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Charles Blé Goudé (opposant en exil) : “Gbagbo n’est pas fini”

Ministre de la jeunesse dans le dernier gouvernement de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, ancien leader syndical étudiant, est en exil depuis la fin de la crise post-électorale en avril 2011. Depuis ce refuge qu’il ne révèle jamais, celui que l’on a surnommé “le Général de la rue” pour sa très forte capacité de mobilisation donne son avis sur tous les sujets d’intérêt national.


Charles Blé Goudé (opposant en exil) : “Gbagbo n’est pas fini”

Notre Voie : Monsieur le ministre, vous êtes le président fondateur du cojep mais aussi le leader de la galaxie patriotique de Côte d'ivoire. Comment percevez-vous l'activisme du jeune Zadi Djédjé qui se réclame de vous?

Charles Blé Goudé : Je trouve qu’il joue à un jeu très dangereux. Quand il déclare dans la presse que des gens veulent le tuer à cause d'Hamed Bakayoko, je ne sais pas ce qu’il vise. Qui sont ces gens ? Cette manière de faire met en danger ses camarades qui avaient déjà des problèmes de sécurité. Et je lui demande d'arrêter de servir de vecteur de division en notre sein. Il n’existe pas de pro-Gbagbo qui veulent la paix et d’autres qui ne la souhaitent pas. La réconciliation ne peut pas se faire dans le désordre. Mieux, la réconciliation n’est pas une condition à la résolution des préoccupations que les pro-Gbagbo ont clairement exprimées; c’est la résolution des préoccupations qui est plutôt une condition qui pourrait favoriser la participation de tous, à la paix.

N.V : Vous a-t-il consulté avant de s'engager dans la voie qui est la sienne aujourd'hui?

C.B.G : Non ! Comme il l’a lui même dit dans la presse, il agit de son propre gré et serait prêt à mourir pour la réconciliation. Moi, je souhaite qu’il vive pour qu’il comprenne que la paix se fait dans un climat bien donné. On ne célèbre pas un mariage avant de l’avoir scellé à la mairie. Tout comme on ne peut inviter des orphelins à une partie de danse pendant que ceux qui les invitent discutent secrètement de la date des funérailles et de l’enterrement de leur père. Faisons attention à notre démarche, elle risque de trahir notre marche.

N.V : Ce que l'on remarque c'est qu'il demande aux patriotes de quitter le terrain de la violence. N'est-ce pas une façon insidieuse de dire que vous aviez entretenu la violence?

C.B.G : Je refuse de rentrer dans cette polémique. Je lui demande simplement d’arrêter. Il arrive souvent que l’on veuille faire du bien, mais à un mauvais moment. En juin 2006, j'ai d'abord signé un accord avec la jeunesse du RHDP avant que, eux et moi, ne fassions des tournées dans la ville d’Abidjan. Mieux, le Président Gbagbo a fait voter une loi d'amnistie en faveur des rebelles, signer un accord de paix avec les Forces nouvelles avant que je ne parcoure le pays avec la caravane de la paix. Il n’y avait plus de rancune, et c’est tout naturellement que la caravane a connu un succès car tous les acteurs étaient présents. C’est le rythme et l’avancée de la danse qui font grossir la foule, enseigne la sagesse africaine.

N.V : Le pouvoir risque de vous accuser d'être contre la paix. Vous ne craignez rien?

C.B.G : Peut-on menacer de priver l’aveugle d’un miroir? Mieux, ce pays a de la mémoire. Ouattara était-il contre la paix quand il a refusé de prendre part à la cérémonie de la flamme de la paix à Bouaké? Le RDR était-il contre la paix quand l’avion transportant Guillaume Soro a essuyé des tirs de roquette après qu’Amadou Gon l’ait accusé de trahison pour avoir signé l’accord politique de Ouagadougou avec Laurent Gbagbo ? Ce que nous faisons et nous disons, nous suivra partout dans notre vie. Réclamer que l’on mette fin au théâtre politique et à la gouvernance de polémique, pour un dialogue franc et sincère, ce n’est pas être contre la paix.

N.V : Finalement avec la répression qui s’abat sur les opposants, vos partisans ne seront-ils pas tentés de suivre des gens comme Zadi Djédjé?

