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A quelques mois des 50 ans (2011) du cinéma ivoirien / Yao Norbert Etranny, directeur du Cnac (Centre national des arts et de la culture) révèle :‘’Le cinquantenaire n’a rien apporté à la culture ivoirienne’’

L’homme arbore un look de révolutionnaire. Une chevelure et une barbe blanchâtre. Economiste de formation, il a su emprunter la passerelle entre l’économiste et le culturel. Après avoir passé neuf ans de sa vie à la gestion des droits d’auteur à la tête du Burida (Bureau ivoirien des droits d’auteur), Yao Norbert Etranny ne rechigne pas à la tâche. Promoteur inlassable du 7è Art, ce ‘’Tché de la culture ivoirienne’’ roule aujourd’hui sa bosse à la tête du Cnac (Centre national des arts et de la culture), dont il en est le directeur. Dans cette interview, le fils de Ouéllé fait le bilan du cinéma ivoirien.


Photo : DR
Photo : DR
Vous avez été directeur général du Burida d’Avril 1991 à Août 2000. Comment êtes-vous arrivés à la tête de cette structure ?

J’étais contrôleur financier. J’ai été nommé par Mme Henriette Dagri Diabaté lorsqu’elle était à la tête du Ministère de la Culture. Et ce, grâce à un de ses collaborateurs M. Léonard Kodjo, qui était un ami. Comme c’est souvent le cas, il y avait une crise au Burida. Les artistes ne voulaient plus du directeur général d’alors M. Adolphe Daboba Baby. Pour juguler cette crise, certains artistes ont été voir M. Kodjo. Les artistes lui ont dit qu’ils ont un des leurs (Ndlr : Yao Norbert Etranny) qui pourrait bien prendre la tête du Burida. Ces derniers avaient laissé croire à M. Kodjo qu’ils avaient obtenu mon accord. En toute bonne foi, M. Kodjo a annoncé la nouvelle à sa ministre. Et ce, avant de me consulter. Je lui ai dit que je n’étais pas au courant de cette affaire. M. Léonard Kodjo était un peu gêné. Mais, il m’a dit qu’il avait déjà annoncé la nouvelle à Mme la ministre Henriette Dagri Diabaté. « Donc, il faut que tu viennes même si c’est pour un mois, le temps que le calme revienne ». Je suis allé et cela m’a coûté neuf (9) ans de ma vie.

Est-ce que tout le long de votre carrière vous avez glané des lauriers ?

En tant que fonctionnaire, je n’ai jamais été décoré. Je ne sais pas si c’est parce que je suis parmi les plus mauvais fonctionnaires ivoiriens. (Rires). Parler de lauriers, je n’en ai pas encore glané si l’on se situe dans le domaine de la fonction. Je n’ai que des lauriers personnels.

Qu’est-ce qui fait qu’il y a toujours des crises interminables au Burida ?

Il y a toujours des palabres entre artistes. Mais, ce qui apparaît souvent dans les journaux, ce sont les conflits de compétence entre la direction générale et le président du conseil d’administration. Et puis, chaque fois que cela se déclenche, il y a des clans qui se forment. Dans mon cas, j’ai eu le malheur d’être en même temps artiste, il y a eu des clans qui ont été formés. L’un pour le directeur général et l’autre pour le président du conseil d’administration. Je ne dis pas qu’il n’existe pas d’autres natures de conflits.

C’est donc une des raisons de votre départ du Burida ?

Je crois que c’est l'un des effets collatéraux du coup d’Etat du 24 décembre 1999. Tout est parti des mutations qui ont suivi. Il y a des gens qui ont œuvré activement pour que ça se produise. Mais, je ne veux pas entrer dans les détails. Considérons que ce sont les effets collatéraux du coup d’Etat.

Et si vous nous parliez de votre gestion à la tête du Bureau des droits d’auteurs ?

Quand on est à la tête d’une structure comme le Burida, on travaille pour collecter des fonds. Les critères d’appréciation reposent sur des aspects pratiques. Est-ce que les artistes percevaient leurs droits ? Je crois que si vous posez ces questions aux artistes, ils vous répondront. Les droits qu’on collecte, il y a un pourcentage qui doit être consacré au fonctionnement de la maison. Et ce pourcentage ne doit pas empiéter sur les droits qu’on repartit.

