu des gens justifier cette justice sélective qui exonore les crimes des pro-Ouattara et qui punit les crimes des pro-Gbagbo à l’intérieur de la Cote d’Ivoire et à l’exterieur. E la Cour Penale Internationale a perdu le peu de crédibilité qui lui restait avec le procès de Gbagbo et de Blé Goudé.
Ceux qui justifient cette justice sélective et punitive prennent exemple sur les procès de Nuremberg et de Tokyo qui ont jugé respectivement les Allemands Nazis et les Japonais au lendemain de la seconde guerre mondiale. C’était déjà la justice de vainqueurs, des alliés qui avaient gagné la guerre, et qui pourtant avaient mis deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Ce n’était pas la vraie justice. Une vraie justice ne saurait souffrir de discrimination. Et la, je cite Dr. Martin Luther King.

AfrikaNewsGroup : Vous étiez à la 2e édition du Festival Panafricain Intellectuel et Culturel Kwame Nkrumah. Quelles en sont les conclusions ?

Gnaka Lagoké: Le Festival Panafricain Intellectuel et Culturel Kwame Nkrumah est une plate-forme qui a été mise sur pied par l’Institut des Etudes Africaines de l’Universite du Ghana pour célébrer les idées, l’héritage politique et le projet de l’unité africaine de Kwame Nkrumah, le premier président du Ghana. La première édition de cette plateforme a été organisee en 2011. Du fait des difficultés financières, les éditions de 2013 et de 2015 de ce rendez-vous bi-annuel n’ont pu avoir lieu. C’était donc la 2e édition qui a eu lieu du 26 juin au 1er juillet 2017. La Déclaration d’Accra a sanctionné cette conférence qui a rassemblé des centaines de panafricanistes, chercheurs, personnalités politiques, étudiants, journalistes et chefs des petites et moyennes entreprises. J’ai eu le plaisir de rencontrer pour la première fois des Ivoiriens panafricanistes, notamment les jeunes du Club Panafricain Universitaire. Les participants se sont accordés à creer une nouvelle unité afin que le curriculum scolaire soit transformé pour le seul but de l’unification et du développement intégré de l’Afrique. Cette plate-forme a le potential d’être le berceau du panafricanisme au 21e siècle. Elle peut etre aux panafricanistes ce qu’est la Mecque aux musulmans. L’année prochaine, 2018, marquera pour nous le 60e anniversaire de la Conférence des peuples d’Afrique que Nkrumah a organisée en 1958, une année apres son accession au pouvoir. Plus de 300 participants venus de 35 pays ont discuté des stratégies de mise à mort du colonialisme. Deux ans apres, 17 pays Africains sont devenus indépendants. A cette conférence, il y avait des leaders comme Hastings Banda, Julius Nyerere, Patrice Lumumba, Awolowo. Si la 3e édition du Festival Panafricain Intellectuel et Culturel Kwame Nkrumah pouvait avoir lieu en 2018 pour réfléchir sur les meilleurs stratégies de reconquête de notre souveraineté économique afin que l’on puisse se défaire du néocolonialisme, ce serait un bond hautement qualitatif.

AfrikaNewsGroup: Vous faites la promotion d’une nouvelle dispensation du panafricanisme. Quels en sont les fondamentaux ?