C.B.G : Pas du tout ! La répression renforce la conviction et la détermination de nos camarades. Ils sont très disciplinés et attendaient de savoir la position de leur leader. Car, par la manipulation, Zadi Djédjé a tenté de faire croire qu'il agissait avec mon onction. Depuis qu’ils ont découvert son petit jeu, la sérénité est revenue dans leurs rangs. Je saisis cette occasion pour donner des instructions fermes à tous ceux qui se réclament de moi de prendre leurs distances vis-à-vis de Zadi Djédjé. Il n’a pas mandat et qualité pour agir en mon nom. Je leur dis aussi que cela n’est pas sûr que nous arrivions au terminus de notre lutte avec tous ceux qui ont embarqué avec nous au départ. Certains descendront de manière inopinée à des arrêts de leur choix. Dans une pharmacie, chaque médicament à sa date de péremption. Il semble qu’on leur promet du boulot, là aussi je voudrais en appeler à leur esprit de vigilance et de lucidité car même les jeunes du RDR se plaignent aussi du chômage. La réconciliation ne s’achète pas, elle se prouve par des actes et se vit dans chaque foyer.

N.V : M. Hamed Bakayoko qui est son parrain a déclaré récemment être en contact avec vous. Est-ce vrai? Et de quoi parlez-vous avec lui?

C.B.G : Je n’ai aucun complexe à parler avec un adversaire politique pour la simple raison que je me sens capable de lui signifier la conviction qui est la mienne. Tous ceux qui, depuis que je suis en exil, ont tenté de me faire passer un message par personne interposée ont toujours eu la même réponse et les mêmes exigences : je suis pour la paix et la réconciliation dans mon pays mais pas à n’importe quel prix et sans me renier. Cela ne me gêne pas du tout qu’il l’ait dit d’autant que je n’ai rien à cacher. Ce sont eux qui les jours impairs m’accusent de déstabilisateur et annoncent les jours pairs que nous sommes en contact et que je serais même en route pour Abidjan. Tout cela fait partie de l’animation politique. L’essentiel que nous feignons de fuir finira par nous rattraper demain. Et quand demain arrive, l’on appelle aujourd'hui.

N.V : Dans l'une de vos déclarations, vous vous êtes pratiquement mis à la disposition de Charles Konan Banny. Certains y ont vu une façon de vous démarquer du Fpi. Qu'en dites-vous?

C.B.G : Je sais que le FPI demande aussi mais un dialogue franc et sincère pour le retour de la paix dans notre pays. La direction du FPI a eu plusieurs rencontres avec certaines autorités dans ce sens. Je ne crois pas avoir mené des démarches qui s’éloignent de cette ligne. Nous sommes en phase. Les circonstances, les souffrances et les humiliations que nous vivons ensemble ne nous laissent aucun choix.

N.V : Pensez-vous que M. Banny est bien parti pour réussir?

C.B.G : Le président Banny a certainement de bonnes intentions, malheureusement, le pouvoir l’ayant identifié comme un futur adversaire, toutes ses initiatives sont contournées ou boycottées. Ses adversaires au sein de son propre parti politique le Pdci-Rda n’ont pas non plus intérêt à ce que sa mission soit un succès. Il va falloir qu’il prenne une décision à un moment donné, sinon ses adversaires auront raison de lui.

N.V : Selon vous, que faut-il faire pour réussir la réconciliation?

C.B.G : Il faut avant tout que le pouvoir accepte que, faire la réconciliation n’est pas une option, c’est un impératif pour la classe politique. Si le pouvoir estime que faire la paix équivaut à faire une largesse à l’opposition, autant dire que c’est un mauvais départ. Pour le reste, je crois que le RDR est mieux placé pour comprendre qu’on ne peut pas demander à une opposition de faire la paix, pendant que tous ses dirigeants , cadres et militants sont soit en prison, soit en exil. Tout cela couronné par le gel des avoirs, les domiciles illégalement occupés par les FRCI, etc. Je propose que le pouvoir donne un statut à l’opposition et apprenne à la considérer comme un acteur qui compte pour la stabilité et le développement du pays. Tous ceux qui pensent que c’est par la répression que le pouvoir parviendra à s’imposer se trompent. Ce sont des méthodes dont les résultats ne résistent pas au temps. Je propose la voie du dialogue franc et sincère. Une paix qui résulte d’un tel dialogue est une paix durable. Au lieu de chercher à vaincre l’opposition, il vaut mieux la convaincre en prenant en compte ses préoccupations, somme toute, légitimes.

N.V : Que répondez-vous à ceux estiment que quand on a perdu la guerre, on ne pose pas de condition pour la réconciliation?

C.B.G : Dès que l’on parle de réconciliation, il y a au minimum deux camps à réconcilier. Et comme il se trouve que le vainqueur ne peut pas se réconcilier seul, il convient de prendre en compte les préoccupations de celui qui a perdu la guerre afin qu'il soit disposé à aller à la paix. Il faut panser ses plaies pour le rendre réceptif et moins suspicieux. C’est ce que Gbagbo a fait avec eux.