Est-ce que ces efforts ont été faits à cette période ?

Posez la question aux artistes parce qu’ils sont les mieux placés pour y répondre. Moi, je ne sais pas ce que j’ai apporté. Je suis arrivé, il y avait une crise. Ça s’est calmé. Cette crise a dû resurgir quand les appétits au niveau des conflits de compétence entre la direction générale et la présidence du conseil d’administration… Les artistes ont eu à trancher. Ce sont les artistes seuls qui peuvent se prononcer sur ma gestion. Moi, je travaillais pour eux.

En ce moment, êtes-vous dans les jurons du Burida ou avez-vous carrément quitté ce milieu ?

Je suis un créateur, auteur-compositeur. Même si ces aspects ont un peu été mis entre parenthèses. A mes moments perdus, je prête mon visage à des films. A ce titre aussi, je peux avoir des prétentions au niveau des droits voisins. En tant qu’ayant-droit, je suis toujours sociétaire du Burida. J’ai appartenu au conseil d’administration avec le ministre Bernard Zadi Zaourou, Monné Bou, Gnoan M’bala et autres. Nous avions pour directeur général Mme Diarra. Ce conseil a été dissout et je n’ai plus cherché à être dans le nouveau conseil d’administration. Je ne dirai pas que je suis dans les affaires du Burida. Par contre, je n’ai pas rompu avec le droit d’auteur. Sur le tas, j’ai appris que c’est une discipline très spécifique. On peut être agrégé de droit et ne pas forcément maîtriser le droit d’auteur. Je fais de la consultance au niveau international des institutions comme l’Ompi (ndlr : Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), l’Oapi (Organisation africaine de la propriété intellcetuelle) et la commission de l’Uemoa.

C’est justement ce qui vous a inspiré à vouloir éditer un livre…

J’ai cru bon de mettre à la disposition de tous ceux qui se posaient des questions comme moi. Après avoir pratiqué le droit d’auteur, il y a des questions qu’on se pose. J’imagine que des gens n’ont pas encore pratiqué le droit d’auteur comme je l’ai fait. Les gens doivent certainement se poser les mêmes questions comme quand j’étais à la tête du Burida. J’ai recensé cent quinze (115) questions que j’ai mis dans un ouvrage appelé ‘’Vulgarisation des droits d’auteur’’. Je ne suis pas juriste donc, j’ai essayé de prendre les questions le plus simplement possible comme elles se posaient à moi. Et, j’essaie d’y répondre. Qu’est-ce que mon expérience me permet d’apporter comme réponse à ses questions ? Et je l’ai mis dans un manuscrit que Mme Henriette Dagri Diabaté m’a fait l’honneur de préfacer. Maintenant, je cherche les ‘’sous’’ pour l’éditer. (Rires)

A quel objectif répond votre livre ?

Mon livre a pour vocation d’informer les usagers afin qu’ils sachent faire la part des choses. Ce n’est pas un livre qui vient donner les leçons de droits d’auteur. C’est pour les artistes, parce qu’ils sont nombreux ceux qui ne connaissent pas les droits d’auteur. Pour mieux défendre leurs intérêts, les artistes ont besoins de savoir. Je veux faire de mon livre un instrument de vulgarisation. Si j’avais un bon sponsor qui me disait : “ bon j’achète les droits” et je tire autant d’exemplaires que je veux. La facture que j’ai reçue, pour moi en tant qu’individu, c’est assez lourd. Je profite de votre tribune pour présenter mes excuses à Madame la ministre Henriette Dagri Diabaté. Que j’ai harcelé pour qu’elle puisse en faire la préface, à un moment où politiquement elle avait d’autres chats à fouetter. Et voilà, aujourd’hui, je suis coincé.

‘’Clap Ivoire’’, 10ème édition. N’est-ce pas l’âge de la maturité?