Gnaka Lagoké: La nouvelle dispensation du panafricanisme que je promeus a pour idéologie la philosophie Ubuntu qui est un élément fondamental de fonctionnement des sociétés Bantoues et noires d’Afrique. Elle se dissocie donc du socialisme et du capitalisme.
Le movement panafricain, depuis son existence formelle, des le début du 20e siècle, a été le théâtre des approches divergentes par rapport à l’identité raciale (de qui peut etre impliqué dans le projet panafricain, est-ce seulement les noirs ou peut-on incluire aussi les blancs?), la methodologie d’unification (immediate avec la creation des Etats-Unis d’Afrique ou graduelle), et la question de l’idéologie (socialisme ou capitalisme).
L’histoire des independances et de la construction des nations africaines nouvellement indépendantes a montré l’opposition au capitalisme et socialisme. De nombreux grands panafricanistes ont adopté le socialisme comme idéologie et voulaient construire les Etats-Unis Socialistes d’Afrique. C’est le cas de Kwame Nkrumah. Le panafricanisme n’est pas un movement statique. Il doit s’adapter aux defis nouveaux, au 21e siècle, surtout à la lumière des crises successives du socialisme et du capitalisme. La chute du mur de Berlin en 1989, la De-Sovietization de l’Europe de l’Est dont de nombreux pays ont adopté l’économie de marche, y compris l’Union Sovietique ont consacre la crise du socialisme. Meme la Chine communiste est devenue un chantre du liberalisme economique. Cela, c’en etait pour la crise du socialisme. Avec la chute de Wall Street en 2008 qui a entraine le monde entire dans une crise economique jamais vue celle de 1929, le capitalisme n’a plus le même attrait et de nombreux penseurs essaient de réfléchir a des théories alternatives, comme l’économie sociale solidaire et autres.
Il convient de préciser que la Russie et la Chine ont embrassé l’économie de marché sur le fondement de leurs valeurs culturelles respectives, le collectivisme russe et le confucianisme. Tout recement le président Chinois a publié un ouvrage “Comment Lire Confucius”
En Afrique, du Cap au Caire, nous avons une philosophie qui par essence est panafricaine. Elle met l’accent sur l’unité culturelle et linguistique de plusieurs centaines de peuples d’Afrique. Et c’est Ubuntu qui a plusieurs variantes dans plusieurs langues Bantoues. La maxime d’Ubuntu est “Une personne est une personne a travers d’autres personnes.” Juste pour donner quelques exemples, Ubuntu en Zulu est appele Bomotho en Lingala, Abantu en Ouganda, Ntu au Kenya, Burkindi en Moré. C’est dans cette philosophie que Thomas Sankara a puisé quand il a change le nom de la Haute Volta. Burkina vient de Burkindi.
Dans la philosophie Ubuntu, l’être humain est au coeur de toutes les actions, sujet, objet, concepteur, et bénéficiaire de toute action dans la société. En d’autres termes, “Tous pour un, un pour tous”. Avec les valeurs de cette philosophie qui sont l’amour, le partage, l’harmonie, la cohésion sociale, le consensus, l’interdependance, la prospérité partagée, nous sommes entrain de redéfinir un nouveau système politique qui s’appuie sur la democratie inclusive, participative, une unité spirituelle pour l’Afrique, une identité économique que j’appelle, l’Economie Ubuntu, une révolution culturelle qui mette en avant nos valeurs et qui rejettent les anti-valeurs de la société occidentale comme la cupidité et l’individualisme exagéré.
Notre pays, la Cote d’Ivoire a cette responsabilité historique de construire ce nouveau panafricanisme, ce developpement intégré industriel de l’Afrique qui s’appuie sur Ubuntu. Nous sommes ceux que nous attendions car c’est à ma génération qu’incombe cette responsabilité historique. Et c’est à chacun et à chacune de nous d’être le changement qu’il ou elle veut voir en Afrique et dans le monde.

AfrikaNewsGroup: Comment vous entrevoyez les rapports entre l’Afrique et la France sous Macron?