N.V : L'actualité en Côte d'ivoire, c'est aussi le rapport d'Amnesty international qui dénonce les tortures et les arrestations arbitraires. Comment avez-vous accueilli ce rapport?

C.B.G : Il était temps que soient dénoncées ces flagrantes violations des droits de l’homme et toutes ces exactions. Etre pro-Gbagbo est devenu un crime en Côte d’Ivoire. Les dénonciations fantaisistes suivies d'enlèvements et d’arrestations sur fond tribal sont le lot quotidien de tous ceux, qui, à un moment de leur vie, ont collaboré avec le président Gbagbo Laurent. Les exactions et les crimes contre nous et nos partisans sont toujours justifiés par le pouvoir. Tout cela couronné par le mutisme coupable des organisations de défense des droits de l'homme. Je constate que ces organisations ont commencé à lever le drapeau. Mieux vaut tard que jamais.

N.V : Est-ce qu'on doit y voir la fin de l'état de grâce pour M. Ouattara?

C.B.G : C’est à la pratique que toutes ces organisations internationales finiront par découvrir la vraie nature de ce régime. On ne peut pas cacher le soleil avec la main. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire est peut-être aussi grave que ce que l’on dénonce en RDC. Seulement, les cris de douleur des opprimés Ivoiriens ne vont pas au-delà de leurs lieux d’oppression. Je ne crois pas que la communauté internationale ait investi autant de moyens humains, logistiques et financiers pour installer un État de non droit. Il faut davantage interpeler le régime Ouattara.

N.V : Il y a quelques semaines, un comité d'experts indépendants des Nations Unies vous a accusé avec d'autres exilés de déstabiliser le régime ivoirien en liaison avec Ansar Dine et la junte malienne. Quel commentaire?

C.B.G : C’est un rapport léger, peu sérieux et fantaisiste auquel les observateurs sérieux de la crise ivoirienne n’accordent aucun crédit. Les contradictions qu’il contient exposent les limites de ses auteurs que l’on appelle abusivement experts. Ces messieurs qui font le tour de l’Afrique en abusant des titres ronflants dont ils n’ont pas le mérite. Ils trompent l’ONU et le monde entier. Ils savent très bien que je n'ai aucun contact avec Ansar Dine et la junte malienne. Nous appelons le régime Ouattara à un dialogue franc et sincère. Même Ansar Dine est invité à une table de négociation avec le médiateur de la CEDEAO.

N.V : Vous êtes toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par le régime ivoirien. Ne craignez-vous pas de passer le reste de votre existence comme un fugitif?

C.B.G : Si c’est le choix de Dieu, croyez moi, je n’y peux rien. Par contre, si c’est un humain qui s’obstine à me contraindre à une telle vie, Dieu à qui rien n’est impossible créera les circonstances pour que je vive comme il l’a programmé.

N.V : Ne croyez-vous pas que les autorités de certains pays Africains qui vous protègent finiront par céder aux pressions du régime ivoirien pour vous livrer?

C.B.G : Je ne suis sous la protection d'aucune autorité humaine. Je suis sous la protection de Dieu. Si Dieu cède à la pression du régime Ouattara, franchement, je ne pourrai que respecter sa volonté.

N.V : Ne serait-il pas plus sage de reconnaitre le pouvoir de Ouattara pour qu'il vous laisse en paix?

C.B.G : Ma modeste voix ne risque-t-elle pas de se noyer dans le tintamarre des reconnaissances des grands de ce monde en faveur du régime d'Abidjan? Non, cher Monsieur, je ne crois pas que le régime Ouattara ait tant besoin que ma voix s’ajoute à celle des grandes puissances qui n’ont d’yeux que pour lui, au point de me traquer avec mes proches jusque dans mon dernier retranchement. Je crois savoir qu’il me poursuit pour des raisons qui sont ailleurs.

N.V : Seriez-vous prêt à travailler avec le régime d'Abidjan si on vous le proposait?

C.B.G : Voulez-vous insinuer qu’on me poursuit pour m’obliger à travailler avec le régime d'Abidjan? Au moment où je fais cet entretien avec vous, je n’ai pas connaissance d’une telle proposition.

N.V : Avec ce qui se passe n'avez-vous pas le sentiment qu'on s'achemine vers la mort de l'opposition?

C.B.G : Ceux qui pourraient penser ainsi font une mauvaise lecture. La crise post-électorale a été une crise très violente qui a eu des conséquences dans tous les secteurs de notre pays. La Côte d'Ivoire peine à s’en remettre. Toutes les œuvres de l’homme étant à son image, les organisations politiques qui composent l’opposition et leurs alliés peinent également à se remettre de la crise. Même le pouvoir peine à s’en remettre malgré l’assurance apparente qu'il feint d’afficher. L’opposition n’est pas en dehors de la vie des Ivoiriens. Elle est animée par des êtres humains qui vivent sur un espace territorial qui est encore sous le choc d’un traumatisme sans précédent. Il faut savoir lire le temps, ainsi l’on évitera de se laisser surprendre par des intempéries de tout genre.