L’âge de la majorité ? Ça dépend de quoi on parle. (Rires). L’année dernière le Fespaco (ndlr : Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou) a célébré ses quarante (40) ans d’existence. Mais, avec quatre (4) décennie, les organisateurs ne parlaient pas de maturité. Tout est relatif. Chacun fait son bilan et parle de maturité. D’abord, il faut savoir que ‘’Clap Ivoire’’ était une idée des ciné-clubs de Côte d’Ivoire. A l’époque où le cinéma était organisé au point qu’il y avait des ciné-clubs. Ceux-là ont voulu célébrer les cent (100) ans du cinéma. En 1995, le cinéma créé par les frères Lumière avait cent (100) ans. Donc, les associations de ciné-clubs ivoiriens ont crée un petit concours appelé ‘’Clap Ivoire’’ pour célébrer cela. J’avais un collaborateur qui était à la tête de cette association. Et quand je suis arrivé au Cnac en 2001, je cherchais des hommes pour faire du bruit autour des trois (3) piliers du Cnac : le cinéma, le théâtre et la danse. En matière de cinéma, mon collaborateur m’a dit : « Nous sommes déjà avancé, voilà ce que nous avons fait en 1995 ». Je lui ai dit que c’était une bonne idée et qu’on allait la relancer. On a fait de leur initiative un concours national. En 2004, j’ai pris sur moi l’initiative de tenter une aventure sous-régionale. Parce que tout compte fait, j’ai aperçu que les problèmes du cinéma étaient les mêmes que dans les huit (8) pays de l’Uemoa : Manque de formation, problème de financement, problème de distribution, etc. A la faveur du Fespaco, le Burkina Faso a eu un institut. Dans la plupart des pays, il n’y a pas de véritable centre de formation. L’objectif de ‘’Clap Ivoire’’ était de susciter des vocations. Puis, trouver à chaque édition, une occasion pour animer des ateliers de formation. En 2004, on a commencé la première édition sous-régionale dans des conditions extrêmement difficiles. A cause des événements qui se sont déroulés en Côte d’Ivoire, en novembre 2004 où certains nous ont déconseillé de tenir cette édition. Je me suis entêté en leur disant que c’est justement parce qu’il y a eu les événements de novembre 2004, qu’il fallait absolument que nous fassions ‘’Clap Ivoire’’ en décembre 2004. Dieu merci, on a réussi. Et depuis, chaque année, dans la première semaine du mois de septembre, les différents pays se retrouvent à Abidjan (Côte d’Ivoire) pour désigner le lauréat 2004. On était parti pour désigner un lauréat. Mais depuis 2007, on désigne un lauréat en film documentaire et un autre en film de fiction, et le meilleur des (2) deux emporte le Grand prix.

Quel bilan pouvez-vous établir à cet effet ?

L’objectif fondamental de ‘’Clap Ivoire’’ est la formation. On ne se contente pas de décerner des prix uniquement. Le lauréat du Grand prix est tenu de nous proposer un projet dans le domaine du cinéma. Que nous aidons à réaliser. En 2007, Fatoumata Ouattara, lauréate ivoirienne a choisi d’aller à l’école. On lui a permis de s’inscrire à l’ISIG (Institut supérieur de l’image et du son) à Ouagadougou au Burkina Faso. La lauréate malienne, Fatoumata Sidibé, a, elle aussi, décidé de se former. On a lui permis d’intégrer le CIFAP de Paris, en France. Au cours de l’édition, on anime des ateliers pour ceux éventuellement qui ne seront pas lauréat pour leur permettre d’avoir une formation pratique. Malheureusement, on n’a pas les moyens pour encadrer tout le monde. Au niveau de l’engouement dans la sous-région, ‘’Clap Ivoire’’ est devenu un événement incontournable. Chaque année, les jeunes cinéphiles attendent cet événement avec impatience. Le bilan est positif dans l’ensemble. 10 ans, ce n’est pas la grande maturité. Je pense qu’on ne sera mature que lorsqu’on n’aura une dizaine de lauréats au Fespaco ou dans les grands festivals qui seront issus du concours ‘’Clap Ivoire’’. Dans le programme de ‘’Clap Ivoire’’ de cette année, nous avons inscrit dans un des panels, la contribution des journalistes culturels à la promotion du cinéma.

Qu’est-ce qui peut expliquer le manque de compétitivité des films ivoiriens dans les grands espaces de rencontre comme le Fespaco notamment ?

