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Après l’attaque d’Agboville: Un suspect déféré à la MACA Le FPI et le PDCI s’empoignent



Après l’attaque d’Agboville: Un suspect déféré à la MACA Le FPI et le PDCI s’empoignent
L’attaque contre le poste d’observation des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) basé à Ery-Makouguié, localité situé à 3 km d'Agboville, commence à livrer ses secrets. Kouadio Bony Firmin, suspecté par les FRCI d'être le cerveau de cette attaque, a été déféré le jeudi 9 Août 2012, à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Agboville (MACA).
Selon les premiers résultats des enquêtes, des indices l'incriminent pour sa participation, ou tout au moins, sa complicité dans l’attaque survenue dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 Août contre le poste des FRCI. De sources militaires, en effet, Kouadio Firmin est un jeune Abbey du village de Ouanguié de par sa mère, et Grand-Morié est son village paternel.

Tôt le mercredi matin (l’attaque s’est produite mercredi nuit entre 02h30 et 03h45), le suspect a été appréhendé dans la maison jouxtant le poste d’observation, d'où seraient partis les tirs des éléments non identifiés. « Nous l’avons trouvé dans la maison où, selon lui, il aurait été accueilli par une vieille pour la nuit, après avoir, dit-il, manqué un véhicule pour Abidjan », aurait-il expliqué le jour de l’attaque, selon le commandant en second des Frci basé à Agboville, Thierry Junior, que nous avons joint au téléphone hier.

D'autres militaires trouvés sur le théâtre des opérations dans l’après-midi, nous ont confirmé que Kouadio Firmin a été trahit par le sang qui se trouvait sur ses vêtements. Les Frci sont convaincus d'avoir blessé au moins l'un des assaillants, mais qu'ils aurait été transporté par ses comparses pour le mettre en lieu sûr lorsqu'ils ont battu en retraite. Et que ce serait le sang du blessé qui se serait retrouvé sur les vêtements de l'un de ses acolytes appréhendé.

Mais d'autres sources démentent formellement l'implication Bony Firmin dans l'attaque des FCRI à Ery-Makouguié. Selon les tenants de cette thèse, ce jeune homme a effectivement passé la nuit dans la à cet endroit. Selon eux, Bony Firmin était, en provenance de son village maternel Ouanguié, où il serait aller faire la « fêtes des ignames » (une cérémonie de réjouissances en pays Abbey), a transité par Ery-Makouguié à travers les pistes villageoises, où il a été surpris par la nuit. Et que les tâches de sang trouvées sur ses hâbits proviendraient d’un bélier immolé lors de la fête, car c'est lui Bony qui a été commis à la mise à mort de l'ovin.

Toujours selon nos sources, le suspect a été entendu jeudi par le Procureur près la section du Tribunal d'Agboville, et une information judiciaire aurait été ouverte en son encontre.

Après avoir été cuisiné par le juge pendant des heures, Kouadio Bonny Firmin a été déféré à la prison civile, et l'enquête suit son cours. Entre temps, la dizaine d'autres habitants du village d'Ery-Makouguié interpellés au lendemain de l'attaque, ont tous été relâchés et ont regagné leur village. Edi N’Gbesso Louis, chef du village d'Ery-Makouguié a confirmé cette information, ajoutant que son secrétaire ainsi que ses deux enfants font partie des relaxés.



Abouo N'Dori (FPI) et Aké N'Bo s'empoignent



L'affaire de l'attaque du poste des FRCI à Ery-Makouguié continuent d'alimenter les conversations à Agboville, au point où des cadres de la région issus différents partis sont à couteaux-tirés. En effet, lors d'une réunion du Conseil général d'Agboville hier vendredi, le président dudit Conseil, l'ancien ministre FPI Abouo N'Dori Raymond, et l'ancien maire PDCI Frédéric Sotchi Aké M'Bo ont eu de très vifs échanges sur le sujet.

Le premier a dénoncé l’attitude du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, qui aurait accusé les populations d'Ery-Makouguié d’être de connivence avec les assaillants. « A-t-on accusé les jeunes d’Akouédo, de Yopougon Niangon-Sud ou ceux d’Abengourou d’être de mèche avec les assaillants ? », s’est insurgé le Abouo N'Dori. L'ancien ministre a désapprouvé cette attitude du patron des policiers ivoiriens qui consiste, a-t-il déploré, « à proférer des accusations sans enquêtes approfondies ».

Certains conseillers issus du FPI ont également accusé le Préfet de la région de l'Agnéby-Tiassa, préfet du département d'Agboville Bako Digbé Privat, d'avoir été le premier à porté l'accusation publique. En déclarant que des jeunes miliciens s'entraîneraient dans des forêts de la localité. Ces affirmations ont été jugé tendancieuses par le délégué départemental du PDCI, Aké M'Bo, qui a soutenu qu’un préfet ne parle jamais au hasard et sans preuves. « Vous croyez que le préfet n’est pas assis sur des tonnes d’informations précises et recoupées ? », a rétorqué l'ancien maire d'Agboville. Après cette intervention, il s'est ensuivi des éclats de voix dans la salle entre les partisans du FPI et du PDCI.



JEAN-YVES BOKA in linfodrome.com

(Correspondance particulière)


Samedi 11 Août 2012
La Dépêche d'Abidjan

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