N.V : Si on vous demandait de pronostiquer sur l'avenir de votre pays que diriez-vous?

C.B.G : Je prie Dieu que la sagesse prenne le pas sur l’égo et le moi des dirigeants actuels de notre pays. Ils n’ont pas encore ôté leurs habits d’opposants au verbe virulent pour réaliser qu’il est désormais de leur responsabilité de prendre des initiatives de paix. Comme la pluie prépare le sol à une bonne semence, la stabilité d’un pays est la résultante du traitement que tout pouvoir réserve à son opposition. Chaque jour qui passe ne me rassure pas sur l’avenir de mon pays. Malheureusement! Tout laisse croire que le pire reste à craindre à tout moment. Et cela m’inquiète beaucoup. J’aime mon pays et je ne souhaite pas qu’advienne pire que ce que les Ivoiriens ont déjà vécu. Ils méritent mieux.

N.V : Les partisans de Ouattara disent que Laurent Gbagbo mourra en prison. Selon vous, est-ce une perspective heureuse pour le pays ?

C.B.G : Dites-leur que le seul avenir sûr que tous les êtres humais ont en commun, c'est bien la mort. La vie, on n’en sort jamais vivant. La cause pour laquelle un homme meurt me semble plus importante que le lieu de la mort. Si Gbagbo doit mourir en prison, j'imagine que ceux qui lui souhaitent une telle fin savent déjà où ils vont mourir. Faisons attention à ce que nous disons, nous sommes tous de passage sur terre !

N.V : Etes-vous de ceux qui croient que Laurent Gbagbo n'est pas fini?

C.B.G : Promenez votre regard autour de vous et dans le monde, vous comprendrez que dans la vie, mais particulièrement, en politique, aucun leader n’est jamais fini. Perpétuel, recommencement, la vie n’est pas un cours d’eau doux et calme, c’est une mer agitée avec son corollaire de vagues. Même en prison, très loin de son pays et de son Afrique natale, ne voyez-vous pas que la Côte d’Ivoire, même si elle n’est plus dirigée par Gbagbo, continue de l’être en fonction de lui? On peut ne plus avoir le pouvoir, mais on peut continuer d’avoir du pouvoir, et c’est le plus important pour tout leader politique en tant que déviant positif qui cherche à impacter la vie de sa nation. Gbagbo se bat pour un idéal et non pour le pouvoir. C’est toute la différence entre ses adversaires et lui.

N.V : Croyez-vous qu'il va être libéré?

C.B.G : Laurent Gbagbo n'a pas la même conception de la liberté que le citoyen ordinaire. Pour lui, sa liberté se trouve dans son esprit et non dehors. Gbagbo Laurent ne cherche pas à se libérer en tant qu’individu, il cherche à libérer son pays et son continent du mensonge, de la manipulation et de l'exploitation. «A quoi cela sert il de vivre libre dans un continent enchaîné et assujetti», me disait-il souvent. Laurent Gbagbo se sent plus libre que ceux qui, parce que jouissant de leurs mouvements physiques, se disent libres. Avant le 11 février 1990, qui pouvait prédire un tel destin à Nelson Mandela? La vie n'est pas ce que ne croyons souvent.

N.V : La Cpi refuse de le libérer parce qu'elle estime qu'il est trop populaire et qu'il pourrait tenter de reprendre le pouvoir. Votre commentaire?

C.B.G : Cet argument politique prouve que Laurent Gbagbo n’est pas en détention pour les crimes dont on l’accuse. Il est victime d’un règlement de comptes politiques, malheureusement, la CPI sert de cadre pour tenter de donner une texture et un vernis juridiques difficiles à camoufler. Laurent Gbagbo est populaire parce qu’il est porteur d’un projet de société ambitieux auquel nombre d’Ivoiriens adhèrent. Maintenir un homme politique en détention pour sa popularité serait tout simplement un déni de démocratie. Doit-on désespérer de notre Justice internationale? En ce qui me concerne, toute cette injustice renforce chaque jour ma foi de combattant. Il y a plus d’une raison pour continuer de nous battre, par des moyens légaux, pour contribuer à changer ce qui peut l’être et à supporter ce qui ne le peut pas. Que Dieu fortifie les Ivoiriens! Qu’il en soit ainsi!

Interview réalisée par Augustin Kouyo in NOTRE VOIE

Mardi 13 Novembre 2012
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