Il y a un bon bout de temps que les films ivoiriens ne sont pas en concurrence au niveau du Fespaco. D’abord, on n’en produit pas suffisamment. En 2009, notre compatriote Idrissa Diabaté, spécialiste en film documentaire, a eu un prix au Fespaco. D’autres ont eu des prix d’estime au cours de ce festival. Les long-métrages qui sont en compétition au sens plein des critères du Fespaco, ne sont plus produits en Côte d’Ivoire. C’est sur d’autre créneau que nous allons en compétition au Fespaco. L’année dernière, la délégation ivoirienne a ouvert, pour la première fois, un stand au cours de cette importante rencontre. D’autres ivoiriens sont allés pour rechercher des débouchés. Parce qu’en marge du Fespaco, il y a un marché. Je pense qu’ils ne sont pas revenus bredouille. En Côte d’Ivoire, il existe beaucoup d’entreprises de production qui ne font pas des films de long-métrages comme ceux qui sont en compétition au Fespaco. Je pense que l’avenir du cinéma, au sens plein du terme doit être recherché auprès des entreprises de production audiovisuelles. Ce n’est pas forcément les grands films de salles qui vont ressusciter le cinéma. Il faut peut-être penser à la formule trouvée par les producteurs nigérians. Faire par exemple la promotion de proximité en distribuant les films sur des supports dans les kiosques. Je ne suis pas sûr qu’on puisse revenir au cinéma d’autrefois. C’est-à-dire avec les salles confortables.

Est-ce que le problème ne doit pas provenir des thèmes peu attrayants et qui ne prennent pas en compte les réalités sociales ?

Il faut se poser la question de savoir si les thèmes des films africains en général sont ceux qui sont attendus des populations. Ça, c’est aussi un autre débat. Et moi, ma préoccupation, s’il y a des gens pour faire des films techniquement au point, je pense qu’on peut aller à des festivals. Le seul critère du thème ne suffit pas.

‘’Culture et cinquantenaire’’. Qu’est-ce qui a été fait depuis l’indépendance pour la promotion de la culture ivoirienne ?

Si je m’en tiens à la part qui est faite au département de la culture dans la répartition budgétaire, c’est une part qui doit être un reflet de l’importance que nous accordons à la culture dans notre préoccupation. Je vous le dis, la culture n’est pas ‘’gâtée’’. Moi, je dis souvent pour rire que lors de la répartition budgétaire, les gens vont, ils s’asseyent et discutent. Au moment où ils veulent se lever pour partir, l’un d’entre eux leur fait savoir qu’ils ont oublié un département : celui de la culture. Et ils disent bon, donnons leur quelque chose. Si vraiment la culture est ce qu’on prétend dans les slogans politiques : « La culture est le socle du développement ». Mais quand on finit de dire tout cela, qu’est-ce qu’on fait pour donner à ce socle-là, ne serait-ce que les moyens pour que la culture tienne son rang. Si je m’en tiens à ce seul critère comme bilan, c’est que le cinquantenaire n’a rien apporté à la culture. Quel moyen avons-nous apporté à la culture pendant cinquante (50) ans ? Je dis, pas grand-chose ! Au niveau de la politique culturelle, je me demande si pendant cinquante (50) ans on a pris le temps de réfléchir à une politique culturelle. Le Ministère de la culture est l’un des départements les plus instables. Chaque fois, ça change sans arrêt. Humainement, les occupants du département qui arrivent veulent mettre leurs empreintes. On n’exploite pas ceux qui y sont déjà. Cette instabilité fait qu’on n’a jamais su ce qu’on voulait pour la culture en Côte d’Ivoire. Le bilan du cinquantenaire culturel n’est pas reluisant.

De Jules Néa, secrétaire à la Culture en 1972 jusq’au au ministre Augustin Kouadio Komoé en 2009. Que de mutations ! N’est-ce pas ?

Je ne fais pas le procès des occupants du ministère de la Culture. Parce qu’il y a des ministères qui ont connu des perturbations et qui ont pu maintenir le cap. Au début des indépendances, la politique macroéconomique était définie à travers des plans à savoir les plans triennaux, quinquennaux, etc. Malgré les mutations dans certains ministères, ces plans étaient déjà tracés. Les autorités politiques savaient ce qu’on voulait au niveau de la santé, de l’éducation, etc. Je veux dire que les plans rigoureusement appliqués pour certains ministères, le département de la culture n’en a pas bénéficiés. Il y a eu des esquisses de plan de développement culturel qui n’ont pas été hissés au sommet de la hiérarchie des priorités. Dans les cas où il y a eu des plans, on ne les a pas appliqués. Je fais le procès de l’instabilité mais pas des dirigeants qui se sont succédés à la tête du Ministère de la Culture.

