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Assé Alafé Wakili (Journaliste-écrivain, auteur de « Instants de vies ») : « J’ai voulu entrer dans la littérature de cette façon un peu difficile »

Journaliste, éditeur de presse, Assé Alafé Wakili est le directeur général de la société Socef-Ntic qui édite le quotidien ivoirien l'Intelligent d'Abidjan. Dans cette interview accordée à Jean-Paul Oro et Axel Illary, celui qui se présente comme "un pur produit du système éducatif ivoirien" parle à cœur ouvert de son expérience dans les médias, de ses ennuis avec la justice ivoirienne mais aussi et surtout de son premier roman "Instants de vies", dont l' écriture a commencé alors qu'il était encore au Lycée à Agboville (Sud-Est de la Côte d'Ivoire), la ville qui l'a vu naître.
Nous avons pris langue avec le journaliste ivoirien désormais écrivain . Entretien avec ce jeune prodige de la presse en Côte d’Ivoire.


Photo : DR
Photo : DR
La Dépêche d’Abidjan : Cela fait un peu plus de quinze ans que vous êtes dans le monde de la presse en Côte d'Ivoire. Aujourd’hui, patron de la société éditrice du quotidien l’Intelligent d’Abidjan. On vous annonce pour bientôt à la tête d’une chaîne de télévision. Qu’est ce qui vous fait courir autant ?

Alafé Wakili : Non (sourire) C’est vous qui m' informez en ce qui concerne la télé. Ou du moins, vous êtes assez vite informé ! Pour ce qui me fait courir, c’est l’amour des lettres, l’amour de la vérité. Après le journalisme où on essaie de restituer l’histoire et l’actualité au quotidien, il était important de faire une incursion dans la littérature et de diversifier la source d’inspiration. Et puis il y a aussi ma passion pour l’écriture. Je veux suivre l’évolution de mon temps et de mon époque.

L.D.A : Aujourd’hui vous êtes le patron de la société éditrice de votre journal, vous considérez-vous toujours comme journaliste ou maintenant comme homme d’affaires ?

A.W : Je me considère avant tout comme journaliste. Et c’est parce que je suis journaliste que des opportunités s’offrent à moi, que des compétences nouvelles sont acquises pour pouvoir gérer un groupe de presse. Quand je dis que je suis patron, c’est à la tête d’une entreprise de presse. Je ne suis pas manager d’une entreprise automobile, aéronautique, ou une compagnie d’assurance. A ce titre là je ne me considère pas comme un homme d’affaires à proprement parlé. Je suis plutôt patron de presse. Homme d’affaires dans le milieu de la presse ; oui. Editeur dans les médias ; oui. Vous voyez que ce sont des métiers liés au milieu de la presse et au monde du journalisme. Donc je me défini avant tout et essentiellement comme journaliste. C’est un point de départ. Ecrivain, romancier ; oui parce que c’est encore l’écriture comme dans le journalisme. Toute la base, tout le départ, c’est le journalisme.

L.D.A : Revenons à votre parcours. Vous avez débuté dans le journalisme au milieu des années 90 avec un de vos maîtres : Yao Noël. Aujourd’hui vous voilà patron de presse. Comment expliquez-vous cette réussite d’autant plus que vous êtes pratiquement le seul de votre génération à ce niveau ?

A.W : Peut-être pas le seul, mais nous ne sommes pas nombreux. Il faut relativiser les choses. Vous dites réussite, mais ça dépend. Nous estimons ne pas être encore arrivés au bout de notre progression, de notre parcours. On ne peut donc pas parler d’une réussite totale. C’est un progrès, une ascension relative qui n’est pas encore terminée, et nous espérons continuer à réaliser un certains nombre de choses. Nous expliquons cela par des opportunités qui se sont offertes à nous, et que nous avons pu saisir. Il faut aussi l’expliquer par des personnes qui ont cru en nous et avec qui nous avons essayé d’avancer. Elles nous ont fait confiance. Nous n’avons pas démérité de cette confiance. Vous avez parlez de Yao Noël, ben sûr. Il y a eu Bamba Alex et d’autres personnes qui nous ont offert ces opportunités là.

L.D.A : Parlant des personnes qui vous ont offert des opportunités, vous n’avez pas parlé de Tapé Koulou qui vous a également offert des opportunités !

A.W : Oui, à un certain moment de mon parcours, j’ai eu à le rencontrer et nous avons réalisé un certain nombre de choses ensemble. A ce moment là, j’étais à cinq ans de pratique du journalisme. Nous avons fait un chemin ensemble comme je l’ai fait avec d’autres. Puis nos chemins se sont séparés. Il y a eu beaucoup de choses, mais je pense que nous sommes ici pour parler des choses positives et éviter éventuellement les sujets qui fâchent.