Gnaka Lagoké: Macron a eu un beau parcours pour arriver au pouvoir mais il n’a pas une vision innovante pour la France. Il a reussi à recomposer la carte idéologique en France. Il est francais et veut assurement continuer l’hégémonie de la France sur l’Afrique. Il ne demantelera pas la Françafrique. Mais il a un probleme et il semble ne pas s’en rendre compte. Il y a un rejet de la France, une allergie à tout ce qui est Français auprès d’une portion importante de la population Africaine. Les générations présentes d’Africains n’en veulent plus de ce paternalisme doublé de racisme et de néo-colonialisme de la France. Et ce joug qui nous étreint. Ces marchés quasi captifs que constituent les 14 pays de la zone franc. Tous nos présidents Ivoiriens, Félix Houphouet-Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guei, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ont utilisé des méthodes diverses, soucieux d’éviter une confrontation directe avec la France, en donnant à ce pays les marchés les plus juteux de notre pays. Ces méthodes ont montré leurs limites. Nous ne jouissons pas d’un développement autocentre. Nous ne controlons pas les leviers de notre économie. Nous n’avons pas d’industriels. Nous sommes victimes d’un mal développement dont les plus grands bénéficiaires sont les occidentaux. C’est après eux que viennent une certaine élite ivoirienne d’ailleurs corrompue par eux. Il faut bien que cela cesse un jour. Les noirs que nous sommes, comme tous les êtres humains, aspirons à la liberté, à la dignité, au bonheur, à la possibilité de jouir de nos propres ressources. Alors, il nous faut une meilleure organisation pour la conquête de notre souveraineté économique. Et cela, au dela des déclamations, des declarations et des professions de foi. Nous pouvons commettre des erreurs de bonne foi ou nous pouvons etre poussés à la faute par ceux qui n’ont pas interêt à ce que l’Afrique soit libre.
Comme Kwame Nkrumah l’a dit, nous devons avoir le droit de faire nos propres erreurs et qu’ils nous laissent en paix et on verra si l’Afrique ne peut se developer. Comment les pays Africains peuvent-ils se developer quand le secteur financier et bancaire, l’eau, l’électricité, les télécommunications, les infrastructures routières, les ressources minières sont aux mains des companies étrangères occidentales notamment françaises, qui font des superprofits et que les nombre des pauvres de chacun de ces pays est au moins de 50% ?
Il y a un renouveau de la conscience panafricaine. Et la puissance impériale de la France ne peut arrêter cela. Au moment ou certains croyaient encore en leur bonne foi, sous nos yeux, ils ont détruit la Lybie et bombardé la Cote d’ivoire. Et cela a éveillé les consciences des peuples d’Afrique. Comme les Americains le dissent, “It was a blessing in disguise!”. Pour le reste, ce que j’appelle les “Macroneries”, ou si vous voulez, les conneries de Macron, quand il dit que l’Afrique a un problème civilisationnel, il aura le temps de se rendre compte qu’il ne peut continuer à parler ainsi. Même des leaders que nous ne célébrons pas comme Idriss Deby et Alpha Condé donnent de la voix par rapport à ce systeme qui les étouffe et détruit l’Afrique. Une Afrique nouvelle est entrain de germer sur les fonts baptismaux d’une nouvelle alliance, d’une unite nouvelle. Cette Afrique triomphera à coup sur car l’unité est la loi de Dieu.

Interview réalisée par Charles Malone Mayomo
In : afrikanewsmultimedia.com
Samedi 12 Août 2017
Lu 1382 fois
La Dépêche d'Abidjan



Interviews
Notez

Actualité | Interviews | Contributions | Vidéos | People | Ça m'interpelle | Reportages | On en parle | Tribune | Faits et Méfaits | Lu pour vous | Arts et Cuture | Insolite | Communiqué | Sports | Économie | Afrique - Monde | À ne pas manquer | VOTRE PUBLICITÉ SUR LA DÉPÊCHE D'ABIDJAN


"Le Franc des Colonies Françaises d'Afrique (FCFA) est une propriété à part entière de la France."




ladepechedabidjan : BLOCO - COURS D'HISTOIRE https://t.co/bUJIiaquEj https://t.co/koWR5UkQyt
Jeudi 19 Octobre - 12:16
ladepechedabidjan : "BLOCO - COURS D'HISTOIRE" : https://t.co/xeCLJ9y8XS via @YouTube
Jeudi 19 Octobre - 11:59
ladepechedabidjan : Côte d’Ivoire : ce que l’on sait du crash de l’Antonov à Abidjan, samedi: Quatre jour après le crash d'un avion...… https://t.co/qKy3cDVSUi
Mercredi 18 Octobre - 09:00
ladepechedabidjan : Relations Ouattara – Soro : La proposition d’Obasanjo pour régler la crise au sommet de l’Etat: Selon Olusegun...… https://t.co/daoW4QyR3I
Mercredi 18 Octobre - 08:50

Facebook

Partager ce site