Dans quel domaine de la culture la Côte d’Ivoire s’est-elle illustrée positivement durant ces cinq (5) dernières décennies ?

Dans notre pays, quand on parle de culture, on ramène tout à la musique. En termes de chiffre en contribution financière au Pib ou d’entrée de devises, on ne peut parler que de la musique. Il faut reconnaître que c’est la musique qui a apporté beaucoup à la Côte d’Ivoire. Sinon, vous avez des grands noms de la peinture en Côte d’Ivoire. Monné Bou avec sa technique de peinture, pouvait apporter immensément à la Côte d’Ivoire. Moi, je trouve quelque chose de mystique quand je vois les toiles de Monné Bou. Arriver à sortir des images à partir de jets de peinture, c’est magnifique ! Je pense que les arts graphiques auraient pu inscrire la culture ivoirienne à un niveau assez acceptable. Le potentiel que représentent ces disciplines, n’a pas pu s’exprimer. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je voudrais à travers l’occasion que vous me donnez saluer les journalistes culturels. Parce que vous êtes les leviers de propulsion de la Culture en Côte d’Ivoire. Je lis un peu partout qu’il y a une convention collective qui se met en place pour améliorer vos conditions de vie. C’est ce que je vous souhaite. Parce qu’épargner des contingences matérielles, vous puissiez vous mettre à la disposition de la culture. Parce qu’au fond, on peut avoir une culture dynamique mais si on a une presse qui n’est pas à la hauteur, ça va toujours tirer la culture vers le bas. C’est de tout ça aussi qu’il est question quand on parle de politique culturelle.

Pour tout le respect que nous devons à nos lecteurs, nous ne pouvons pas vous quitter sans toutefois savoir la symbolique de la barbe et des cheveux blancs que vous affichez fièrement ?

D’abord, mes cheveux n’étaient pas blancs. Je gardais la barbe pour des raisons idéologiques. Parce qu’à l’époque, je me piquais d’être un révolutionnaire. A la cité rouge - résidence universitaire de Cocody, on m’appelait le ‘’Tché’’. J’étais un admirateur d’Ernesto Guevara. C’était à la mode d’être un révolutionnaire. Je n’ai pas échappé à cette mode-là. J’étais allé au-delà de la simple mode. Je faisais beaucoup de lecture. J’ai tous les écrits de Ernesto Guevara et certains grands révolutionnaires de l’époque. Je portais la barbe parce que je me disais révolutionnaire. Donc, le ‘’Tché’’ avait une tignasse et une barbe. Une autre raison, c’est que la première fois que j’ai voulu me raser, j’ai eu des boutons, une espèce de chair de dindon sous le menton. C’était désagréable ! Donc, j’avais à faire un choix entre avoir le menton comme la peau de dindon et les poils. Moi, j’ai laissé les poils. J’avais de beaux poils noirs et brillants. Je me souviens qu’en 3ème année de Sciences Eco (économiques), il y avait plusieurs barbus. Et, les filles de notre Amphi ont décidé d’élire la plus belle barbe de la promotion. J’ai remporté le concours de la plus belle barbe. (Rires). J’aurais été membre de leur jury que j’aurai choisi un de mes amis qui lui avait une vraie barbe de révolutionnaire, qui allait dans tous les sens. Moi, ma barbe était trop disciplinée. J’avais des poils lisses. Il suffisait que je leur dise de se coucher et ils s’exécutaient aussitôt. Certes, je portais la barbe pour ne pas avoir des boutons, mais aussi pour ressembler à mon idole, Ernesto Guevara alias le ‘’Tché’’. Petit à petit, ils ont commencé à changer de couleur. Je vois des gens qui noircissent leurs cheveux. Moi, je n’ai pas ce temps-là. Finalement, cela fait partie de moi-même. Je ne pouvais m’imaginer à l’époque sans barbe. Une fois, je me suis coupé tous les cheveux, j’avais la tête d’un garnement. Je ne faisais pas mon âge. Il y a des amis qui aiment voir ma tête dans leurs films, ne ce serait-ce que pour ça ! Bon, ce n’est pas à moi de m’en plaindre

Avec le partenariat de l'Intelligent d'Abidjan / Par Réalisée par Krou Patrick

Jeudi 22 Juillet 2010
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