L.D.A : Pour vous Tapé Koulou est un sujet qui fâche ?

A.W : Non, pas forcément. Je pense que j’ai eu beaucoup de patrons, j’ai eu beaucoup de personnes avec qui j’ai eu à travailler. On ne s’arrête pas sur les autres, pourquoi faudrait-il s’arrêter sur certains en particulier. Pas que ce soit un sujet qui fâche, mais je pense que nous pouvons parler des uns comme on parle des autres. Sans accorder plus d’importance qu’il n’en faut à un patron parmi plusieurs autres. Voilà !

L.D.A : Pour rester dans les questions délicates ; vous avez connu récemment des déboires avec la justice qui vous ont valu 45 jours d’incarcération. Quels enseignements avez-vous tiré de cette mésaventure ?

A.W : Hou, ce fût une expérience douloureuse, mais positive. J’ai essayé de positiver comme je l’ai écris dans la préface d’"Instants de vies". A mon avis, la prison devrait être comme le service militaire. Le service militaire qui en principe devrait être obligatoire pour tout citoyen d’un pays ou d’un territoire donné. J’estime que d’une manière ou d’une autre, Il faudrait peut-être trouver une formule pour que tout citoyen passe par la case prison. Pas forcément en commentant une effraction à la loi. Mais on peut imaginer une formule, cela pourrait se faire. Autant on va l’école, autant on fait son service militaire, autant on devrait faire un tour à la case prison pour quelques jours. Parce que c’est une expérience qui peut être enrichissante et dont on peut tirer beaucoup d’enseignements. C’est vrai qu’être privé de liberté peut paraître difficile, mais quand on arrive à positiver et à se dire que l’on n’est pas un criminel, que l’on n’a pas commis quelque chose de moralement et éthiquement répréhensible, on avance et on est tranquille dans la tête. Cela peut paraître humoristique et ironique, mais il est important que chacun passe par la case prison car on y apprend et découvre beaucoup de choses.

L.D.A : Venons-en à votre roman. Qu’est ce qui vous a motivé à produire une œuvre aussi ambiguë et au genre singulier ?

Oui, un genre ambigu, une sorte de mélange de genres que j’ai choisi volontairement. J’aurai pu faire une écriture linéaire, et comme vous l’avez lu dans la préface, Isaïe Biton Koulibaly a essayé de donner un avant goût de ce que le lecteur rencontrerait et du choix qui a été fait. Je n’ai pas voulu entrer dans une sorte de complément d’enquête journalistique par rapport à certains sujets. Parce que j’ai voulu faire quelque chose de différent du journalisme. J’ai voulu donné autre chose à lire, autre chose à découvrir. J’ai voulu faire connaître un autre aspect de ma personnalité et faire comprendre que les journalistes pouvaient aborder des sujets autres que ceux qui étaient du quotidien, ceux qu’on traitait à l’instant dans nos différents organes. Je voulais construire une réalité, aborder d’autres aspects de la vie à travers ce roman. Cela me tenait particulièrement à cœur parce que, ce n’est ni une biographie, ni une autobiographie. Ce genre d’œuvre, vous savez, ne sortent que lorsque l’on a réussi sa carrière. C’est-à-dire que j’aurai pu commencer par un complément d’enquête. En exemple ; sur la crise ivoirienne que je suis depuis 2002. Je sais des choses, j’ai pratiqué des personnalités, des autorités. J’aurai pu écrire des biographies, des essais, et quand j’acquiers de la notoriété en tant qu’écrivain, publier mes brouillons d’"Instants de vies" avant que je n’accède à la notoriété. Mais je n’ai pas fait ça. J’ai voulu entrer dans la littérature de cette façon un peu difficile. En relevant un défi avec moi-même et en me soumettant tel que j’ai pu apparaître à un certains moment au niveau de mes rêves, de mes illusions, de mes inspirations ; en soumettant à l’état presque brut aux lecteurs afin de découvrir une autre facette. Cela permettrait de voir les progrès qui ont pu être faits, et éventuellement les progrès qui pourraient être faits lorsque je produirai d’autres œuvres. C’est pour cela que j’ai fait ce choix, c’est pour cela que j’ai adopté ce style.

L.D.A : Quel type de lecteur visez-vous avec ce style lourd et difficile dont vous usez dans votre roman ? Et qu'est ce qui justifie cette atmosphère mystico-religieuse qui pèse sur « Instants de vies » ?


A.W : (Rires) Vous avez perçu l’œuvre. C’est vrai que je n’ai pas fait un roman populaire qui pouvait être du coup un best-seller. J’ai fait un roman qui fait appel à l’intelligence du lecteur, non pas à la passion et à l’émotion. Mais lorsque l’intelligence est mise en service, cela peut susciter des débats passionnés et des débats d’émotions. Mais il faut d’abord commencé par l’intelligence du lecteur, ensuite viennent la passion et l’émotion. Le roman aurait pu être écrit avec des phrases et expressions plus simples, mais j’ai fait ce choix et je l’assume. Il y en a qui parviennent à comprendre, donc je pense que ça devrait être possible pour tout le monde. Ce n’est pas extraordinaire, on peut se comprendre malgré ce style qui parait difficile.

L.D.A : Pourquoi un roman en six parties et qui fini par un épilogue à six voix quand on remarque l’importance que vous donnez à la dimension mystique des chiffres et aux évènements dans votre œuvre ?

A.W : (Rires) Bof, ça, je n’ai pas d’explication. C’est un fait du hasard. Il y a six personnages, on aurait pu en trouver sept. Vous savez, il y a d’autres personnages qui ne sont pas devenus des acteurs principaux du récit. Vous remarquerez que le personnage de Sibiri n’est intervenu à aucun moment, mais pourtant son histoire émeut et ne laisse personne indifférent. Il aurait pu être un acteur, il ne l’a pas été. Et même le père ; à aucun moment il n’a parlé, mais les autres ont parlé de lui. C’est ça la construction de l’œuvre. Il y a beaucoup de richesse, beaucoup de thématique à faire ressortir. Moi je pense qu’ensemble, nous pourrons décoder les choses pour mieux les comprendre.

L.D.A : Vous ne pensez pas qu’il aurait été plus simple de diluer toutes ces thématiques dans des termes et formules dont tout le monde use ?

A.W : C’est le privilège de l’écrivain. Créer son monde à soi, jouer avec les mots, et entraîner le lecteur dans son univers et créer une complicité entre les deux. C’est un privilège que le journaliste n’a pas toujours.Et c’est cette possibilité que la littérature offre que j’ai saisie.

L.D.A : Il parait que quand on écrit, c’est un peu de soi qu’on donne !

A.W : Oui un peu. Pas totalement, mais un peu.

L.D.A : C’est lequel des personnages qui est un peu de vous dans ce récit ?

A.W : C’est un peu de tout. Ce sont des personnages de rêve. Voyez, il y a un journaliste dedans, un patron de presse, un écrivain, c’est un peu de tout ça que je souhaitais devenir. Mais pas ce que je suis devenu. Mais quand on prend l’histoire de l’œuvre, on se rend compte que le roman a été écrit avant que je ne devienne journaliste, patron de presse et écrivain. C’était un peu de moi en termes de perspectives, en termes d’illusions, en termes de devenir. Mais pas en termes de vécu. C’étaient les choses dont j’ai rêvées, les choses que je souhaitais. Je livre comme ça pour faire partager ces rêves à la jeunesse africaine pour dire qu’à force de persévérance, à force d’ambition, à force d’audace, à force de se battre, on arrive à réaliser ses rêves et ses ambitions. Il y a aussi cet aspect des choses qu’il faut percevoir pour dire qu’il y a vingt ans, voici les rêves que nous nourrissions dans un contexte difficile de multipartisme naissant, une situation scolaire difficile. C’est dans ces conditions là que quelque chose a pu être réalisée. Cet aspect me parait important.

L.D.A : Ne croyez-vous pas au déterminisme des noms de vos personnages et à la fatalité de leurs destins ?

L’avenir se construit. Ozizio (le journaliste dans le roman) lutte malgré les brimades dont il est l’objet, Méra (l’écrivain et ami d’Ozizio) également même si à la fin la mort a raison de lui. Mais Adama (frère de Loso) est là pour continuer le combat. Loso (Ami d’Ozizio et de Méra), quant à lui, était confiné dans un univers dont il s’est libéré, il s’est battu. Il y a peut être un peu de fatalité et de déterminisme là dedans. Mais dans ce récit, il y a des gens qui se battent pour briser les tabous, les chaînes et avancer. C’est une lutte permanente entre la fatalité et le mouvement, le déterminisme et le dynamisme. Ce dynamisme de la vie, c’est cette rébellion contre les clichés, les conventions, les traditions pour se construire un monde de bonheur.


Entretien réalisé par Jean-Paul Oro & Axel Illary

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Dimanche 21 Mars 2010
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